Principale ligne de force du plan
Greenpeace soutient pleinement l'engagement politique visant à
stimuler l'essor des énergies renouvelables. « La réalisation de
l'objectif de 20% d'énergies renouvelables (d'ici 2020),
constituera une étape cruciale vers un futur énergétique propre,
sûr et débarrassé des technologies polluantes comme le charbon et
le nucléaire, commente Fawaz Al Bitar, de la campagne
Climat/Energie de Greenpeace. »
Principales faiblesses du plan
L'ensemble du plan est basé sur un objectif insuffisant de
réduction de 20% de GES d'ici 2020 (année de référence 1990)
« Beaucoup de mesures progressives sont proposées mais il est
regrettable que le plan ne s'articule pas autour d'un objectif de
réduction de 30%. En suivant l'objectif du plan (-20% de GES d'ici
2020), les états membres et l'industrie baseront leurs efforts sur
un objectif de réduction inadéquat et ne répondant pas aux
prescriptions définies par le GIEC (groupe d'experts internationaux
des Nations unies travaillant sur le climat) et ne permettant pas
de lutter efficacement contre les changements climatiques.»
L'Union européenne a heureusement prévu un mécanisme permettant
de renforcer cet objectif dès la conclusion d'un accord
international sur le climat.
Inscrite dans le cadre des 20% d'énergies renouvelables,
l'obligation d'utiliser 10% d'agrocarburants dans le secteur des
Transports inquiète. Les normes définies par la Commission ne
suffisent pas à en garantir une production durable, sans impact
négatif sur l'environnement ou les droits sociaux.
Le train de mesures annoncé aujourd'hui prévoit aussi de
nouvelles règles pour le trading des émissions de l'UE, applicables
après 2012.
« La Commission entérine quelques uns des principaux défauts des
règles actuelles de trading. » Il est, en effet, essentiel de
réduire le nombre de permis carbone à distribuer gratuitement et
d'imposer des règles identiques pour tous les secteurs industriels.
Et ce, que leurs activités soient localisées ou non en Europe.
Mais, en abondant dans le sens de l'industrie, la Commission
cautionne consciemment des échappatoires à sa propre proposition.
« Nous allons à présent nous adresser aux parlementaires européens
et aux gouvernements de l'UE pour les éliminer, conclut Fawaz Al
Bitar.»
Greenpeace estime qu'il y aura toujours pour les états membres
et l'industrie, trop de possibilités de réaliser l'effort de
réduction en dehors des territoires nationaux.
Pour Greenpeace, l'objectif à atteindre doit être de - 30% de
GES (d'ici 2020, année de référence 1990) et il doit être atteint
au sein des frontières de l'Union européenne. C'est seulement après
avoir rempli ces conditions que l'on pourra envisager de poursuivre
l'effort en dehors des frontières UE.
Greenpeace est également préoccupée par la position exprimée par
la Commission en matière de capture et de séquestration du carbone
(CCS). Cette technologie onéreuse est encore loin d'avoir fait ses
preuves et pourrait encourager la construction de nouvelles
centrales au charbon, sous prétexte qu'elles seraient en mesure
d'assurer une capture du carbone.
Belgique et Energy Package
La contribution belge à l'objectif de 20% d'énergies
renouvelables au sein de l'Union européenne devrait s'élever à
13%. Cette contribution à l'effort européen est potentiellement et
économiquement tout à fait réalisable. Cette perspective a
cependant déjà soulevé une levée de bouclier de la fédération des
entreprises belges (FEB). La FEB semble avoir trouvé en Guy
Verhofstadt un émissaire de poids. Ce dernier a en effet plaidé
pour un effort belge limité à 7 ou 8%. Pour Greenpeace, l'actuel
Premier ministre semble avoir la mémoire courte. Lors du Sommet
européen de mars dernier, il a en effet défendu ouvertement
l'objectif pour l'UE de 20% de renouvelables en 2020. La traduction
de cet objectif dans la réalité belge semble toutefois lui poser
subitement problème. Et ce, alors que la Belgique présente toujours
un retard considérable en matière d'énergies renouvelables. Ne pas
accepter pour la Belgique un objectif ambitieux se soldera par un
nouveau retard dans ce domaine prometteur notamment en termes
d'emplois.
C'est pourquoi Greenpeace demande, à Paul Magnette, actuellement
responsable du Climat, de revoir la position exprimée par le chef
du gouvernement et d'accepter pour la Belgique, un objectif
ambitieux pour les renouvelables. Les mesures permettant
d'atteindre cet objectif doivent de plus, être rapidement mises en
place.
Téléchargez un document présentant l'analyse de l'Energy Package
par Greenpeace.
Notes: 1) Greenpeace préconise une réduction de 30% des émissions de GES de l’Union, à l’horizon 2020 (par rapport à 1990) car cet objectif renvoie à la nécessité de maintenir l’augmentation des températures planétaires sous les 2° Celsius (par rapport à la période pré-industrielle). Par ailleurs, l’objectif de réduction de 20% défendu par la Commission européenne semble peu ambitieux si on le compare avec l’objectif accepté à Bali qui imposerait aux pays industrialisés des réductions de GES de 25 à 40%, d’ici 2020.