Les publicités analysées ont été récoltées dans la presse écrite
belge du 14 septembre au 4 octobre 2007, soit aux alentours du
Salon de Francfort. L'échantillon rassemblé permet d'affirmer que
les constructeurs automobiles attirent l'attention du public sur
des voitures émettant bien plus de CO2 que ce qui était prévu de longue
date par l'Union européenne. Les objectifs fixés étaient, pour les
nouvelles voitures, des émissions moyennes de 140 g CO2/km en 2008 et de 120 g CO2/km en 2012 (1).
La moyenne des émissions de CO2 pour les véhicules ayant fait
l'objet d'une annonce publicitaire est de 187 g CO2/km. 90,7% des publicités concernent
des véhicules émettant plus des 140 g CO2/km prévus pour 2008. Enfin, moins
de 4% des sommes investies sont consacrées à la promotion de
voitures émettant moins de 120 g CO2/km.
"L'analyse succincte à laquelle nous nous sommes livrés révèle
le vrai visage de l'industrie automobile", commente Marc-Olivier
Herman, directeur des campagnes de Greenpeace. "Tout indique que
les constructeurs attendent le bâton européen pour se conformer à
l'urgence climatique. Et avec tout cela, on tente de nous faire
croire que le Salon de l'Auto qui s'annonce sera un salon 'vert'.
Rien n'est moins vrai !"
L'analyse menée par Greenpeace démontre également que
l'industrie automobile n'envisage pas d'informer clairement le
consommateur en matière d'émissions de CO2. Il faut généralement une loupe
pour prendre connaissance des émissions de CO2 du véhicule. Or, une directive
européenne de 1999 prévoit explicitement de rendre ce type
d'informations aussi lisibles que les autres éléments du
message.
L'échantillon récolté dans la presse belge illustre enfin
comment l'industrie automobile utilise l'environnement comme
argument de vente. Une voiture a - et aura toujours - un impact sur
l'environnement. Or, il est fréquent qu'une technologie ou une
spécification soit mise en exergue tout en n'étant appliquée qu'à
un petit segment du marché. Il arrive aussi que des véhicules
particulièrement gloutons soient présentés comme 'verts'.
En orchestrant ce marketing 'vert' autour de la voiture,
l'industrie ne fait rien d'autre que noyer le poisson. Pour lutter
réellement contre les changements climatiques, il serait plus
judicieux de respecter les promesses faites il y a dix ans, à
l'Union européenne. Ces promesses n'ayant pas été tenues, il est
essentiel de mettre sur pied une législation européenne réellement
contraignante et ambitieuse.
Pour Greenpeace, cette législation doit prévoir le respect de la
norme des 120 g CO2/km (2)
d'ici 2012 et son application à l'ensemble des nouvelles voitures.
Cette norme devrait évoluer d'ici 2020 vers les 80 g CO2/km. Le non respect de cette norme
devant être assorti de sanctions réellement dissuasives.
Greenpeace estime par ailleurs que cette législation devrait
stimuler les constructeurs à produire des voitures plus légères. Le
lien entre le poids et la consommation (et donc le CO2) étant parfaitement établi. La
législation doit être applicable à tous les constructeurs, sans
exception.