Communiqué de presse - 10 septembre, 2009
Paul Magnette, ministre fédéral de l'Energie a déclaré dans l'édition du Standaard de ce matin que la loi sur la sortie du nucléaire n'est pas une « loi-Taliban ». Il se range ainsi du côté des socialistes ouverts à une remise en question de la loi que leur parti avait pourtant votée en 2003... Or, cette loi prévoit une sortie phasée du nucléaire. Les trois réacteurs qui devront fermer en 2015 ne représentent pas plus de 10% de notre capacité de production. Ne pas le faire reviendrait à hypothéquer davantage la mise en œuvre des énergies alternatives appelées à prendre le relai du nucléaire.
La mise en œuvre de la loi sur la sortie du nucléaire dépend
largement du contexte politique qui l'entoure. Lorsque Paul
Magnette constate que la production d'énergies alternatives est à
la traîne, il peut adopter deux attitudes. La plus raisonnable
serait de s'atteler à l'émergence de ces énergies. La moins
raisonnable serait de profiter de la faille existante dans la loi
sur la sortie du nucléaire : l'approvisionnement.
« C'est malheureusement cette seconde voie qu'il semble vouloir
emprunter », déplore Jan Vande Putte de la campagne Climat/Energie.
« Il n'y a aucune raison de ne pas respecter les termes de la loi
votée en 2003. Cette loi prévoit une sortie phasée du nucléaire. La
fermeture en 2015, des trois plus petits réacteurs - ce qui ne
représentent pas plus de 10% de notre capacité de production - est
parfaitement envisageable. S'accrocher à ces réacteurs
vieillissants est une erreur de jugement et renforce le risque
nucléaire. »
Une politique énergétique bien comprise devrait aujourd'hui
placer les investissements permettant l'essor des énergies
renouvelables à l'avant-plan. L'interconnexion des parcs éoliens en
mer du Nord et leur intégration sur le réseau est un projet
prometteur qui mériterait toute l'attention de nos décideurs.
L'efficacité énergétique qui devrait permettre aux famille et aux
entreprises de consommer moins d'électricité mérite en cette
période d'austérité budgétaire plus que jamais d'être une priorité
gouvernementale. Beaucoup reste également à faire en matière
d'écofiscalité...
En admettant dans le Standaard que son étude G-MIX visait
surtout à gagner du temps pendant la période électorale, Paul
Magnette devrait réaliser qu'il a manqué une occasion de réfléchir
sérieusement au mix énergétique qui pourrait permettre à la
Belgique de sortir progressivement du nucléaire dans le temps
imparti par la loi.