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Alignement de peupliers à Dhuy (Eghezée). Ces arbres familiers de nos 
régions pourraient être menacés par la commercialisation de peupliers 
transgéniques, dénaturés pour produire moins de lignine. Cette 
commercialisation future serait sans avantage pour la collectivité 
mais présenterait des risques considérables pour l'environnement. 
Chercher à produire des agrocarburants à partir d'arbres OGM revient à 
lutter contre les changements climatiques en créant un autre problème 
environnemental.

Alignement de peupliers à Dhuy (Eghezée). Ces arbres familiers de nos régions pourraient être menacés par la commercialisation de peupliers transgéniques, dénaturés pour produire moins de lignine. Cette commercialisation future serait sans avantage pour la collectivité mais présenterait des risques considérables pour l'environnement. Chercher à produire des agrocarburants à partir d'arbres OGM revient à lutter contre les changements climatiques en créant un autre problème environnemental.

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Belgique — Greenpeace invite les ministres Magnette, Crevits et Onkelinx à ne pas suivre l'avis favorable rendu par le Conseil de biosécurité dans le dossier des peupliers transgéniques. Selon cet avis, les risques liés à l'essai en champ sont limités, si les mesures de précaution sont respectées (1). Sans nier ces conclusions, Greenpeace souligne que l'essai ouvre la voie à la commercialisation d'arbres transgéniques. Cette perspective pose un risque considérable pour l'environnement et n'offre aucune plus value pour la société. Pour Greenpeace, les ministres en charge du dossier, et en premier lieu, le ministre du Climat et de l'Energie, Paul Magnette, doivent tenir compte de l'impact négatif à long terme de cet essai et invoquer le principe de précaution pour ne pas l'autoriser. Suivre l'avis positif du Conseil de biosécurité serait donner un bien mauvais départ au Printemps de l'Environnement.

C'est le Vlaams Instituut voor Biotechnologie (VIB) de Gand, qui a introduit la demande d'essai en champ de peupliers génétiquement modifiés pour produire moins de lignine et faciliter ainsi la production d'agrocarburants, souvent présentée comme la solution aux problèmes des changements climatiques. Le Conseil de biosécurité ayant remis son avis, le dossier est maintenant entre les mains des ministres Magnette et Onkelinx pour l'échelon fédéral et la ministre Crevits pour l'échelon régional. Greenpeace les invite à ne pas suivre l'avis qui vient d'être rendu.

En effet, l'essai en champ constitue une première étape vers une commercialisation à grande échelle. L'introduction d'arbres génétiquement modifiés dans l'environnement pose des risques considérables. Les peupliers se reproduisent par voie sexuée et végétative, un morceau de branche ou de racine suffit donc à générer un arbre entier. En cas de commercialisation, le risque de transfert de matériel génétique des plantations vers les espèces sauvages apparentées serait donc réel. La lignine joue, d'autre part, un rôle essentiel dans la rigidité du bois (2). La transmission des caractéristiques des peupliers OGM (essentiellement moins de lignine) pourrait entraîner un affaiblissement des espèces naturelles.

Il semble par ailleurs que l'option 'biotechnologie' ait été envisagée sans estimation de sa nécessité et de ses apports. «  Une alternative à la modification génétique, comme le croisement naturel, ne semble pas avoir été étudiée. La modification génétique prévue sur les peupliers vise à réduire la lignine. Or des articles scientifiques démontrent qu'il existe une grande variation naturelle de la lignine des arbres (3) , commente Natacha Adam, de la campagne Agriculture durable de Greenpeace. » Le VIB défend l'essai au nom de la lutte contre les changements climatiques, les peupliers étant destinés à la production de bioéthanol. «Si nous voulons agir pour le climat, nous devons d'abord agir sur nos modes de consommation et réduire le nombre de kilomètres parcourus, conclut Natacha Adam. Ne remplaçons pas un problème environnemental par un autre. »

Greenpeace ne s’oppose pas à la recherche scientifique mais mène campagne contre la dissémination des OGM dans l'environnement, y compris sous forme d'essais en champ. L'essai en champ de peupliers OGM ne débouchera pas sur un mieux pour la collectivité. Au contraire, c'est un pas vers la commercialisation d'arbres transgéniques qui nous éloigne d’une agriculture durable respectueuse de l'environnement et non préjudiciable aux changements climatiques.

Si cet essai devait être autorisé, cette signature ministérielle constituerait un précédent, aucun essai en champ n'ayant plus été autorisé en Belgique depuis 2002. De plus, les pays signataires de la Convention des Nations Unies sur la biodiversité (CBD) se réunissent à Bonn à partir du 19 mai. Les arbres transgéniques seront à l'agenda des discussions. Le Parlement européen a voté jeudi 24 avril dernier une résolution demandant un moratoire sur les arbres transgéniques, y compris sur les essais en champ et la commercialisation (4).

Autoriser l'essai gantois, peu de temps avant les ateliers du Printemps de l'Environnement sur la consommation et la biodiversité (12 mai), serait manquer de cohérence et reviendrait à en saper d'emblée les fondements. Greenpeace rappelle qu'elle a, comme d'autres associations environnementales, fait valoir ses objections lors de la consultation publique de janvier dernier (5).

Notes

(1) Conseil consultatif de biosécurité : http://www.bio-council.be/bac_advices.html L'avis rendu porte uniquement sur l'essai en champ demandé par le VIB. Tout nouvel essai ou toute commercialisation future devant être soumise à un nouvel avis.
(2)La lignine est - avec la cellulose - un des composants essentiels du bois. Elle renvoie à la structure cellulaire de l'arbre. Elle confère une meilleure solidité aux arbres et offre également une barrière de protection contre l'attaque microbienne du végétal.
(3)Talukder, K., Low-lignin wood-a case-study, Nat. Biotechnol., vol.24, n°4, Pg 395-396 (2006)
(4) http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P6-TA-2008- 0179+0+DOC+XML+V0//FR
(5)Texte de la plainte de Greenpeace disponible sur
http://www.greenpeace.org/belgium/assets/binaries/gp_peuplier_plainte