Communiqué de presse - 21 mai, 2007
Greenpeace a déposé aujourd'hui un fût d'une dizaine de kilos de boue radioactive devant le siège du CD&V, rue de la loi. La boue contaminée provient des rives de la Molse Nete. D'après des mesures effectuées par un laboratoire français et le CEN (Centre d'Etude de l'énergie Nucléaire) à Mol, la boue est à ce point polluée qu'elle doit, selon les normes juridiques en vigueur, être considérée comme un déchet radioactif. Via cette action, Greenpeace appelle le CD&V à corriger sa position en matière d'énergie nucléaire et à confirmer la loi sur la sortie du nucléaire.
Greenpeace prélève des échantillons et mesure la pollution radioactive de la boue dans la Molse Nete.
Ace jour, le CD&V est (avec la liste Dedecker) le seul
partidémocratique qui souhaite à tout prix prolonger ladurée de vie
des centrales nucléaires, même sides alternatives propres sont
disponibles en suffisance. Il n'existepourtant aucune solution pour
les déchets radioactifs. Quelque120 tonnes de déchets hautement
radioactifs sont produits tousles ans dans les centrales nucléaires
belges. Ceux-ciresteront radioactifs pendant des millions d'années,
génèrentd'importants coûts de traitement (1) et hypothèquentdonc
lourdement les générations futures. Bref, on nepeut pas parler d'un
exemple de bonne gestion.
Entre-temps,les problèmes liés aux déchets radioactifscontinuent
à s'accumuler. Depuis plus de cinquante ans, deseaux usées
radioactives sont déversées dans laMolse Nete, en Campine. Ces eaux
proviennent du traitement desdéchets radioactifs, de la recherche
nucléaire et de laproduction de combustibles nucléaires. Greenpeace
a notammentpris des échantillons de sédiments déposéssur les rives,
et cela à une distance éloignéede plus de trois kilomètres du point
de déversement deBelgoprocess (où sont traités les
déchetsradioactifs belges) dans la Molse Nete. Elle les a ensuite
faitanalyser par le laboratoire français ACRO et le CEN lui-même.Il
ressort des analyses de laboratoire que les rives sont à cepoint
polluées qu'elles doivent, selon les normes européennes,être
considérées comme des déchetsradioactifs. Ceci implique un danger
réel pour les vacancierset les riverains s'aventurant sur les
berges. Le problème dela Molse Nete n'est pas nouveau et représente
malheureusementun énième exemple des problèmes généréspar
l'exploitation de l'énergie nucléaire dans notrepays.
"Leplaidoyer du CD&V pour prolonger la durée de vie
desvieilles centrales nucléaires n'est pas seulement dangereux:ce
prolongement menace aussi le développement des formesdurables de
production d'électricité comme les énergiesrenouvelables, la
cogénération et l'efficacitéénergétique", préciseFawaz Al Bitar,
responsable de la campagne Climat/Energie pourGreenpeace. A long
terme, l'énergie renouvelable encombinaison avec des mesures
d'efficacité énergétiquesont les seules options réalistes pour
lutter contre leschangements climatiques. La fermeture des trois
plus anciens et pluspetits réacteurs d'ici 2015 (2) peut être
aisémentcompensée par les projets qui devraient être
concrétisésd'ici 2011 (3).
L'incertitudepermanente quant à la sortie du nucléaire nuit
auxinvestissements, effraie les concurrents, freine la
modernisation dusecteur de l'électricité et hypothèque
lacontribution belge à la réalisation des objectifseuropéens en
matière climatique (4). Il ne s'agit passeulement d'une mauvaise
chose pour l'environnement, mais aussi pourl'économie et l'emploi.
On ne peut de nouveau pas parler debonne gestion.
Greenpeaceinvite le CD&V à collaborer à l'avènementd'un
secteur de l'électricité moderne, propre etcompétitif. Cinquante
ans d'énergie nucléaireont causé bon nombre de dégâts
(environnementaux)et ont engendré des coûts extrêmement importants
àcharge du consommateur. Aujourd'hui, il est grand temps de
s'atteleren priorité à la fermeture définitive descentrales
nucléaires.
Notes: (1) L'ONDRAF évalue les coûts de traitement des déchets nucléaires à 5,6 milliards d'euros pour notre pays, tout en précisant qu'il ne s'agit là que d'une estimation qui reste hypothétique.(2) Doel 1, Doel 2 et Tihange 1 représentent ensemble 11% de la capacité belge de production. (3) www.greenpeace.org/la-lumiere-ne-s-eteindra-pas(4) à savoir au moins 20% de réduction d'émission de gaz à effet de serre d'ici 2020 et 20% d'énergie provenant de sources renouvelables d'ici 2020.