Délivrée pour 10 ans en 1998, l'autorisation de culture du
MON810 a expiré.L'Union européenne va devoir se prononcer
prochainement en vue de sonrenouvellement (1). C'est dans ce
contexte que l'EFSA a publié, fin juin, unavis qui estime le MON810
sans risque (2).Or, une analyse scientifique de cet avis,
commanditée par Greenpeace et les Amisde la Terre, révèle de
sérieuses erreurs et omissions de l'EFSA. Ces« anomalies » sont
telles que les conclusions de l'agence européenne devraientêtre
remises en question (3).
Cette analyse critique révèle notamment que l'EFSA :
- ignore ou minimise les recherches démontrant que l'insecticide
produit par cemaïs OGM pourrait être préjudiciable pour les
papillons et autres insecteseuropéens. Au lieu de cela, l'EFSA
recommande de prendre des « mesures degestion » non spécifiées pour
les zones qui abritent papillons et papillons denuit ;
- refuse d'admettre les incertitudes scientifiques et
l'existence de rapportsquestionnant 'impact environnemental et
sanitaire de ce maïs ;
- ignore les études de scientifiques qui remettent en question
la sécurité de cemaïs et ce même si ces études ont fait l'objet
d'évaluation par d'autresscientifiques;
- fait référence à des recherches portant sur des cultures
transgéniquescomplètement différentes pour affirmer que le MON810
est sans danger ;
- n'examine pas les risques liés aux nouvelles protéines
inconnues générées dansle maïs lors de la transgenèse.
Six États membres, dont la France, l'Allemagne et le Luxembourg
ont déjàinterdit la culture du MON810 sur leur territoire.
« L'EFSA a, une fois de plus, violé son mandat. Soit cette
agence souffre d'unsérieux manque d'expertise scientifique, soit
elle joue un jeu politique trèsrisqué pour notre santé et
l'environnement. Les preuves de la nocivité du maïsOGM sont
nombreuses. C'est pourquoi, il devrait être banni des
champseuropéens » s'indigne Maurice Losch, de la campagne
Agriculture Durable deGreenpeace.
Des gouvernements nationaux se sont également plaints de la
qualité du travailde l'EFSA et ont exprimé leurs craintes quant à
la sécurité de ce maïs. Plusrécemment, le gouvernement français a
déclaré qu'il ne pouvait pas accepterl'avis de l'EFSA sur le
MON810.
En mai 2009, douze États membres ont écrit à la l'agence
européenne afin de luifaire part de leurs inquiétudes concernant
les travaux en cours.
« La Commission n'a pas d'autre choix que de rejeter l'avis de
l'EFSA, interdirela culture du MON810 et chercher une autre
autorité officielle capable dedonner des avis scientifiques non
biaisés ! » conclut Maurice Losch deGreenpeace Belgique.
Notes: (1) Cette culture a été approuvée sous une législation antérieure qui, depuis, a été significativement renforcée.(2) http://www.efsa.europa.eu/EFSA/efsa_locale-1178620753812_1211902628240.htm(3) Cotter, J. & Mueller, W. 2009. , A critique of the European Food Safety Authority’s opinion on genetically modified maize MON810. Greenpeace Research Laboratories Technical Note 05/2009. Commandé conjointement par Greenpeace et les Amis de la Terre Europe.http://www.greenpeace.org/belgium/fr/press/reports/gmo-maize-efsa