Greenpeace a découvert du bois suspect chez un importateur belge de bois tropicaux, installé à Anvers, la société Somex. Ce bois est produit par Ingénierie Forestière (Ing-F), une société camerounaise dont les pratiques forestières douteuses sont largement connues. Greenpeace s'apprête à confier une partie du bois litigieux à la police et porte plainte contre l'importateur. Lors d'une de ses missions en Afrique, Greenpeace a apporté la preuve qu'Ing-F a pratiqué des abattages hors des limites autorisées. Les dépassements observés sont de l'ordre de 72%, la zone de coupe 'légale' étant de 2.500 hectares. D'autres infractions ont été, par ailleurs, mises en évidence par Global Witness, observateur indépendant doté de mandats officiels. En menant cette action à Anvers, Greenpeace entend dénoncer la langue de bois utilisée par le secteur en Belgique qui fait régulièrement de belles déclarations mais n'entreprend rien pour éviter de favoriser ces pratiques destructrices.
Greenpeace a découvert du bois suspect chez un importateur belge de bois tropicaux, installé à Anvers, la société Somex
Une société productrice peu fréquentable
Ingénierie Forestière n'existe que depuis quelques années mais
afficheun beau palmarès en matière d'illégalités. Comme l'attestent
différentsrapports, rédigés par l'observateur indépendant Global
Witness, mandatépar le gouvernement camerounais, le département
britannique de laCoopération au développement et la Banque
mondiale, Ing-F - qui étaitjadis aux mains du fils de l'actuel
président camerounais - sembles'être spécialisée dans
l'exploitation forestière illégale. Plusieursamendes délivrées par
le ministère des Eaux et forêts attestent parailleurs de la réalité
des pratiques douteuses d'Ing-F.
L'an dernier, Greenpeace a mené une mission d'information au
Cameroun,dans l'arrondissement d'Essé où Ing-F a obtenu un permis
d'abattagepour une superficie de 2.500 ha, ce qui correspond à une
vente decoupe. Greenpeace a réuni les preuves matérielles (publiées
dans unrapport disponible via le service de presse) que
l'exploitationforestière a dépassé de 1.820 ha les limites
autorisées.
Le bois a par ailleurs été marqué de manière frauduleuse.
Au Cameroun, des ventes de coupe ont été accordées pour une
superficietotale d'environ 1.000.000 d'hectares. Si des pratiques
comme cellesd'Ing-F se généralisent avec notamment des dépassements
importants dessurfaces exploitées, elles ne manqueront pas
d'hypothéquer la survie dumassif forestier camerounais.
Des importateurs peu regardants
Aux yeux de Greenpeace, le secteur du bois en Belgique a perdu
beaucoupde sa crédibilité. D'un côté, il fait montre de bonne
volonté enfaisant mine d'accepter les plans européens pour lutter -
via lesimportations - contre les pratiques forestières
destructrices; del'autre, il maintient ses relations commerciales
avec des sociétés depiètre réputation.
Greenpeace a en sa possession du matériel photographique
prouvant quedu bois produit par Ingénierie Forestière se trouvait
en août 2004,dans les entrepôts de l'importateur concerné par
l'action anversoise.Il ne s'agit donc pas d'un cas isolé. Du bois
produit par IngénierieForestière a également été trouvé à Aalbeke,
chez l'importateur de boisVandecasteele.
Les importateurs belges de bois déclarent par ailleurs ne
pluscommercer avec Hazim, une société libanaise également impliquée
dansdes faits criminels mais poursuivent leurs activités avec
Cristal, unefiliale d'Hazim implantée au Congo-Brazzaville où des
pratiquesfrauduleuses sont également de mise. Il semble par
ailleurs que desliens puissent être établis entre Ing-F et
Hazim.
"Cela fait des années que nous demandons au secteur belge du
bois de sefournir auprès de sociétés de coupe pratiquant une
gestion forestièreresponsable et de se préoccuper au minimum de la
provenance du boisimporté, affirme Veerle Dossche de Greenpeace, et
rien ne change. Dansle cas qui nous occupe aujourd'hui, nous ne
sommes pas près àtransiger, il n'y aucun doute sur la réputation
des sociétésincriminées, conclut Veerle Dossche. »
Suffisamment de belles paroles ont été entendues mais les
engagementsvéritables se font attendre. Greenpeace demande à
l'importateur belgeSomex de cesser immédiatement toute activité
commerciale avecIngénierie Forestière, Hazim et les sociétés qui
renvoient à cettecompagnie libanaise.
Le bois suspect confié par Greenpeace à la police provient du
bassin dufleuve Congo qui constitue le second massif de forêts
tropicales aprèsl'Amazonie. Des éléphants des forêts et des grands
singes tentent d'ysurvivre dans un environnement de plus en plus
menacé.
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