Une Belge escalade le Shard à Londres pour exiger la protection de l’Arctique

Communiqué de presse - 11 juillet, 2013
Après avoir échappé à la vigilance des gardes de sécurité, des militantes de Greenpeace escaladent en ce moment la façade extérieure du plus haut bâtiment d'Europe Occidentale, le Shard à Londres. Parmi les activistes, on retrouve une Gantoise, Sabine Huyghe (33 ans). Au sommet du gratte-ciel, qui culmine à 310 mètres, elles tenteront d'accrocher une œuvre d'art représentant toute la beauté de l'Arctique.

Après avoir échappé à la vigilance des gardes de sécurité, des militantes de Greenpeace escaladent en ce moment la façade extérieure du plus haut bâtiment d'Europe Occidentale, le Shard à Londres. Parmi les activistes, on retrouve une Gantoise, Sabine Huyghe (33 ans). Au sommet du gratte-ciel, qui culmine à 310 mètres, elles tenteront d'accrocher une œuvre d'art représentant toute la beauté de l'Arctique.

Conçu par l'architecte Renzo Piano, le Shard n'a pas été innocemment choisi par les activistes de Greenpeace. Celui-ci se situe en effet à proximité du siège central de la compagnie pétrolière Shell, sur la rive sud de la Tamise. Une entreprise qui a pris les devants dans la course à l'Arctique et qui a investi des milliards pour y mener des opérations de forage en Alaska et en Russie.

« Des millions de gens ont demandé à Shell de quitter l’Arctique mais la société les ignore, déclarait la Belge Sabine Huyghe avant son ascension. C’est pour cette raison que je suis venue à Londres, pour protester. Si on parvient à atteindre le sommet du gratte-ciel, qui domine le siège central de Shell, et à y accrocher notre œuvre d’art, la compagnie pétrolière ne pourra plus ignorer notre combat. Cette ascension sera la chose la plus difficile que chacun de nous aura eu à faire, on aura les nerfs à fleur de peau, on n'arrivera peut-être pas au bout mais on va tout donner. Quand les dirigeants de Shell regarderont par la fenêtre de leur bureau, ils verront, au-dessus d’eux, à quel point l’Arctique est belle. »

Originaires du Royaume-Uni, du Canada, de Suède, de Pologne, des Pays-Bas et, donc, de Belgique, les militantes ont débuté leur ascension à 5 heures ce matin (heure belge). Une action qui devrait s'étaler sur toute la journée et dont la réussite finale est totalement incertaine. Mais en cas d'heureuse issue, on assisterait alors à la réalisation artistique en hauteur la plus impressionnante depuis la traversée sur une ligne tendue accomplie en 1974 par Philippe Petit entre les anciennes tours du World Trade Center. L'évolution de Sabine Huyghe et des activistes de Greenpeace est à suivre, par l'entremise de caméras placées sur leurs casques, en « live streaming » sur www.iceclimb.savetheartic.org.

« On ne peut pas forer en toute sécurité en Arctique, les conséquences peuvent être catastrophiques pour la vie sauvage et pour les gens qui vivent là-bas, poursuivait Sabine Huyghe, qui travaille au service administratif d’une université flamande. La principale raison pour laquelle Shell ne peut pas forer en Arctique est que le changement climatique fait fondre la banquise, ce qui signifie que des plate-formes se retrouvent dans des zones qui étaient habituellement gelées. Ces gens veulent forer pour des carburants qui ont entraîné la fonte de la banquise en premier lieu. C’est fou. »

Shell a en effet investi 5 milliards de dollars dans son « programme Arctique », mais après une série d’incidents embarrassants, à l'image de cette plate-forme échouée, l'entreprise a été contrainte, cet été, de délaisser les côtes de l'Alaska. Depuis, Shell a toutefois conclu un accord avec Vladimir Poutine et le géant pétrolier Gazprom pour pouvoir forer du côté russe de l’Arctique, une région où les règlements sont laxistes et les accidents monnaie courante.

Mais Greenpeace lutte et mène une campagne pour que la zone située autour du pôle Nord reste intacte et inaccessible à toute forme d’industrialisation. Plus de trois millions de personnes ont déjà répondu à l'appel de savethearctic.org !