Communiqué de presse - 6 mai, 2008
Greenpeace a prévu aujourd'hui un accueil festif à la réception organisée au Flagey par FEDIS, la fédération du secteur de la distribution, à l'occasion de son 30ème anniversaire. Des militants, revêtus de costumes de porcs ou de vaches ont distribués des zakouskis. Les invités avaient le choix entre une sauce OGM et une autre garantie sans organismes génétiquement modifiés. Par cette action ludique, Greenpeace demande à la distribution alimentaire de maintenir l'exigence de mélanges pour animaux sans OGM auprès de ses fournisseurs de viande, poissons, œufs et produits laitiers.
Il est, eneffet, possible que l'on ne trouve bientôt plus de
viande, depoisson ou d'œufsproduits au départ d'animaux élevés sans
OGM, etce, hors du circuit bio. Pendant plusieurs années,
Carrefour,Colruyt et Delhaize ont exigé de leurs fournisseurs
desmélanges pour animaux sans OGM. Il semble aujourd'hui quecette
exigence soit sur le point d'être rayée descahiers des charges. Ces
ténors de la distribution se sententle dos au mur depuis que les
fabricants de mélanges ont cesséd'intégrer l'exigence du non-OGM
dans leur propre cahier descharges. Pour l'APFACA, la fédération
des fabricantsd'aliments pour animaux, une production sans OGM
n'est plusenvisageable suite à la hausse des prix et à
lacontamination croissante du soja non-OGM brésilien. Greenpeacene
nie pas le problème. Les cultures de soja non
transgéniquessubissent une pression considérable et de
nombreusesprécautions doivent être prises pour éviter
lacontamination génétique. Les récoltescontaminées sont vendues à
un prix moindre.
« Lesproducteurs de non-OGM paient cash les problèmes inhérentsà
la production d'organismes génétiquementmodifiés,commente
Marc-Olivier Herman, directeur des campagnes de Greenpeace.LeBrésil
continue malgré tout à produire dunon-OGM (40% de la production).
Cela représente quelque 25,5millions de tonnes de soja. De quoi
maintenir l'exigence dunon-OGM! » Actuellement,le soja non-OGM
coûte environ 40 € de plus par tonne(1).Des contrôles organisés
tout au long de la filièredevrait permettre de mieux maîtriser la
contamination. « Noussommes certains que le secteur alimentaire
aura à cœurde répondre aux préoccupations sociétales deleurs
clients même si cela représente un déficonsidérable. »
Unrécent sondage européen a démontré que55% des Belges sont
opposés aux OGM pour environ 20% departisans(2).« Jusqu'àprésent,
le secteur de la distribution considéraitqu'il lui incombait de
garantir le choix des consommateurs,poursuit Marc-Olivier Herman.
Nousleur demandons de s'en tenir à ce principe et d'investir dansle
maintien de la filière non-OGM. Des sources locales deprotéines
peuvent également être prises enconsidération comme le trèfle ou
les lupins. »
En Amériquelatine, la culture intensive du soja est synonyme de
déforestation,de perte de biodiversité et est indissociable d'un
usageintensif de pesticides. Des études scientifiques
récentesdémontrent que l'impact du soja OGM sur l'environnement
estconsidérable (3). Lesoja OGM est manipulé pour tolérer le
principe actif del'herbicide, commercialisé par Monsanto sous la
dénominationRound Up, à savoir le glyphosate. Selon
différentesétudes, l'utilisation de ce type de soja coïncide
avecune utilisation accrue d'intrants chimiques. A titre d'exemple,
enArgentine, en 2003-2004, on a utilisé 56 fois plus deglyphosate
pour le soja qu'en 1996-1997, année d'introductiondes cultures OGM.
L'utilisation uniforme de ce principe actif conduità l'apparition
de résistances. Pour y faire face, lesproducteurs utilisent de plus
en plus d'autres désherbants. Denombreux documents démontrent
également que lescultures OGM se soldent par un appauvrissement des
sols.
Notes: 1) 432 €/T au lieu de 393 €/T le 11/04/2008. 2) Eurobarometer Special Survey 295 “Attitudes of European citizens towards the environment” (maart 2008), http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/ebs/ebs_295_en.pdf 3) Benbrook, C.: Rust, Resistance, Run Down Soils and rising costs. Problems Facing Soybean Producers in Argentina. Ag Biotech Infonet. Technical Paper number 8, 2005 p. 4. http://www.greenpeace.org/raw/content/belgium/nl/press/reports/rust-resistance-run-down-soi.pdf