Des contracts inéquitables sont fréquemment conclus avec la population congolaise à qui l'on promet la construction d'écoles ou de dispensaires en contrepartie pour l'abattage d'arbres à grande valeur commerciale. La plupart du temps, ces promesses ne sont pas tenues et quand elles le sont ces constructions sont généralement précaires.
Greenpeace dénonce les contrats honteux de l'industrie forestière en Congo avec une action au parc du Cinquantenaire à Bruxelles
Des militants de Greenpeace au parc du Cinquantenaire à Bruxelles dénoncent les contrats honteux de l'industrie forestière en Congo.
Endénonçant ces opérations de troc injustes,Greenpeace entend
inciter la Belgique à aider les autoritéscongolaises à éviter
l'expansion d'une exploitationforestière menaçant l'intégrité
del'environnement et n'apportant aucun développement
auxpopulations. Cette action coïncide avec la publication
d'unrapport abordant entre autres les pièges du modèleéconomique
proposé à la RDC par la Banquemondiale (1). Un modèle qui pour
Greenpeace accorde trop decrédit à l'exploitation
forestièreindustrielle et entrave le développement d'alternatives
aupillage des ressources naturelles. Ce rapport sera remis dans
lajournée aux ministres Reynders et De Decker qui pilotent, pource
dossier, l'action belge au sein de la Banque mondiale. L'actionde
Greenpeace s'est terminée par le déploiement -depuis l'arcade du
Cinquantenaire - d'une banderole demandantl'arrêt du pillage des
forêts congolaises.
Présentede manière régulière en RDC depuis quelquesannées,
Greenpeace a pu recueillir de nombreux témoignagesconcernant ces
trocs défavorables à la populationcongolaise. Les compagnies
forestières signent des contratsinéquitables avec les communautés
locales, s'emparentd'arbres sans que ces dernières ne réalisent
leurvaleur commerciale. Des compensations sont envisagées
(entreautres création d'écoles et de dispensaires) mais dansla
pratique, ces promesses sont rarement ou mal tenues.
Greenpeacedétient des contrats qui permettent de se faire une
idéede l'inégalité de ces trocs: à peine 100 dollarsen petit
matériel contre des droits d'exploitation forestièrede plusieurs
centaines de milliers de dollars (2) .
« L'impactde ces marchés de dupes est largement renforcé
parl'incapacité actuelle de l'administration congolaise àcontrôler
efficacement les activités de l'industrieforestière. Ce qui fait
que ce secteur à les coudéesfranches, commente Philippe Cornélis
dela campagne Forêts de Greenpeace, et c'est pourquoi, il fauten
geler l'expansion. Des outils (moratoire et révision de lalégalité
des titres forestiers) ont étémis en place à cette fin et doivent
être appliquésrigoureusement voire renforcés. Les bailleurs de
fonds commela Belgique peuvent y veiller. Greenpeacedemande entre
autres l'annulation des titres forestiers octroyésdepuis mai
2002. (3)»
« Carvingup the Congo », le rapport publié parGreenpeace - et
lancé à quelques jours de la réunionde Printemps de la Banque
mondiale (4) - analyse les failles dumodèle proposé par ce bailleur
de fond incontournable.
« LaBanque mondiale reconnaît que les conditions de base pour
uneexploitation forestière responsable sont absentes en RDC
maisincite les autorités congolaises à voir en cetteindustrie une
source de développement pour la population...C'est une illusion de
croire que l'industrie du bois de lutter contrela pauvreté, conclut
Philippe Cornélis. »
Encréant des routes et des voies de débardage,l'industrie
forestière contribue à enclencher lesmécanismes de destruction
environnementale.On estime ainsi que la RDC - qui estactuellement
le cinquième pays au monde en termes debiodiversité - risque de
perdre 40% de ses forêts, d'ici2050. Or, ces forêts jouent
actuellement un rôle capitaldans la survie de quelque 40 millions
de Congolais.
Plusde 20 millions d'hectares de forêts y sont d'ores et
déjàattribués à des exploitants forestiers, ce qui équivautà sept
fois la Belgique. Et ce, avant même que la RDC nese soit dotée d'un
plan de zonage participatif cohérent,permettant d'établir - en
concertation avec la population -quelles zones sont à préserver en
priorité.
Quantà leur importance pour le climat, elle ne fait aucun
doute.Les forêts de RDC abritent une quantité de carbone qui -si
elle était complètement libérée -équivaudrait à environ deux fois
les émissionsannuelles de CO2 anthropogéniquede l'ensemble de la
planète (5).
Lerapport de Greenpeace a été présenté àla presse dans le Congo
Express qui sillonnera le pays en maiprochain avec une exposition
photo consacrée àl'exploitation forestière en RDC.
Notes: 1) Lien vers le rapport: http://www.greenpeace.org/belgium/fr/press/reports/congoLe rapport sera remis à 16h à Armand De Decker, ministre de la Coopération au développement (et à 15h15 au cabinet Reynders, ministre des finances).
2) Différentes études de cas se trouvent dans le rapport « Carving up the Congo », des exemples de contrats sont disponibles via le service de presse3) Informations complémentaires sur le site http://www.greenpeace.org/afrique
4) La thématique des forêts africaines figure à l’agenda de la réunion de la Banque mondiale qui se tient à Washington ces 14 et 15 avril 2007.
5) cf. Hoare Alison L., Clouds on the Horizon: The Congo Basin's Forests and Climate Change Rainforest Foundation, February 2007 Le lien entre les forêts africaines et le climat est également développé dans le rapport Carving up the Congo.