Il convient tout d'abord de remarquer que les pratiques problématiques
observées à l'IRE et évoquées ces jours-ci dans la presse ne sont pas
neuves: risques d'accident lié à une réaction nucléaire, risque
d'incendie et risque de vols de matériau nucléaire pouvant entrer dans
la fabrication d'armes. Le dossier de Fleurus doit ainsi être lié à
celui de l'Agence fédérale pour le contrôle nucléaire (AFCN) dont le
fonctionnement semble loin d'être optimal. Ce constat a déjà été établi
entre autres par le groupe parlementaire sur la sécurité nucléaire mis
en place sous la législature précédente. Le directeur de la AFCN a été
remplacé par un ancien directeur de la centrale nucléaire de Doel mais
rien n'indique que ce changement a donné lieu aux réformes nécessaires.
Quant à la prise de responsabilité dans ce dossier par Patrick Dewael,
elle n'est pas clairement établie.
Le risque de prolifération est inhérent au matériau utilisé à Fleurus
(1). Le manque de précautions dénoncé dans la presse est donc totalement
inacceptable. "Est-il raisonnable de stocker avec autant de légerté des
dizaines de kilos d'uranium 235", interroge Jan Vande Putte, de la
campagne nucléaire de Greenpeace. "La nonchalance belge ne peut qu'être
interprétée comme un signal négatif par les pays qui, comme l'Iran, se
voient imposer des mesures restrictives importantes par la communauté
internationale." D'autres questions se posent en effet quant à la
quantité d'uranium présente dans la production d'isotopes à l'IRE et
quant aux mesures prises pour éviter tout vol.
Reprise des travaux du groupe parlementaire sur la sécurité nucléaireGreenpeace espère que le nouveau ministre de l'Intérieur s'attellera
sans tarder au problème. "Il en va véritablement de sa responsabilité
politique car il est impératif de réorganiser tout le système du
contrôle nucléaire dans notre pays." La reprise des travaux du groupe
parlementaire sur la sécurité nucléaire s'impose donc plus que jamais.
Quant à la quantité d'uranium 235 présente sur le territoire belge, elle
devrait être inférieure à la quantité nécessaire à la fabrication d'une
arme nucléaire, à savoir environ 15 kilos. A l'avenir, ce matériau ne
doit plus être géré par l'IRE et son stockage doit être sensiblement
amélioré et mieux contrôlé.
Décentralisation de la production d'isotopes
Des mesures doivent également porter sur la production d'isotopes. La
production d'isotopes doit être strictement limitée à la couverture des
besoins médicaux à l'échelle mondiale (2). Si cette condition est
remplie, l'arrêt temporaire de la production à Fleurus pourrait être
envisagé, le tant de redresser le fonctionnement de l'institut.
La recherche nucléaire est un autre secteur où il faut intervenir.
L'utilisation de cyclotrons pour la production d'isotopes à usage
médical doit être rendu prioritaire. La recherche en la matière pourrait
cadrer avec la disposition sur la recherche nucléaire actuellement
inscrite dans l'accord gouvernemental Leterme I. Ceci permettrait entre
autres d'organiser la production de manière décentralisée au niveau de
quelques grands hôpitaux.
Surfez sur le blog de Michel Bouffioux qui contient plus d'informations sur les problèmes rencontrés à l'IRE:
http://michelbouffioux.skynetblogs.be