CETA : Les députés européens votent contre la volonté de leur peuple

Communiqué de presse - 15 février, 2017
Le soutien du Parlement européen à l’accord économique et controversé qui favorise l’échange entre l’UE et le Canada et protège les investissements - appelé CETA - le place du "mauvais côté de l'histoire", a prévenu Greenpeace.

Shira Stanton, l'experte de Greenpeace en matière de politique commerciale de l’Union européenne actuellement présente à Strasbourg, a affirmé : « Malgré le vote d’aujourd’hui, la ratification du CETA par tous les parlements européens reste l’issue la moins probable, et Greenpeace continuera de mener campagne pour un commerce plus équitable. Mais le désaccord entre les députés européens et les préoccupations du public relatives au niveau de vie, à la santé publique et à l’environnement porte encore un coup à l’UE, juste au moment où ses principes de solidarité et de coopération sont les plus nécessaires. »

Des photos et vidéos de l'action de Greenpeace de ce matin sont disponibles gratuitement via ce lien. (veillez à bien mentionner le copyright)

« Des millions de personnes sont descendues dans les rues des deux côtés de l’Atlantique afin de protester contre une restriction des droits sociaux et environnementaux. Au lieu de défendre la justice et la démocratie, les courants politiques dominants continuent à accorder des privilèges aux sociétés sur des questions telles que le commerce ou les paradis fiscaux. Les politiciens d’Europe et d’ailleurs – en particulier ceux qui se qualifient de progressistes – devraient soutenir l’intérêt général avant d’être écartés par les populistes et extrémistes. »

Le soutien du Parlement européen au CETA pourrait bien se heurter aux opinions des parlements nationaux et régionaux d’Europe au moment de voter l’accord, a prévenu Greenpeace. Des questions subsistent quant à la possibilité du CETA de survivre au vote de la Cour de justice de l’Union européenne. La Belgique est censée demander une décision judiciaire au sujet de la légalité d’un système controversé – appelé l’Investment Court System (le système juridictionnel des investissements) – qui autorise les multinationales à attaquer les États en justice en vertu du CETA, mais l’inverse n’est pas autorisé.   

Ce matin, des manifestants à Strasbourg ont prévenu que le CETA donnerait aux multinationales le pouvoir de poursuivre en justice les gouvernements et qu’il menace les lois protégeant l’environnement, la santé publique et les droits sociaux. Les activistes de Greenpeace ont laissé flotter une statue de la déesse de la justice à moitié noyée dans la rivière entourant le Parlement européen. Ils ont également déployé des banderoles proclamant : « Sink CETA, not justice » (Noyez le CETA, pas la justice).

 

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