La mission de Greenpeace aux alentours de Fukushima se poursuivra jusqu'à la mi-avril

Les premiers résultats ont été présentés ce matin lors d'un point de presse

Communiqué de presse - 7 avril, 2011
Tokyo, le 30 mars 2011 : des experts en radiation de Greenpeace 1), de retour à Tokyo après une première mission dans la région de Fukushima, ont annoncé leur intention de poursuivre leurs mesures dans la zone contaminée. Ils invitent le gouvernement japonais à élargir la zone d'évacuation afin de mieux protéger la population.

L'équipe de Greenpeace est menée par Jan Vande Putte, un Belge qui travaille pour la campagne nucléaire de Greenpeace International.  Vande Putte est formé en tant qu' expert en radiations au Technical University of Delft et a participé à des missions similaires en Russie, en Ukraine, Espagne ainsi qu'en France et en Belgique.

L'équipe a trouvé des niveaux de radioactivité suffisamment élevés pour nécessiter l'évacuation de plusieurs zones au nord-ouest de la centrale de  Fukushima/Daiichi 2), incluant le village de Iitate 3) à 40 km de la centrale et à 20 km de l'actuelle zone d'évacuation officielle 4).

« Alors que nos mesures ont pu confirmer les informations officielles 5), les autorités n'ont rien mis en oeuvre pour protéger effectivement la population ou pour lui fournir une estimation correcte de la situation, estime depuis le Japon, Jan Vande Putte, qui dirige l'équipe d'experts. Nous nous devons moralement d'annoncer les résultats car tous ceux qui ne passeraient que quelques jours dans la région seraient exposés à la dose de radioactivité annuelle admissible. Et pourtant, la population est toujours nombreuse dans des localités comme Iitate. »

« Le gouvernement doit agir immédiatement pour évacuer les plus vulnérables d'entre-eux, à commencer par les enfants et les femmes enceintes. Nous retournerons à Fukushima dans le courant de la semaine pour continuer à témoigner et à analyser la radioactivité de manière indépendante afin d'informer le public des conséquences de la crise nucléaire. »

La mission sur le terrain de Greenpeace se poursuiva jusqu'à la mi-avril. Cette prolongation permettra à l'équipe de compléter son monitoring de la zone actuelle d'évacuation autour de Fukushima. Des tests sur le lait et légumes viendront compléter les autres tests.

Greenpeace a également répondu positivement à l'annonce de Yukio Edano, le porte-parole du gouvernement japonais à propos de la place des énergies renouvelables dans la stratégie de reconversion du Japon 6).

« Greenpeace ne peut que se réjouir de la décision du Japon d'opter pour un futur énergétique renouvelable, a déclaré le responsable japonais de la campagne Climat/Energie Hisayo Takada qui s'est également exprimé pendant le point de presse qui s'est tenu à 5 heures CET. Malgré tout, si le Japon veut éviter de nouvelles crises comme celle qu'il traverse actuellement, il doit arrêter immédiatement les plans pour la construction de 9 réacteurs d'ici 2020. Les investissements doivent se concentrer sur l'efficacité énergétique et les sources d'énergies propres et renouvelables comme le photovoltaïque. »


Notes aux rédactions :

(1) Jan van de Putte (Belgique) est formé comme expert en radiations au Technical University of Delft et a participé à des missions similaires en Russie, en Ukraine, Espagne ainsi qu'en France et en Belgique. Il est accompagné d'un expert originaire des Pays-Bas, formé dans le même institut : Jacob Namminga. C.V. détaillés de l'équipe : http://t.co/sHYVSuy

(2) Google map annotée des mesures :http://bit.ly/gaMGnf

(3)  L'équipe a mesuré une radioactivité de 7 et 10 micro Sieverts par heure dans la localité d'Iitate, le dimanche 27 mars, à 40km au nord-ouest de Fukushima/Daiichi, et à 20km de la zone officielle d'évacuation. Ces niveaux sont suffisamment élevés pour nécessiter un élargissement de la zone d'évacuation. Les niveaux détectés renvoient à de la radioactivité externe et ne tiennent pas compte de risques comme l'ingestion ou l'inhalation. La dose maximale admissible annuelle pour la population est de 1000 micro Sieverts.

(4) La zone actuelle d'évacuation est de 20 km autour de Fukushima, entre 20 km et 30 km, le confinement est conseillé.

(5) Les autorités ont effectué des mesures dans la même zone et confirment un taux de radioactivité parfois supérieur, ces quinze derniers jours :  
http://www.pref.fukushima.jp/j/20-30km18.pdf

(6) Plan du gouvernement japonais pour la reconstruction, plan de l'énergie solaire :
http://english.kyodonews.jp/news/2011/03/81780.html

Mission de monitoring sur le terrain :
Dans un premier temps, l'équipe de Greenpeace a passé plusieurs jours à documenter la radioactivité et à enregistrer le taux de radiactivité dans une zone située au nord-ouest de Fukushima (rayon de 20 km autour de la centrale) et la plus susceptible d'être affectée par les fuites radioactives.
L'équipe utilise des équipements suivants :
- Gamma spectrometer: GEORADIS Identifier RT-30 (Super Ident)
- Geiger counter: Radex RD 1503
Contamination monitor: RADOS MicroCont
Pour la suite de leur mission, les experts de Greenpeace utiliseront de nouveaux instruments :
 - LB 200 Becquerel monitor pour les tests sur l'alimentation
 - Exploranium GR135 gammaspectrometer