Des militants de Greenpeace ont investi les installations de l'entreprise Vanden Avenne, qui fabrique des mélanges et fait partie du TOP5 du secteur
Des militants de Greenpeace ont investi les installations de l'entreprise Vanden Avenne, qui fabrique des mélanges et fait partie du TOP5 du secteur.
L'action entreprise ce matin à Ooigem s'inscrit dans le cadre
d'une campagne internationale visant à établir le lien existant
entre la déforestation en Amazonie et l'expansion de la culture
industrielle de soja dans ce réservoir exceptionnel de
biodiversité. Elle suit l'action récemment entreprise dans le port
de Gand contre Cargill (2). Le soja brésilien arrive en effet à
Gand avant d'être intégré dans les mélanges destinés aux animaux
par des entreprises comme Vanden Avenne.
« Notre présence s'explique par l'apathie affichée par les
fabricants de mélanges lorsqu'ils doivent envisager l'adaptation
des rations, commente depuis Ooigem, Veerle Dossche, responsable de
la campagne Forêts. L'avancée rapide de la frontière agricole en
Amazonie, nous contraint à poser à nouveau la question. »
La présence en Amazonie de ténors de l'agro-alimentaire comme
Cargill laisse présager une amplification des impacts actuellement
observés sur l'environnement dans les pays producteurs de soja (2).
Une denrée dont l'industrie des mélanges pour animaux est grande
consommatrice.
« Dans les états producteurs de soja d'Amazonie brésilienne,
explique Philippe Cornélis, de la campagne Forêts de Greenpeace,
feux de forêt et coupes à blanc sont légion et la biodiversité est
perdante à tous les coups. On peut d'autre part anticiper les
conséquences d'une forte utilisation de pesticides. Ceci sans
parler des atteintes liées à la multiplication d'infrastructures
routières destinées à favoriser le transport du soja vers les pays
importateurs. La situation en Argentine (3) - qui s'est lancée en
1996, tête baissée dans la culture industrielle et destinée à
l'exportation de soja OGM - est éloquente: pas de développement
supplémentaire pour les populations locales qui se trouvent
confrontées à un déséquilibre alimentaire et une pauvreté
croissante. »
Greenpeace a posé le problème de la déforestation de l'Amazonie
via la culture industrielle du soja au secteur et à l'APFACA, la
fédération professionnelle des fabricants d'aliments composés pour
animaux, présidée par Patrick Vanden Avenne, ladministrateur
délégué de l'entreprise d'Ooigem.
« Trop souvent, le secteur se dédouane en rappelant qu'il
utilise des sous-produits (3). Comment peut-on encore parler de
sous-produits quand on sait que le gros de la production de soja
est destinée à l'alimentation animale? Des géants de
l'agro-alimentaire ne se seraient pas précipités en Amazonie s'ils
n'avaient pas flairé d'importants profits, analyse Veerle Dossche.
»
Greenpeace demande dès lors au secteur de l'alimentation animale
d'évincer des rations le soja provenant d'Amazonie et le soja OGM.
Il est urgent d'établir une meilleure traçabilité du soja. Les
consommateurs n'ont pas envie de consommer des produits laitiers ou
de la viande au détriment de l'environnement et des populations
locales de pays producteurs comme le Brésil ou l'Argentine.
Notes:
1) On peut y lire entre autres 'Vanden Avenne: don't trade Amazon destruction'
2) cf. communiqué de presse. Greenpeace 8 avril 2006. Greenpeace a par ailleurs lancé un rapport (Eating up the Amazon) précisant la menace qui pèse sur l'Amazonie. Par ailleurs, la brochure “Culture intensive de Soja en Amérique latine: impacts sur l'environnement et le tissu social, mars 2006” permet de mieux cerner le problème. Le tout est disponible sur le site www.greenpeace.be
3) Analyse de la situation en Argentine dans le document: Rust, Resistance, Run Down Soils, and Rising Costs – Problems facing Soybean Producers in Argentina: Charles Benbrook – Benbrook Consulting Servies Ag Bio Tech InfoNet, January 2005. Disponible sur le site www.greenpeace.be
4) Courrier à Greenpeace du 9 mars 2006