L’industrie automobile assure la promotion des voitures énergivores !

Communiqué de presse - 15 janvier, 2008
Une analyse succincte de publicités parues dans la presse écrite belge démontre que les constructeurs automobiles font en priorité la promotion des voitures émettant des quantités de CO2 largement supérieures à ce qui était envisagé depuis des années par l’Union européenne. L’industrie automobile abreuve les consommateurs de messages ‘verts’ qui ne tiennent pas la route. Une législation européenne ambitieuse est plus que jamais nécessaire pour concilier les points de vue du climat et de la voiture.

Les publicités analysées ont été récoltées dans la presse écrite belge du 14 septembre au 4 octobre 2007, soit aux alentours du Salon de Francfort. L'échantillon rassemblé permet d'affirmer que les constructeurs automobiles attirent l'attention du public sur des voitures émettant bien plus de CO2 que ce qui était prévu de longue date par l'Union européenne. Les objectifs fixés étaient, pour les nouvelles voitures, des émissions moyennes de 140 g CO2/km en 2008 et de 120 g CO2/km en 2012 (1).

La moyenne des émissions de CO2  pour les véhicules ayant fait  l'objet d'une annonce publicitaire est de 187 g CO2/km. 90,7% des publicités concernent des véhicules émettant plus des 140 g CO2/km prévus pour 2008. Enfin,  moins de  4% des sommes investies sont consacrées à la promotion de voitures émettant moins de 120  g CO2/km.

"L'analyse succincte à laquelle nous nous sommes livrés révèle le vrai visage de l'industrie automobile", commente Marc-Olivier Herman, directeur des campagnes de Greenpeace. "Tout indique que les constructeurs attendent le bâton européen pour se conformer à l'urgence climatique. Et avec tout cela, on tente de nous faire croire que le Salon de l'Auto qui s'annonce sera un salon 'vert'. Rien n'est moins vrai !"

L'analyse menée par Greenpeace démontre également que l'industrie automobile n'envisage pas d'informer clairement le consommateur en matière d'émissions de CO2. Il faut généralement une loupe pour prendre connaissance des émissions de CO2 du véhicule. Or, une directive européenne de 1999 prévoit explicitement de rendre ce type d'informations aussi lisibles que les autres éléments du message.

L'échantillon récolté dans la presse belge illustre enfin comment l'industrie automobile utilise l'environnement comme argument de vente. Une voiture a - et aura toujours - un impact sur l'environnement. Or, il est fréquent qu'une technologie ou une spécification soit mise en exergue tout en n'étant appliquée qu'à un petit segment du marché. Il arrive aussi que des véhicules particulièrement gloutons soient présentés comme 'verts'.

En orchestrant ce marketing 'vert' autour de la voiture, l'industrie ne fait rien d'autre que noyer le poisson. Pour lutter réellement contre les changements climatiques, il serait plus judicieux de respecter les promesses faites il y a dix ans, à l'Union européenne. Ces promesses n'ayant pas été tenues, il est essentiel de mettre sur pied une législation européenne réellement contraignante et ambitieuse.

Pour Greenpeace, cette législation doit prévoir le respect de la norme des 120 g CO2/km (2) d'ici 2012 et son application à l'ensemble des nouvelles voitures. Cette norme devrait évoluer d'ici 2020 vers les 80 g CO2/km. Le non respect de cette norme devant être assorti de sanctions réellement dissuasives.

Greenpeace estime par ailleurs que cette législation devrait stimuler les constructeurs à produire des voitures plus légères. Le lien entre le poids et la consommation (et donc le CO2)  étant parfaitement établi. La législation doit être applicable à tous les constructeurs, sans exception.