Les mannequins de Zara disent NON à la mode toxique

Communiqué de presse - 24 novembre, 2012
Bruxelles, le 24 novembre 2012 – Des mannequins d'étalage de Zara se sont croisés les bras cet après-midi, rue Neuve à Bruxelles. Ils n'acceptent plus que Zara pollue les cours d'eau avec des substances cancérigènes et perturbatrices du système hormonal. Avec cette action, Greenpeace exige de la plus grande chaîne de mode au monde qu'elle élimine l'utilisation de substances chimiques toxiques lors de la fabrication de ses vêtements.

Depuis 14h00, Greenpeace mène une action devant l'entrée de Zara, rue Neuve. Non loin des mannequins d'étalage les bras croisés, des militants de Greenpeace organisent un défilé de mode « toxique » et fournissent des informations aux passants : l'utilisation de substances toxiques lors de la fabrication des vêtements Zara entraîne une grave pollution de l'eau.

Mardi dernier, Greenpeace a diffusé son rapport  “Toxic Threads - The Big Fashion Stitch-Up” (1). Dans les vêtements de 20 grandes marques, dont Zara, Greenpeace a décelé des substances chimiques nocives qui, une fois libérées dans l'eau et l'environnement, se dégradent en substances perturbatrices du système hormonal ou cancérigènes (2). Ces substances sont utilisées durant le processus de fabrication des vêtements et sont ensuite rejetées dans les rivières et autres cours d'eau via les eaux usées des usines textiles.
 
Fashion victims
« Les grandes marques de vêtements utilisent les cours d'eau publics comme des égouts privés. De la sorte, elles font de nous des fashion victims. Les substances toxiques utilisées par ce secteur finissent par polluer l'eau, tant lors de la fabrication des vêtements que lors des lessives. Cette pollution s'observe partout dans le monde », déclare Jonas Hulsens, responsable de cette campagne pour Greenpeace Belgique. « La mode ne doit pas être synonyme de pollution de la planète. Un article fabriqué sans substances toxiques coûte à peine 5 cents de plus. »

« Zara est un leader mondial du secteur et, c'est à ce titre que cette enseigne doit prendre le leadership et procéder d'urgence à la détoxification de sa chaîne de production. Ces opérations doivent, de plus, se dérouler dans la plus grande transparence et ne pas manquer d'ambition », poursuit Jonas Hulsens. 

Campagne Detox
Greenpeace a démarré sa campagne Detox durant l'été 2011. L'objectif étant d'assainir complètement la fabrication des vêtements. La pollution des cours d'eau et rivières par l'industrie textile est problématique, surtout dans des pays comme la Chine et l'Inde où la majorité de nos vêtements sont fabriqués. De grandes marques comme Puma, Nike, Adidas, H&M et C&A se sont engagées à éliminer toute substance chimique toxique de leur chaîne de fabrication d'ici 2020 (3).

Notes aux rédactions :

(1) Pour plus d'information, lisez également notre communiqué de presse de mardi et le résumé (en français) du rapport The Big Fashion Stitch-Up.

(2) Une des principales contributions du rapport est de démontrer que des éthoxylates de nonylphénol (NPE) ont été trouvés dans des vêtements de l'ensemble des marques analysées. Lorsqu'elles se dégradent, les NPE se transforment en perturbateurs hormonaux. Des concentrations de plus de 1.000 ppm ont été détectées dans des vêtements fabriqués par des marques comme Zara, Metersbonwe, Levi’s, C&A, Mango, Calvin Klein, Jack & Jones et Marks & Spencer (M&S). Des quantités importantes de phtalates ont par ailleurs été décelées dans quatre produits. Des traces d'amines cancérigènes ont aussi été détectées. Ces traces résultent de l'utilisation de certaines teintures. Deux échantillons de la marque Zara présentent ce type de traces. La présence d'autres types de substances chimiques potentiellement dangereuses a également été décelée au cours de l'analyse.

(3) Voir aussi http://www.greenpeace.org/belgium/fr/que-faisons-nous/substances-toxiques/detox/