Bruxelles, Belgique —
Paul Magnette, ministre fédéral de l'Energie a déclaré dans l'édition du Standaard de ce matin que la loi sur la sortie du nucléaire n'est pas une « loi-Taliban ». Il se range ainsi du côté des socialistes ouverts à une remise en question de la loi que leur parti avait pourtant votée en 2003... Or, cette loi prévoit une sortie phasée du nucléaire. Les trois réacteurs qui devront fermer en 2015 ne représentent pas plus de 10% de notre capacité de production. Ne pas le faire reviendrait à hypothéquer davantage la mise en œuvre des énergies alternatives appelées à prendre le relai du nucléaire.
La mise en œuvre de la loi sur la sortie du nucléaire dépend largement du contexte politique qui l'entoure. Lorsque Paul Magnette constate que la production d'énergies alternatives est à la traîne, il peut adopter deux attitudes. La plus raisonnable serait de s'atteler à l'émergence de ces énergies. La moins raisonnable serait de profiter de la faille existante dans la loi sur la sortie du nucléaire : l'approvisionnement.
« C'est malheureusement cette seconde voie qu'il semble vouloir emprunter », déplore Jan Vande Putte de la campagne Climat/Energie. « Il n'y a aucune raison de ne pas respecter les termes de la loi votée en 2003. Cette loi prévoit une sortie phasée du nucléaire. La fermeture en 2015, des trois plus petits réacteurs – ce qui ne représentent pas plus de 10% de notre capacité de production - est parfaitement envisageable. S'accrocher à ces réacteurs vieillissants est une erreur de jugement et renforce le risque nucléaire. »
Une politique énergétique bien comprise devrait aujourd'hui placer les investissements permettant l'essor des énergies renouvelables à l'avant-plan. L'interconnexion des parcs éoliens en mer du Nord et leur intégration sur le réseau est un projet prometteur qui mériterait toute l'attention de nos décideurs. L'efficacité énergétique qui devrait permettre aux famille et aux entreprises de consommer moins d'électricité mérite en cette période d'austérité budgétaire plus que jamais d'être une priorité gouvernementale. Beaucoup reste également à faire en matière d'écofiscalité...
En admettant dans le Standaard que son étude G-MIX visait surtout à gagner du temps pendant la période électorale, Paul Magnette devrait réaliser qu'il a manqué une occasion de réfléchir sérieusement au mix énergétique qui pourrait permettre à la Belgique de sortir progressivement du nucléaire dans le temps imparti par la loi.