Substances toxiques et mode : de nouvelles preuves accablent des marques comme Zara

Communiqué de presse - 20 novembre, 2012
Pékin, le 20 novembre 2012 : de grandes enseignes de mode comme Zara, Levi's ou encore Calvin Klein commercialisent des vêtements contaminés par des substances chimiques qui - une fois libérées dans l'eau et l'environnement - se dégradent en substances perturbatrices du système hormonal ou cancérigènes. C'est ce qui ressort d'un rapport publié aujourd'hui par Greenpeace International.

L'enquête menée a permis d'établir que des substances toxiques ont été trouvées dans des vêtements fabriqués par 20 grandes marques [1]. Zara fait partie de ces enseignes. Il s'agit de la seule marque pour laquelle – à la fois - des perturbateurs hormonaux et des substances cancérigènes ont été trouvés. [2].

Le rapport intitulé “Toxic Threads - The Big Fashion Stitch-Up” rassemble des analyses opérées sur 141 vêtements.

L'industrie textile fait de nous des fashion victims au sens figuré comme au sens propre, commente Jonas Hulsens, de Greenpeace. Les substances toxiques utilisées par ce secteur finissent par polluer l'eau, tant lors de la fabrication des vêtements que lors des lessives. Cette pollution s'observe partout dans le monde.”

Contamination

Une des principales contributions du rapport est de démontrer que des éthoxylates de nonylphénols (NPE) ont été trouvés dans des vêtements de l'ensemble des marques analysées.

Lorsqu'elles se dégradent, les NPE se transforment en perturbateurs hormonaux. Des concentrations de plus de 1.000 ppm ont été détectées dans des vêtements fabriqués par des marques comme Zara, Metersbonwe, Levi’s, C&A, Mango, Calvin Klein, Jack & Jones et Marks & Spencer (M&S). Des quantités importantes de phtalates ont par ailleurs été décelées dans quatre produits. Des traces d'amines cancérigènes ont aussi été détectées. Ces traces résultent de l'utilisation de certaines teintures. Deux échantillons de la marque Zara présentent ce type de traces [3]. La présence d'autres types de substances chimiques potentiellement dangereuses a également été décelée au cours de l'analyse.

La présence de molécules chimiques pouvant se dégrader en substances cancérigènes ou en perturbateurs hormonaux dans les vêtements de Zara, complète encore Jonas Hulsens, est inadmissible pour les consommateurs et pour les riverains des usines de production. Est-ce que cette marque s'est interrogée sur la présence de telles substances dans d'autres de ses lignes de vêtements ?

Zara est un leader mondial du secteur et, c'est à ce titre que cette enseigne doit prendre le leadership et procéder d'urgence à la détoxification de sa chaîne de production. Ces opérations doivent, de plus, se dérouler dans la plus grande transparence et ne pas manquer d'ambition.”

Les pièces analysées proviennent d'Afrique, des Amériques ou encore d'Asie. Il s'agit de toute une gamme de vêtements ou de sous-vêtements, pour enfants et adultes. Elles sont confectionnées au départ de fibres naturelles ou artificielles. Dans certains cas, les substances toxiques que l'on y retrouve leur ont été sciemment incorporées. Il arrive également que ces substances restent présentes sous forme résiduelle.

Le secteur textile continue à prendre les rivières et autres cours d'eau pour des égouts. Nous devrions pouvoir porter des vêtements non toxiques, conclut Jonas Hulsens et la mode devrait nous apporter autre chose qu'un empoisonnement de la planète.”

En conséquence, Greenpeace attend des marques qui font la mode un engagement ferme visant à ne plus utiliser ces substances chimiques préoccupantes dans leurs procédés de fabrication et ce, d'ici 2020. Des marques comme H&M, M&S ont ouvert la voie d'une mode non toxique. D'autres marques de format international doivent leur emboîter le pas. Une première chose à faire est d'informer les populations riveraines des usines de fabrication des déversements chimiques dans les cours d'eau.

Rapport et document connexe disponibles en anglais via ce lien.
Résumé exécutif du rapport disponible en français via ce lien

Notes aux rédactions :

[1] Les vêtements analysés sont vendus par les marques suivantes :

Jack & Jones, Only, Vero Moda, Blažek, C&A, Diesel, Esprit, Gap, Armani, H&M, Zara, Levi’s, Victoria’s Secret, Mango, Marks & Spencer, Metersbonwe, Calvin Klein, Tommy Hilfiger, et Vancl.

[2] Des amines sont utilisées dans la production de teintures azotées destinées aux textiles. Ces substances peuvent se libérer lors d'une réaction chimique. Certaines amines peuvent se révéler cancérigènes. Des phtalates ont été trouvés dans 31 vêtêments. Dans 4 pièces, les analyses ont révélé la présence importante de ces subtances, détectées sous forme de trace dans 27 autres pièces. Certains phtalates peuvent provoquer des troubles de la fertilité. Des éthoxylates de nonylphénols (NPE) ont été trouvés dans l'ensemble de l'échantillon analysé. Leur dégradation dans les rivières ou les stations d'épuration peut se solder par l'apparition de perturbateurs hormonaux.

3] Dans des produits fabriqués au Pakistan pour Zara et vendus au Liban et en Hongrie, des amines ont été détectées audessus du seuil de détection de 5 ppm.

Tags