Greenpeace en justice pour déterminer l'ampleur de ce qu'Electrabel doit aux Belges

Communiqué de presse - 22 octobre, 2008
En réponse au refus de la CREG (Commission de Régulation de l'Electricité et du Gaz) de communiquer les éléments qui permettraient de faire la clarté sur les sommes dues par Electrabel aux consommateurs, Greenpeace lance aujourd'hui une procédure judiciaire devant le tribunal de première instance de Bruxelles. Cette action en justice est également rendue nécessaire par l'apathie des autorités belges à appliquer la loi sur la publicité de l'administration. Pour l'association de défense de l'environnement, la clarté doit être faite et les bénéfices illégitimes d'Electrabel affectés aux énergies renouvelables.

En mars 2008, Greenpeace s'est adressée à la CREG pour obtenir les documents qui permettraient d'estimer correctement les bénéfices illégitimes d'Electrabel (1) . Le régulateur s'est retranché derrière le droit des entreprises à la confidentialité "d'informations relatives aux coûts et à leur rentabilité" pour ne pas transmettre ces documents. Greenpeace s'est alors adressée à la Commission d'accès aux documents administratifs. Sa requête est également restée sans réponse. Rien de plus normal : le gouvernement a omis d'en nommer les membres...

L'argumentation développée en justice par Greenpeace est basée sur la défense de l'intérêt général d'où découle la nécessité de rendre ces documents publics. Le consensus est, en effet, très large sur la nécessité de récupérer les bénéfices illégitimes d'Electrabel-Suez-GDF pour les affecter majoritairement au développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique. Syndicats, associations de consommateurs et organisations environnementales ont interpellé le gouvernement en ce sens en juin dernier (2).

Ce nouveau développement intervient alors qu' Electrabel lance une nouvelle offensive de séduction du public sous forme d'une campagne publicitaire « Ensemble pour moins de CO2 » tout en omettant d'informer le consommateur sur les investissements de Suez dans des centrales au charbon à l'étranger. En Belgique, Electrabel continue à produire de l'électricité au départ de sources polluantes. 65% de l'électricité produite en Belgique proviennent des centrales au charbon ou des réacteurs nucléaires d'Electrabel, très majoritairement atteints par la limite d'âge. Le régulateur vient par ailleurs de rappeler par voie de presse qu'une "taxe corrective" doit être imposée aux producteurs d'électricité suite à "l'attribution gratuite de quotas de CO2". Pour cet aspect des windfalls profits, l'estimation de 1.217 milliards d'euros est avancée par le régulateur. Pour Greenpeace, il est temps de mettre un terme à la mainmise d'Electrabel sur le marché de l'énergie en Belgique.

Notes: 1) Les consommateurs belges ont été mis à contribution pendant plus de 30 ans pour rembourser anticipativement les investissements dans le secteur électrique. Rien n'a été fait à ce jour pour récupérer ces sommes qui, selon les estimations de la CREG, s'élèveront en 2025, à plus de 11 milliards d'euros. Les documents réclamés à la CREG sont :- « Affectation de la recette globale de l'activité Production et Interconnexion-Transport d'électricité», pour les années 1971 à 2006 ,- « Affectation de la recette globale de l'activité Distribution d'électricité», pour les années 1971 à 2006.2) Communiqué de presse du 4 juin 2008 : http://www.greenpeace.org/belgium/fr/press/releases/electrabel-protest