Communiqué de presse - 12 octobre, 2009
L'annonce d'une prolongation de la durée de vie des trois plus anciens réacteurs semble maintenant une évidence. Cette prolongation de dix ans se justifierait par des probables problèmes d'approvisionnement, ce qui est contredit par l'étude GEMIX. L'art 9 sur la loi de sortie du nucléaire ne pouvant dès lors pas être invoqué, c'est au Parlement de se prononcer.
Pour Greenpeace, il est à retenir que les données chiffrées de
l'étude GEMIX démontrent que la fermeture des trois plus anciens
réacteurs nucléaires en 2015 est bel et bien possible. C'est ce qui
ressort de la liste des investissements planifiés dans les
nouvelles centrales et dans les énergies renouvelables qui s' y
trouve. Le professeur Eichhammer, co-auteur de l'étude, estime pour
sa part que si la Belgique respecte la première phase de la loi sur
la sortie du nucléaire et adopte des mesures d'efficacité
énergétique, Tihange 1, Doel 1 et Doel 2 peuvent être fermés en
temps voulu. (voir étude GEMIX p.61).
« Le gouvernement a sciemment nié les éléments de son étude,
déplore Jan Vande Putte de Greenpeace, et fait ainsi preuve d'une
vision à court terme de notre avenir énergétique. La décision
annoncée aujourd'hui n'a rien à voir avec le traitement d'un
problème d'approvisionnement ou la pose d'un jalon dans une
politique énergétique digne de ce nom. »
L'annonce qu'Electrabel doit restituer annuellement entre 215 et
245 millions d'euros est fallacieuse. En réalité, la rente
nucléaire tourne au minimum autour du milliard d'euros annuel. Le
professeur De Keuleneer l'évalue entre 1,2 et 1,4 milliard
d'euros/an. La contribution d'Electrabel au budget de l'Etat se
résume donc à des cacahuètes si on la compare aux sommes colossales
qui ont abouti dans l'escarcelle de l'électricien historique depuis
la libéralisation du marché. D'autre part, cette rente nucléaire
n'est rien d'autre qu'une correction de tarifs anormalement élevés
pratiqués dans le passé. Il n'est par conséquent pas normal de la
lier avec une prolongation du nucléaire.
« En cédant à la pression budgétaire, le gouvernement ne libère
pas la Belgique du risque nucléaire, renforce le monopole de fait
d'Electrabel et risque de tuer dans l'œuf, les investissements dans
les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, ce qui à
terme pourrait nous priver d'un véritable gisement d'emplois. »
Comme le gouvernement ne peut pas montrer que la prolongation
est justifiée par de réels problèmes d'approvisionnement,
l'exception prévue par l'art. 9 de la loi de sortie du nucléaire ne
peut pas être invoquée. Cet article envisage la prolongation de la
durée de vie des centrales nucléaires en cas de nécessité avérée.
Le gouvernement ne peut pas décider seul de modifier cette
disposition légale, un projet d'amendement de la loi doit être
rentré au parlement.
« Le débat parlementaire sera un moment crucial pour démontrer
que la proposition gouvernementale ne repose sur aucun élément
probant, conclut Jan Vande Putte. Les parlementaires ont plus
jamais l'occasion de démontrer l'importance de leur rôle. »