Di Rupo, Peeters, Demotte, Vervoort…

Y a-t-il un leader climatique au gouvernement ?

Communiqué de presse - 16 décembre, 2013
Le Premier Ministre Di Rupo ainsi que les Ministres présidents régionaux Peeters, Demotte et Vervoort se réuniront ce mardi en comité de concertation pour finaliser un accord politique sur la répartition intra-belge des objectifs climatiques et énergétiques fixés par l'Europe. Les syndicats et les mouvements environnementaux et Nord-Sud demandent aux chefs du gouvernement belge d’enfin doter la Belgique d’une politique climat-énergie ambitieuse et coordonnée.

Quatre ans que cela dure… Quatre années de tergiversations sur le partage de l’effort climatique à accomplir en Belgique. Les chefs du gouvernement belge y mettront-ils enfin un terme ce mardi ? Le comité de concertation, qui réunira Elio Di Rupo, Kris Peeters, Rudy Demotte et Rudi Vervoort demain au 16 rue de la loi à 8h30 leur en donne en tout cas l’occasion. Pour les syndicats, les mouvements environnementaux et Nord-Sud, les dirigeants belges doivent démontrer leur volonté d’instaurer une politique climat-énergie ambitieuse, efficace et coordonnée.

« En matière de politique climat-énergie, on a souvent l'impression que les différents gouvernements s’engagent dans des directions opposées. Or, la Belgique a besoin que tous ses responsables politiques se consultent et s’accordent. Sinon, on ira droit dans le mur ! Un plan climat national est le meilleur moyen de coordonner tout le monde », dit-on du côté de la société civile. « D’autre part, le manque de coordination est souvent utilisé comme excuse pour ne rien faire. »

Reste à déterminer si cette politique climat-énergie ambitieuse et coordonnée figure toujours à l’agenda de nos politiciens. Pour les syndicats et les ONG, quatre axes essentiels permettront d’évaluer le résultat du comité de concertation :

  • Nos dirigeants se préparent-ils à un objectif européen plus ambitieux de -30% de CO2 en 2020 à la place des -20% prévus aujourd’hui ? Rappelleront-ils les engagements pris dans leurs accords de gouvernement régionaux qui impliquaient d'aller, individuellement, au-delà de l'objectif européen actuel ?
  • Privilégieront-ils des politiques climatiques internes entraînant de réelles réductions d'émissions de gaz à effet de serre ou feront-ils massivement appel aux marchés du carbone, ce qui ne contribue pas à lutter contre les changements climatiques ?
  • Utiliseront-ils le produit de la vente de crédits carbone européen (ETS) pour investir dans la transition énergétique et la politique climatique ou l'utiliseront-ils surtout pour distribuer des « subsides cachés » aux entreprises les plus polluantes ?
  • Financeront-ils, comme promis, la lutte contre le changement climatique qui touche très sévèrement les pays du Sud ou se rendront-ils de nouveau aux prochaines conférences climatiques les mains vides ?

Si les Régions détiennent l'essentiel des compétences climatiques et énergétiques, c’est aussi le fédéral qui garde la main sur certains leviers politiques cruciaux tels que la fiscalité environnementale, la gestion des réseaux électriques, la SNCB ou encore les normes sur les produits... Il est donc crucial que l'accord de mardi veille à optimiser la mise en œuvre de ces politiques.

« Le comité de concertation sera un test pour les chefs de gouvernement. Sont-ils les leaders climatiques qu'ils prétendent être ? A eux de le prouver ce mardi », concluent les syndicats et les ONG.