Une trentaine de militants de Greenpeace ont investi ce matin le site de la centrale électrique de Mol et son dispositif d'approvisionnement en charbon. Ils ont entrepris de peindre un « Stop CO2 » géant sur une cheminée de cette centrale, dont la fermeture était initialement prévue fin 2004. Mol a, en effet, bénéficié - comme les six autres centrales à charbon belges (1) - d'un sursis gouvernemental (2) bien maladroit, puisque cette seule centrale engendre annuellement près de 1,5 million de tonnes de CO2.. L'adoption de mesures d'efficacité énergétique (e.a. pour les appareils électriques, l'éclairage ou le chauffage) doit permettre d'éviter rapidement la consommation des gigawattheures produits par les centrales à charbon (3), qui sont responsables de 10% de nos émissions de CO2f
L'option 'biomasse', timidement mise en place à Mol (4), ne sert
qu'à jeter un écran de fumée sur l'attitude minimaliste
d'Electrabel en matière d'énergies renouvelables (5) et est
préjudiciable à la création d'emplois. Aujourd'hui, 11% de notre
électricité est encore produite au départ de charbon. Une énergie
fossile qui présente une haute intensité en carbone (6) et dont la
combustion se solde également par des émissions de NOx, de SO2, de
composés organiques volatils et de métaux lourds. Les NOx font
partie des gaz précurseurs de l'ozone et contribuent à l'apparition
de pics d'ozone estivaux. Et c'est précisément cette énergie
polluante qui s'est vue, en 2004, octroyer du bois de rallonge par
un gouvernement déjà bien en peine d'honorer Kyoto...
Parallèlement, ce gouvernement n'a rien entrepris pour permettre à
la Belgique de rattraper son retard en matière d'efficacité
énergétique. « En prolongeant la durée de vie de ses centrales à
charbon grâce à la biomasse, Electrabel abuse des mesures 'Kyoto'
telles que les certificats verts et freine l'essor d'énergies
réellement propres et renouvelables, commente depuis Mol,
Jean-François Fauconnier, de Greenpeace. Brûler de la biomasse dans
une centrale construite dans les années 1960, c'est du gaspillage!
La biomasse doit être valorisée dans des centrales à cogénération,
modernes et au rendement bien plus élevé. » Greenpeace attend dès
lors du gouvernement belge qu'il cesse de cautionner le maquillage
vert d'Electrabel et considère enfin avec sérieux l'immense
potentiel de l'efficacité énergétique en Belgique. Cette option
permet de faire rapidement face au défi constitué par Kyoto et
d'anticiper la sortie du nucléaire. Greenpeace présentera dans la
journée une étude qui vient confirmer la bonne opération que la
Belgique pourrait réaliser en tournant le dos aux énergies
polluantes que sont le charbon et le nucléaire. Appliquées à très
court terme (2 ans) aux sphères administrative, industrielle et
tertiaire ainsi que privée, des mesures d'efficacité énergétique
doivent permettre d'éviter quelque 12% de notre consommation
électrique actuelle. A moyen terme, ce potentiel - toujours
inexploité en Belgique - devrait permettre d'orienter sereinement
notre production électrique vers une plus grande durabilité. Ce
n'est d'ailleurs pas la première fois que le potentiel de
l'efficacité énergétique en Belgique a été souligné. (7)« Sur ce
plan, l'attitude du gouvernement est parfaitement incompréhensible,
poursuit Jean-François Fauconnier. L'efficacité énergétique n'est
pas uniquement une option favorable au climat, elle offre également
de formidables perspectives en matière d'emplois. La mise sous
baxter des centrales à charbon et le manque de préparation qui
prélude à la sortie du nucléaire sont préjudiciables à l'emploi. Le
personnel de ces centrales, condamnées à disparaître, mérite un
véritable plan de reconversion. Alors même qu'il était prévu de
fermer certaines centrales à charbon dès fin 2002, quelles
garanties Electrabel offre-t-elle donc à ses travailleurs ? »Pour
Greenpeace, l'avenir passe résolument par l'essor d'un ensemble de
technologies moins polluantes que le charbon et le nucléaire et par
la maîtrise de notre consommation électrique. Elle invite dès lors
Electrabel et le gouvernement belge à prévoir rapidement la
fermeture des centrales à charbon opérationnelles en Belgique,
conjointement à la fermeture anticipée des plus anciens réacteurs
nucléaires. Ces centrales polluantes alimentent la Belgique en
électricité au détriment de l'environnement et la production de
celle-ci pourrait être largement économisée.
VVPR info: Informations complémentairesJean-François Fauconnier, campagne climat, - à Mol 0496/161.587Eddy De Neef, service de presse – à Mol 0494/510.991Elysabeth Loos, service de presse – à Bruxelles 0496/161.589Photos et images beta disponibles dans l'après-midi
Notes: 1) Trois autres centrales à charbon sont implantées en Flandre: Langerlo, Rodenhuize et Ruien, et trois en Wallonie : Amercoeur, Awirs et Monceau. Ces centrales produisent 12,8 millions de tonnes de CO2 par an (source : European pollutant emission register, http://www.eper.cec.eu.int/).2) Cette décision gouvernementale renvoie au ‘super Conseil des ministres’, qui s'est tenu en mars 2004 à Ostende. Le gouvernement a octroyé à cette occasion du bois de rallonge à Electrabel. Cette décision s'assortit uniquement de l'obligation pour l'électricien de faire tourner, à partir de 2009, deux unités de ses 7 centrales à charbon (une à Mol et une aux Awirs) avec de la biomasse.3) Greenpeace publie ce jour une étude réalisée par e-Ster et confirmant l'immense potentiel à court terme de l'efficacité énergétique en Belgique: 9.510 GWh, soit une économie équivalente à la consommation de 2,3 millions de ménages, réalisable en deux ans. Conférence de presse à 11 heures, renseignements complémentaires 0496/161.589.4) Un permis d'environnement a été accordé pour la combustion de noyaux d'olives, pour l’équivalent d’une puissance de 6 MW.5) En Belgique, la part des sources d’énergie renouvelables dans la production électrique totale d’Electrabel était de 0,6 % en 2004 (source : rapport environnemental 2004 d’Electrabel).6) Par unité d’énergie produite, le charbon produit 31% de CO2 en plus que le fioul et 92% en plus que le gaz naturel.7) Voir également l’étude du Fraunhofer Institute « Gestion de la demande d'énergie dans le cadre des efforts à accomplir par la Belgique pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre », réalisée à la demande du ministère de l'Economie. Disponible via l'adresse: http://www.greenpeace.og/raw/content/belgium/fr/press/reports/rapport-gestion-de-la-demande.pdf3
Exp. contact date: 2005-06-30 00:00:00