La Belgique ne prend pas la protection du pôle Nord au sérieux

Communiqué de presse - 22 mai, 2013
Le Jan De Nul Group vient d’obtenir du Ducroire une assurance pour des activités de dragage en Arctique. Greenpeace regrette qu’à travers cette décision, le pôle Nord ne soit pas suffisamment protégé. Par conséquent, elle se tourne vers le Conseil d’Etat.

La SA Ducroire a octroyé ce mardi, une assurance-crédit à la grande exportation pour le projet que la société Jan De Nul envisage de mener dans la partie russe du pôle Nord. De Nul y répondra à l’invitation de Vladimir Poutine de contribuer à l’expansion du port de Sabetta, dans la presqu’île de Yamal.

Les autorités belges accordent ainsi leur soutien à un projet qui ne manquera pas d’ouvrir la voie à l’exploitation de gaz et de pétrole dans la zone arctique. Le chenal que Jan De Nul va draguer mènera à un port qui fera office de plaque tournante pour l’exploitation du gaz et du pétrole russe.

Un dangereux précédent

Les ministres de tutelle fédéraux, Messieurs Vande Lanotte, Geens et Reynders ainsi que Labille disposent d’un droit de véto au sein du Ducroire mais ont préféré ne pas l’utiliser. Ce faisant, ils nient une résolution pour la protection de la région Arctique qui – en 2011– avait fait la quasi-unanimité à la Chambre des représentants.
«C’est tout bonnement scandaleux de voir nos autorités se ranger derrière le projet de ce port controversé, commente Joeri Thijs, chargé de mission Arctique pour Greenpeace. Il s’agit qui plus est d’un dangereux précédent. La SA Ducroire ouvre tout grand la porte à l’exploitation industrielle du pôle Nord par toutes les compagnies belges appâtées par la présence d’hydrocarbures sous la banquise. »

Un écosystème fragile

La zone où Jan De Nul s’apprête à draguer est l’habitat de baleines menacées de disparition dont  le rorqual commun et la baleine franche du Groenland. Or, la Belgique a, en vertu d’une convention internationale, l’obligation de protéger ces mammifères marins. Le Jan De Nul Group semble ignorer l’impact de ses travaux sur leurs populations.
«Le rapport d’incidence environnementale réalisé pour ce projet n’a rien de sérieux. Il n’a pas été rédigé selon les critères définis par l’OCDE, des informations capitales manquent et il n’a, de plus,  pas été rédigé de manière indépendante, poursuit Joeri Thijs. »

La SA Ducroire part du principe que, grâce à son intervention, les travaux de dragage de Jan De Nul observeront des critères environnementaux les plus stricts. Or, effectuer ce type de travaux dans une zone aussi fragile ne peut se faire de manière durable.
Par ailleurs, le Ducroire ne peut rien exiger d’autre que le respect par Jan De Nul du droit en vigueur localement. Il est sur ce plan de notoriété publique que la Russie applique la législation environnementale avec un certain laxisme…

Greenpeace a récemment découvert que ce pays a interdit jusqu’ici le dumping de boues polluées dans les eaux russes mais envisage à présent de l’autoriser. La transformation des boues est une opération coûteuse qui devrait incomber à Jan De Nul et également à ses commanditaires.

Greenpeace déplore que le Ducroire n’ait pas suffisamment pris en compte l’urgence climatique ainsi que la problématique de la protection du pôle Nord. C’est pourquoi elle se tourne vers le Conseil d’Etat pour y contester cette décision.