200 activistes bloquent le conseil des ministres des pêches

Communiqué de presse - 16 décembre, 2007
Depuis ce matin 8h30, 200 activistes provenant de 14 pays européens bloquent les 7 entrées du Conseil de l’Europe à Bruxelles, où devait se tenir la première journée du Conseil des Ministres pour se prononcer sur les Totaux autorisés de captures (TAC) pour 2008. Les Ministres ne peuvent pas rentrer. Le conseil est suspendu. Un mur de béton est en train d’être édifié par Greenpace devant l’entrée principale. On y lit le message suivant “Fermé jusqu’au rétablissement des stocks de poissons”.

Parcette action forte, c'est l'incompétence des ministres européens dela pêche qui est visée. Letrès lourd passif d'irresponsabilité du Conseil en lamatière ne permet malheureusement pas d'espérer queles mesures prises ces prochains jours aillent dans le sens d'unepêche écologiquement et économiquement durable.

PourGreenpeace, le mode actuel d'accordentre Etats-membres sur les niveaux de captures doit êtreprofondément réformé. « CeConseil des pêches se révèle être chaqueannée une catastrophe pour la pérennité despêcheries,déclare Saskia Richartz, conseillère politique deGreenpeace pour les questions européennes. Amoins que les choses ne changent drastiquement et que le pouvoir dedécision soit cédé aux Ministres européensde l’environnement, celles-ci vont faire face à uneffondrement écologique et économique !

 »

Depuisle début des années 1980, l'incompétence duConseil des pêches se traduit par un déclin alarmant desstocks de poissons (1). Année après année, lesministres s'assoient sur les avis des scientifiques et mettent enpièce les recommandations de la Commission (2)enfixant en décembre, lors d'un grand marchandage, des niveauxde prélèvement qui vident les mers de leurs poissons.De plus, selon une étude récente commandée parla Direction générale de la pêche et des affairesmaritimes de la Commission, les pêcheries européennessont parmi les moins durables et les moins rentables au monde (3).

« Sile Conseil des pêches européen était uneentreprise privée, ses directeurs auraient étédepuis longtemps licenciés pour négligence etirresponsabilité !

dit Stéphan Beaucher, responsable de la campagne océanspour Greenpeace France.

Le conseil des pêches n’a réussi à instaurerdans ce secteur ni rentabilité économique, niprotection environnementale ou pérennité des stocks. Ilest plus que temps de passer à un autre mode de gestion.

 »

PourGreenpeace, les prochaines décisions liées à lapêche devraient être soumises à un droit de regardpublic et se faire selon les modalités suivantes :

-Tous les TAC devraient être égaux ou inférieursaux recommandations des scientifiques. Concernant les stocksexploités bien au-delà de leurs seuils biologiquesd'exploitation, l'effort de pêche doit être amenéà un niveau très bas et accru une fois seulement que lerecouvrement du stock est prouvé. A terme, tous les stocksdoivent être exploités en dessous de leur taux derendements maximal (MSY).

-Pour 2008, les TAC nationaux devraient être mis en conformitéavec les règles précédemment énoncéeset avec les standards européens de protection marine, enparticulier celles sur les aires protégées.

-Enfin, seule la création d'un large réseau deréserves, des aires protéges fermées auxactivités destructrices et extractives, dont la pêche,et couvrant de 20 à 50% de la surface des mers et océanspermettra de régénérer la biodiversitémarine. Les Etats-membres s'étaient engagés àcréer un tel réseau avant 1998… Il n'en a rienété : ils ont continué à couriraprès des bénéfices à court terme sans semettre en conformité avec les lois de conservation de l'UnionEuropéenne.

Notes: (1) Cette année, la Commission européenne a rapporté que « 80% des stocks se situent au-delà de leurs limites biologiques connues. Le nombre de stocks pour lesquels un TAC zéro est conseillé est stable, à 13. Les décisions de TAC sont en moyenne bien supérieures aux recommandations scientifiques, bien que le pourcentage varie en fonction des stocks. Cela a conduit à de faibles baisses de l’impact de la pêche. Seulement trois stocks soumis à TAC (le haddock de la mer du nord, le Lieu noir de la mer du nord et la Cardine franche de la baie de Biscaye) sont exploités selon les engagements sur le taux de rendement maximal pris au Sommet des Nations Unies sur le développement durable de Johannesbourg en 2002. » (COM (2007)295)Vers le communiqué de presseL’Agence Européenne de l’Environnement signale qu’entre 22 et 53 % des stocks commercialement exploités dans l’Atlantique du Nord-Est sont au-delà de leur seuil biologique d’exploitation.. Les stocks de poissons de la mer du Nord sont les plus touchés (53%). Par ailleurs, ces chiffres masquent les pertes les plus tragiques de la vie marine, comme le déclin de 90% des grands prédateurs (thon, espadon et cabillaud).L’état préoccupant des stocks de poissons européens se traduit par la baisse progressive des prises jusqu’à environ 1 million de tonnes aujourd’hui. (2)La Commission européenne a calculé que les captures se situaient en moyenne 50% au-dessus des recommandations des scientifiques. (COM (2007)295)(3)« Reflexions sur la Politique Commune des Pêches européenne », rapport à la Direction générale des pêches et des affaires maritimes de la Commission européenne. Michael Sissenwine et David Symes, Juillet 2007. Téléchargez le rapport "Reflections on the common fisheries policy"

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