Le GIEC confirme l'impact des activités humaines sur le réchauffement climatique

Communiqué de presse - 27 septembre, 2013
Le nouveau rapport du GIEC sur le climat ne laisse plus de place au doute. Les scientifiques sont maintenant à 95% certains que les émissions de gaz à effet de serre provenant de l'activité humaine constituent la principale cause du réchauffement climatique. Il renforce également les estimations précédentes en matière d'élévation du niveau de la mer, ce qui aura des conséquences à la côte belge. Les organisations environnementales WWF, BBL, IEW et Greenpeace critiquent le manque de volonté des gouvernements au moment d’instaurer une véritable politique du climat.

Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a été créé en 1988 pour étudier et analyser la science climatique. Depuis lors, l'institution publie tous les six ou sept ans un rapport d’évaluation en trois parties, toutes approuvées par les gouvernements du monde entier, à travers lequel elle passe en revue l'ensemble des recherches menées en science climatique. La première partie du cinquième rapport du GIEC, qui analyse les observations physiques du réchauffement climatique, a été publiée aujourd’hui à Stockholm. Deux autres, analysant l'impact environnemental et socio-économique et les réponses possibles au défi climatique, suivront en 2014.

Dans le rapport publié ce vendredi, le GIEC conclut, avec 95 % de certitude, que les émissions de gaz à effet de serre provenant de l'activité humaine sont la cause principale du réchauffement climatique. En 2001, les scientifiques n'étaient qu'a 66% certains de cette corrélation. Ce nouveau rapport souligne donc le consensus général qui anime la communauté scientifique.

Les émissions de gaz à effet de serre, et notamment le CO2, continuent d'augmenter d'année en année à travers le monde. Au mois de mai dernier, la barre symbolique des 400 particules par million de CO2 dans l'atmosphère a été dépassée. Le rapport du GIEC évoque quatre scénarios pour l'avenir, avec plusieurs concentrations de gaz à effet de serre possibles. Seul le scénario le plus ambitieux, qui suppose une concentration de 421 particules par million de CO2 en 2100, offrirait une chance raisonnable de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés Celsius. Ce qui s’avère indispensable car excéder les 2°C rendrait les choses très compliquées pour l’Humanité. Mais pour que ce scénario devienne réalité, les émissions mondiales doivent atteindre un pic vers 2020 pour ensuite diminuer fortement. Ce cas de figure semble toutefois délicat à concrétiser mais le rapport du GIEC montre qu'il est encore possible d’y arriver. Néanmoins, si la tendance actuelle persiste et si le niveau d'ambition politique n'est pas revu à la hausse, un réchauffement de 5°C est envisagé par les scientifiques.

Il est irresponsable d'ignorer les enseignements des scientifiques du climat. Ne pas prendre des mesures nécessaires maintenant entraînera des coûts plus élevés à l'avenir. Les prédictions du GIEC sur l'élévation du niveau de la mer sont un exemple frappant. Ce dernier pourrait, d'ici la fin du siècle, augmenter de 29 à 98 centimètres et continuer sur cette pente ascendante après 2100. Des prévisions plus élevées que par le passé car la fonte des glaces observée en Antarctique et au Groenland est plus importante que ce qui avait été estimé lors du dernier rapport. Plusieurs grandes villes seraient menacées si telle situation se matérialisait. Chez nous, la côte belge serait elle aussi touchée.

Le mouvement environnemental (WWF, BBL, IEW, Greenpeace) critique le manque d'ambition des décideurs politiques : « Les autorités qui ont validé ce rapport à Stockholm doivent maintenant joindre le geste à la parole. Ils doivent faire preuve de plus d'ambition aussi vite que possible. Le secteur de l'énergie joue un rôle clé : les prochaines années seront cruciales pour assurer la transition des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique et pour éviter que les émissions de C02 n'augmentent encore suite à la création de nouvelles infrastructures. En Belgique aussi, le développement des énergies renouvelables doit continuer d'être soutenu d'une manière efficace. »