Greenpeace rappelle à François Hollande ses promesses électorales

Communiqué de presse - 15 juillet, 2013
Ce matin, des dizaines d’activistes de Greenpeace sont parvenus à s’introduire dans la centrale de Tricastin, en France.

Arrivés sur les lieux à 5h20, ils ont grimpé sur les structures de chargement des réacteurs n°1 et n°3 en 15 minutes avant de déployer une bannière explicite sur laquelle on pouvait lire : « Accident nucléaire de Tricastin : François Hollande, président de la catastrophe ? »
Dans le même temps, depuis la berge d’en face, d’autres activistes symbolisaient la fragilité de Tricastin en projetant une fissure en cours de formation accompagnée de messages tels que « Tricastin accident nucléaire », « Président de la catastrophe? » ou encore « Prêt à payer le prix ? ».

L’action peut être suivie en direct sur http://energie-climat.greenpeace.fr/action-a-la-centrale-de-tricastin-liveblog


Par cette action, Greenpeace demande au président français François Hollande d’annoncer la fermeture des cinq centrales les plus dangereuses de France, dont celle de Tricastin. Comme Fessenheim, une centrale pour laquelle une fermeture d'ici 2016 a été annoncée, Tricastin est parmi celles qui présentent le plus de risques de sûreté et d’agressions externes naturelles ou humaines. Elle compte notamment une vingtaine de fissures sur la cuve du réacteur n°1. C’est la troisième centrale la plus âgée du parc français, elle qui a dépassé les 30 ans, durée de vie initialement prévue. De plus, comme Fessenheim, elle est exposée aux risques d’inondation et de séisme, tout en faisant face à un important risque industriel (explosion, nuage toxique) puisqu’elle est située dans l’un des plus grands complexes nucléaires et chimiques de France.
Construite pour alimenter l’usine d’enrichissement d’uranium George Besse I (fermée depuis le 31 mai 2012), la centrale de Tricastin fournit, depuis avril 2013, George Besse II, qui a pris le relais en consommant 50 fois moins d’électricité. « Quand on sait que Georges Besse n’a plus besoin de l’électricité produite par les quatre réacteurs de Tricastin, on se dit que sa fermeture relève simplement bon sens. » ajoute Eloi Glorieux.


Le débat sur l’énergie, en cours depuis plusieurs mois en France, se termine ce jeudi. Si François Hollande veut tenir les promesses annoncées lors de sa campagne électorale, qui est de réduire la part du nucléaire de 75% à 50% d’ici 2025, il doit faire preuve de fermeté et imposer la fermeture d’au moins 10 réacteurs d’ici 2017 et 20 réacteurs d’ici 2020. « La transition énergétique ne pourra se faire sans la fermeture de plus de centrales nucléaires que l’unique Fessenheim, poursuit Eloi Glorieux. La prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires, poussée par EDF, n’est pas une option. Elle mobiliserait des capitaux indispensables pour la transition. Même si cela déplait aux industriels du nucléaire, le président français François Hollande va devoir faire preuve d’autorité en faisant un choix : annoncer la fermeture de Tricastin et d’autres centrales dans la foulée. »

Les quatre réacteurs de Tricastin sont du même type que ceux de Doel et Tihange. Ils présentent eux aussi la même longévité que les trois plus vieux réacteurs belges Doel 1, Doel 2 et Tihange 1. Le gouvernement belge a pourtant récemment modifié la loi sur la sortie progressive du nucléaire, qui prévoit que tous les réacteurs doivent être fermés après 40 ans de service. Il a en effet déjà été décidé de prolonger la vie de Tihange 1 pour dix nouvelles années. Greenpeace exige que Tihange 1, comme Doel 1 et Doel 2, au plus tard pour 2015, soient fermés après 40 ans de service.