Même depuis l'espace, on voit que la Belgique étouffe sous le dioxyde d'azote

Communiqué de presse - 29 octobre, 2018
La Belgique - et la région d’Anvers en particulier - est l’une des régions du monde les plus polluées par le dioxyde d’azote (NO2). C’est ce que révèlent les nouvelles données satellitaires de l’Agence spatiale européenne, analysées par Greenpeace.

Un nouveau satellite de l’Agence spatiale européenne permet d’étudier et de comparer les sources d’émission de NO2 (dioxyde d’azote) les plus polluantes au monde.[1] Sur base de ces données, Greenpeace publie une carte interactive des 50 plus grands points chauds en matière de concentration en NO2 à travers le monde.[2] La région d’Anvers est l’un d’entre eux. La Belgique est l’une des régions les plus polluées par le dioxyde d’azote en Europe.[3]

 

 

À Anvers, l’industrie portuaire a une influence sur la pollution de l’air qu’on ne peut nier. “Mais les fortes concentrations en dioxyde d’azote au-dessus de grandes parties de notre pays s’expliquent bien sûr par le grand nombre de voitures diesel et la densité de notre réseau routier”, explique Joeri Thijs, expert en qualité de l’air chez Greenpeace. “Le trafic est le principal coupable des impacts sur notre santé, surtout sur celle de nos enfants. Nous sommes, en effet, exposés plus souvent et de beaucoup plus près à la pollution des pots d’échappement des voitures qu’à l’air vicié des cheminées du port d’Anvers.

 

La carte de la région d'Anvers ci-dessous montre la différence entre les concentrations de dioxyde d'azote mesurées durant la semaine et le week-end. Du fait que les activités industrielles se poursuivent en grande partie le week-end alors que le trafic est nettement moindre à ce moment-là, la carte met très nettement en évidence l'impact spécifique du trafic.[4]

 

Après les résultats de Mon Air Ma Rue, qui ont révélé les hautes concentrations de NO2 dans six villes wallonnes, c’est un nouveau signal d’alarme pour les politiques.

 

Les élus qui négocient actuellement les coalitions dans les grandes villes ne peuvent ignorer ces résultats. Nos villes peuvent être pionnières dans l’abandon rapide du diesel et ensuite de l’essence, et nous conduire à une mobilité saine avec beaucoup moins de circulation automobile et de meilleures alternatives à la voiture”, conclut Joeri Thijs. “Moins de voitures sur nos routes permettrait non seulement d'améliorer la qualité de l'air, mais cela constituerait également une réponse appropriée aux défis climatiques.”

 


Notes


[1] Le satellite observe des colonnes verticales de pollution atmosphérique. Ces données ne peuvent pas être traduites en concentrations spécifiques de dioxyde d’azote au niveau du sol, comme le permettent les mesures prises directement en rue. Mais ce nouveau satellite identifie les grandes sources et les points chauds de pollution de l’air qui, dans la pratique, conduisent également à l’inhalation de concentrations plus élevées en polluants par les êtres humains.


[2] La carte montre la concentration moyenne de dioxyde d'azote entre le 1er juin 2018 et le 31 août 2018. Les principaux points chauds en dioxyde d’azote comprennent plusieurs centrales électriques au charbon en Inde, en Afrique du Sud et en Allemagne, dix centrales électriques et zones industrielles en Chine, des villes à très fortes émissions dues aux transports, dont Santiago du Chili, Téhéran, Dubaï, Londres et Paris, ainsi que les zones de culture sur brûlis au Congo et en Angola. Certains points chauds, comme Anvers, Séoul, Djakarta et New Delhi, sont alimentés par plusieurs sources de NO
2, dont les transports, l’industrie et les centrales électriques au charbon.


[3] Le NO
2, ou dioxyde d’azote, se forme lorsque du combustible comme le charbon, le pétrole (par ex. le diesel ou l’essence), le gaz ou la biomasse est brûlé à haute température. C’est une substance dangereuse qui cause des problèmes respiratoires et endommage les poumons en cas d’exposition aiguë, augmentant ainsi le risque de maladies chroniques en cas d’exposition prolongée. Dans l’UE, la présence de NO2 est associée à 75 000 décès prématurés par an. De plus, le dioxyde d’azote présent dans l’atmosphère entraîne la formation de particules fines et d’ozone, les deux substances qui ont le plus grand impact sur la santé publique dans le monde.


[4] Les cartes ci-dessous montrent la différence de qualité de l'air entre les jours de semaine et le week-end à Liège, Bruxelles et Charleroi.