Communiqué de presse - 2 octobre, 2007
Greenpeace a pris connaissance par voie de presse de l’arrivée en Belgique de 5 à 8 kilos de déchets hautement radioactifs en provenance d’Espagne (1). Les déchets ont été transportés jusqu’au Centre d’étude nucléaire (CEN), à Mol. Contractuellement, ce centre doit en vérifier la teneur et la ‘bonne tenue’. Les déchets espagnols seront par la suite probablement transportés à Dessel (Limbourg) pour stockage définitif. Greenpeace rappelle la dangerosité de ces manipulations inhérentes à la production d’énergie nucléaire. Si les informations qu’elle a récoltées aujourd’hui s’avèrent exactes, l’état belge deviendrait propriétaire de déchets espagnols. Les déchets hautement radioactifs restant dangereux pendant des millions d’années, le contrat signé par le CEN (et assorti d’une autorisation de transport délivrée le 23 août dernier l'Agence fédérale du contrôle nucléaire donc sous la tutelle d'un ministre démissionnaire… ) implique financièrement la Belgique à très long terme (2)…
L'arrivée enBelgique de déchets hautement radioactifs espagnols
estsymptomatique des problèmes insolubles liés à laproduction
d'énergie au départ de combustiblesnucléaires. La libéralisation du
marché del'électricité et la fin des monopoles d'étatsne fait que
renforcer la perspective d'un carrousel nucléaireeuropéen comme la
création de zones 'poubelles'nucléaires.
Ainsi, les déchetsarrivés aujourd'hui en Belgique ont
étéproduits en Espagne. Cette situation contraste avec
celleprécédemment observée dans les années1980 et 1990. A l'époque,
des combustibles nucléaires- produits par BELGONUCLEAIRE - avaient
été rapatriésdans notre pays après utilisation dans des
centralesnucléaires en Suisse et aux Pays-Bas. La
Belgiqueenvisage-t-elle d'accueillir à présent desdéchets produits
par des tiers? C'est une desconclusions que l'on pourrait tirer du
précédentespagnol.
« Savoirqu’une cargaison de 5 à 8 kilos de combustible nucléairehautement radioactif circule presque incognito d’Espagne enBelgique est une chose inquiétante en soi ; comprendrequ’il incombera désormais à la Belgique de les gérerpendant des siècles en est une autre
, commenteJan Vande Putte de Greenpeace.
Il s’agitd’un précédent que nous devons combattre et notreorganisation examine en ce moment les recours juridiques possibles.
»
L'organisation dedéfense de l'environnement invite par ailleurs
les pouvoirspublics et l'opinion publique à se demander s'il
n'estpas grand temps de tourner définitivement le dos à uneénergie
aussi dangereuse et polluante que le nucléaire.
« Ilest essentiel de rappeler quel’industrie nucléaire n’a pas résolu le problèmede ces déchets hautement radioactifs et qu’il n’y a encette matière qu’une seule attitude possible : cesserd’en produire.
» L'Europe adéjà fort à faire avec les déchetshautement
radioactifs produits ces dernières années. Enrajouter - càd
prolonger la durée de vie descentrales nucléaires européennes et
belges - ne feraitqu'aggraver un problème loin d'être résolu.
Suffisamment d'étudeset d'analyses démontrent que l'on peut
révolutionnerle paysage énergétique européen et belge (3). La
Belgique a jusqu'ici insuffisamment exploré le filon deséconomies
d'énergies et de l'efficacitéénergétique.
Greenpeace espèrevivement que les pourparlers en cours pour la
formation d'unnouveau gouvernement déboucheront sur un accord
favorisant leséconomies d'énergie, l'efficacitéénergétique et le
développement d'énergiespropres et renouvelables tout en maintenant
la loi sur la sortie dunucléaire.
Notes: 1. El Pais, édition du 3 octobre 20072. Autorisation de transport obtenue le 23 août 2007 par l’Agence fédéral du contrôle nucléaire, signée par Patrick Dewael3. Différents scénarios énergétiques ont été récemment publiés par Greenpeace. Ils apportent un éclairage sur la question tant au niveau européen que belge. Tous ces rapports sont disponibles sur le site _www.greenpeace.be _ ou via le service de presse.