Greenpeace installe Pinocchio au Salon de l'Auto et dénonce les mensonges ‘verts’ de l’industrie automobile

Communiqué de presse - 16 janvier, 2008
Une bannière, mettant en scène Pinocchio, a été déroulée au Salon de l'Auto au Heysel. On y découvre un Pinocchio (1) au nez particulièrement long. Greenpeace entend dénoncer ainsi les mensonges de l'industrie automobile: la voiture 'verte' n'existe pas et l'industrie ne sert ni l'environnement ni le climat. Il est temps que l'industrie se décide à produire des voitures vraiment plus sobres et qu'elle cesse d'affaiblir la future législation européenne qui poursuit le même but. C'est seulement dans ces conditions que l'on pourra parler d'un Salon de l'Auto 'vert'...

Undes mensonges que Greenpeace souhaite dénoncer aujourd'huiconcerne la quantité et la qualité des effortsaccomplis par l'industrie. En matière de réduction deCO2,on est resté au point mort. Entre 1996 (date à laquellel'Union européenne a annoncé son intention de réduiredrastiquement les émissions de CO2)et 2008, la moyenne des émissions des nouvelles voitures estpassée de 185 g de CO2/kmà environ 160 g.

Autremensonge dénoncé : l'habillage 'vert' du Salon del'Auto qui vient de s'ouvrir. «L'industrieautomobile tente de nous persuader de son bon vouloirenvironnemental,déplore Marc-Olivier Herman, directeur des campagnes deGreenpeace. Maiscette façade verte en apparence ne doit pas nous faire oublierles efforts menés en coulisses pour affaiblir la législationeuropéenne en préparation et dont l'importance estcruciale pour réduire les émissions de CO2,désastreuses pour le climat.»

Cherchantà maintenir des 'niches' réservées auxvoitures lourdes et puissantes, les constructeurs n'arrêtentpas de mettre des bâtons dans les roues de l'Union européennequi prépare une législation - enfin - contraignante.Ceci s'est encore vérifié en décembre 2007,lorsque la Commission européenne a rendu publique un premierétat de la future législation. Cette proposition évacueles objectifs à long terme, revoit à la baisse lesobjectifs à court terme et ne prévoit pas des sanctionssuffisamment dissuasives pour les constructeurs récalcitrants(2).

Sil'industrie automobile n'a pas tenu les promesses faites àl'Union européenne (entre autres le respect de l'objectif de140 g CO2/kmqui aurait dû être atteint en 2008) (3),c'est en grande partie parce que le parc automobile européenn'a toujours pasétémis au régime.Or, il existe un lien direct entre le poids d'une voiture et saconsommation.

Parmiles solutions avancées par les organisateurs du Salon del'Auto figurent de nombreuses fausses pistes comme lesagrocarburants qui - s'ils devaient être produits àgrande échelle - poseront plus de problèmesenvironnementaux et sociaux qu'ils n'en résoudront. Quantà une conduite respectueuse de l'environnement, elle estbien évidemment souhaitable. Mais peut-on décemmentconduire de manière responsable un véhicule inutilementlourd, rapide et puissant? Ces trois éléments sontessentiels pour rendre le parc automobile européen plusconforme au défi que constitue la lutte contre les changementsclimatiques.

Notes: 1) Pinocchio a revêtu pour la circonstance une combinaison de pilote, marquée des logos de constructeurs automobiles membres de l’ European Automobile Manufacturer’s Association (ACEA): Audi, BMW, Citroen, Fiat, Ford, Land Rover, Mercedes Benz, Opel, Porsche, Peugeot, Renault, Saab Toyota, Volkswagen, Volvo.2) Communiqué du 19 décembre 2007, disponible sur ce site. Pour Greenpeace, cette législation doit nécessairement imposer à l’industrie automobile des objectifs de réductions pour les émissions moyennes de CO2 des nouvelles voitures de 120 g CO2/Km en 2012 et de 80 g en 2020. Ces normes doivent être établies en se basant sur la 'surface occupée au sol' et non son poids. Des sanctions réellement dissuasives doivent être également prévues et aucune exception ne doit être accordée à aucun constructeur.3) L'industrie automobile a passé, en 1998, un accord volontaire avec l'Union européenne. Cet accord prévoyait un objectif intermédiaire de 140 g CO2/km (2008)