Un Belge découvre des chimpanzés menacés dans la concession d'Herakles Farms

Communiqué de presse - 8 août, 2013
Le Gantois Jan Cappelle, chargé de mission forêts pour Greenpeace, s'est rendu trois semaines au Sud-Ouest du Cameroun. Objectif de sa mission : démontrer que la société Herakles Farms, qui vise à transformer 73 000 hectares en plantation de palmiers à huile, sous-estime la présence des espèces en voie de disparition sur la zone concernée.

Depuis sa présentation en 2009, le projet d'Herakles Farms suscite la polémique. L'entreprise américaine aimerait transformer 73 000 hectares, principalement constitués de forêts naturelles, en plantation de palmiers à huile au Sud-Ouest du Cameroun. Là où, selon elle, les terres ne présentent pas d’intérêt écologique majeur. Une récente étude de l'université camerounaise Dschang, soutenue par Greenpeace International, WWF Allemagne et Save Wildlife, prouve pourtant bel et bien le contraire. La zone, située en pleine forêt tropicale de l'Afrique de l'Ouest, s'assimile à un véritable centre de biodiversité. Quatre aires protégées, dont l'emblématique parc national de Korup, bordent en effet la zone qui fait office de corridor vital pour les animaux.

Sur place durant trois semaines pour y mener une enquête, le Gantois Jan Cappelle a contribué à la découverte de plusieurs nids d'une sous-espèce de chimpanzés, qualifiée de menacée par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature. « Travailler avec les experts de l'université de Dschang était très important pour moi car ils ont beaucoup d'expérience dans la recherche de nids de chimpanzés et d'autres espèces, explique Jan Cappelle, chargé de mission forêts pour Greenpeace. Et durant les cinq jours passés en forêt, on a trouvé environ vingt nids de chimpanzés dans les arbres, à plus de dix mètres de haut. Pour Greenpeace, il est absolument nécessaire que le projet d'Herakles Farms soit annulé. »

D'autant que la zone supposée accueillir la plantation n'abrite pas uniquement le chimpanzé mais également l'éléphant de forêt, quelques primates fortement menacés comme le drill ou le cercopithèque de Preuss et plusieurs espèces de poissons endémiques.

« Le gouvernement américain a énormément investi pour la protection du chimpanzé du Nigéria-Cameroun, explique Philippe Verbelen, spécialiste des forêts africaines pour Greenpeace. C'est donc plutôt ironique et assez dramatique qu'une compagnie américaine soit en passe de détruire une région forestière vitale pour la survie de ces chimpanzés. »

Selon une estimation scientifique, les chimpanzés de l'Ouest du Nigéria-Cameroun ne seraient probablement pas plus que 3500 dans le monde. Le drill, quant à lui, est l'un des primates les plus menacés d'Afrique. 80 % de son habitat se trouve au Cameroun, dans une partie boisée relativement petite.

Mais le projet d'Herakles Farms causerait également de terribles dégâts sur le plan humain. Élaboré sans consultation adéquate ou consentement libre, préalable et informé de la population locale puis dénoncé pour exploitation illégale et corruption, le projet américain ferait perdre terre et moyens de subsistance naturels à plus de 20 000 personnes.

Plus d'information :
- Un résumé du rapport (en anglais).
- Des photos de la concession Herakles Farms (1, 2).
- L'interview vidéo de Jan Cappelle.