Manifestation au Parlement européen à Bruxelles pour denoncer l'importance croissante des ogm dans l'agriculture.
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Bruxelles, Belgique —
Les Ministres européens ont décidé aujourd’hui, lors du Conseil de l’Agriculture, d’autoriser la contamination de l’agriculture biologique par des organismes génétiquement modifiés (OGM). Les Ministres ont en effet adopté une nouvelle loi qui permet d'octroyer le label Bio aux produits issus de l’agriculture biologique et contenant jusqu’à 0,9% d’OGM « accidentels ou techniquement inévitables » [1].
Les
groupes environnementaux critiquent cette décision qui bafoue
le droit du libre choix pour le consommateur. L’agriculture
biologique est le mode de production agricole le plus compétitif
et le plus respectueux de l’environnement. En Europe, il permet la
création de nombreux emplois tout en bénéficiant
d’un large soutien public.
Helen
Holder, responsable européenne de la campagne OGM pour les
Amis de la Terre déclare : “Maintenant que l’Union
européenne a déclaré acceptables les traces de
contamination génétique dans les cultures biologiques,
les agriculteurs biologiques vont rencontrer des difficultés
sans cesse croissantes pour maintenir leurs cultures exemptes d’OGM.
L’Union européenne doit sans délais introduire une
législation européenne qui protège l’agriculture
biologique et conventionnelle de contaminations génétiques"
Le
Parlement européen et les groupes environnementaux avaient
réclamé un seuil de contamination de 0,1%. Ce qui
correspond au seuil de détection le plus bas.
"La
contamination dans certains pays non-européens, où les
OGM circulent sans aucun contrôle, affecte dorénavant le
choix des consommateurs européens. Comme le démontre le
succès de l’agriculture biologique, les consommateurs sont
prêts à payer le prix d’une nourriture de qualité
supérieure et exempte d’OGM. L’attitude laxiste prise par
la Commission Européenne et quelques pays membres va à
l'encontre des préférences exprimées par les
consommateurs européens et pourrait mettre en péril
l’entièreté du secteur. En pratique, des petites
quantités d’organismes génétiquement modifiés
pourraient commencer à s’introduire dans tous les produits
issus de l’agriculture biologique” explique Marco Contiero,
responsable politique à la cellule européenne de
Greenpeace.
La
Commission européenne prépare maintenant des mesures de
révision pour la ségrégation des plantes à
usage commercial, appelées “mesures de coexistence”. Un
rapport sur la manière dont les pays mettent en application
les lignes directrices de la Commission européenne concernant
les plantes génétiquement modifiées sera publié
en 2008, au moment où le besoin d'une loi européenne
sera le plus criant. Actuellement, il n'existe que des mesures au
niveau national dans divers pays européens.
Mauro
Albrizio du Bureau Européen de l'Environnement explique :
L'agriculture biologique est un secteur en pleine effervescence, qui
crée des emplois et offre une garantie de protection de
l'Environnement. Le seuil de 0,9% ne doit pas effacer le besoin de
mesures anti-contamination strictes. Si l'Union européenne
s'engage à préserver et soutenir le secteur de
l'agriculture biologique, des mesures strictes, protégeant les
secteur conventionnel et biologique de contaminations génétiques
sont nécessaires, avec, en cas de contamination avérée,
des amendes conséquentes pour les agriculteurs de la filière
OGM et le secteur de la bio-technologie."
Notes
[1] La nouvelle loi tolère un seuil de contamination de 0,9% dans l'alimentation biologique pour autant que cette contamination soit “accidentelle” et “techniquement inévitable”. Cependant il est évident que la Commission européenne, mise sous pression pour adopter une attitude laxiste par rapport à la contamination, interprète en fait ce seuil de 0,9% comme étant une contamination “acceptable”. Le secteur biologique fonctionne pour le moment avec un seuil plus bas. Les réglementations européennes devraient soutenir les agriculteurs et les commerçants biologiques et leur permettre de maintenir les critères existants.