Communiqué de presse - 11 juin, 2007
Les Ministres européens ont décidé aujourd’hui, lors du Conseil de l’Agriculture, d’autoriser la contamination de l’agriculture biologique par des organismes génétiquement modifiés (OGM). Les Ministres ont en effet adopté une nouvelle loi qui permet d'octroyer le label Bio aux produits issus de l’agriculture biologique et contenant jusqu’à 0,9% d’OGM « accidentels ou techniquement inévitables » [1].
Manifestation au Parlement européen à Bruxelles pour denoncer l'importance croissante des ogm dans l'agriculture.
Lesgroupes environnementaux critiquent cette décision qui
bafouele droit du libre choix pour le consommateur.
L'agriculturebiologique est le mode de production agricole le plus
compétitifet le plus respectueux de l'environnement. En Europe, il
permet lacréation de nombreux emplois tout en bénéficiantd'un large
soutien public.
HelenHolder, responsable européenne de la campagne OGM pour
lesAmis de la Terre déclare : "Maintenant que l'Unioneuropéenne a
déclaré acceptables les traces decontamination génétique dans les
cultures biologiques,les agriculteurs biologiques vont rencontrer
des difficultéssans cesse croissantes pour maintenir leurs cultures
exemptes d'OGM.L'Union européenne doit sans délais introduire
unelégislation européenne qui protège l'agriculturebiologique et
conventionnelle de contaminations génétiques"
LeParlement européen et les groupes environnementaux
avaientréclamé un seuil de contamination de 0,1%. Ce quicorrespond
au seuil de détection le plus bas.
"Lacontamination dans certains pays non-européens, où lesOGM
circulent sans aucun contrôle, affecte dorénavant lechoix des
consommateurs européens. Comme le démontre lesuccès de
l'agriculture biologique, les consommateurs sontprêts à payer le
prix d'une nourriture de qualitésupérieure et exempte d'OGM.
L'attitude laxiste prise parla Commission Européenne et quelques
pays membres va àl'encontre des préférences exprimées par
lesconsommateurs européens et pourrait mettre en périll'entièreté
du secteur. En pratique, des petitesquantités d'organismes
génétiquement modifiéspourraient commencer à s'introduire dans tous
les produitsissus de l'agriculture biologique" explique Marco
Contiero,responsable politique à la cellule européenne
deGreenpeace.
LaCommission européenne prépare maintenant des mesures
derévision pour la ségrégation des plantes àusage commercial,
appelées "mesures de coexistence". Unrapport sur la manière dont
les pays mettent en applicationles lignes directrices de la
Commission européenne concernantles plantes génétiquement modifiées
sera publiéen 2008, au moment où le besoin d'une loi européennesera
le plus criant. Actuellement, il n'existe que des mesures auniveau
national dans divers pays européens.
MauroAlbrizio du Bureau Européen de l'Environnement explique
:L'agriculture biologique est un secteur en pleine effervescence,
quicrée des emplois et offre une garantie de protection
del'Environnement. Le seuil de 0,9% ne doit pas effacer le besoin
demesures anti-contamination strictes. Si l'Union
européennes'engage à préserver et soutenir le secteur
del'agriculture biologique, des mesures strictes, protégeant
lessecteur conventionnel et biologique de contaminations
génétiquessont nécessaires, avec, en cas de contamination
avérée,des amendes conséquentes pour les agriculteurs de la
filièreOGM et le secteur de la bio-technologie."
Notes: [1] La nouvelle loi tolère un seuil de contamination de 0,9% dans l'alimentation biologique pour autant que cette contamination soit “accidentelle” et “techniquement inévitable”. Cependant il est évident que la Commission européenne, mise sous pression pour adopter une attitude laxiste par rapport à la contamination, interprète en fait ce seuil de 0,9% comme étant une contamination “acceptable”. Le secteur biologique fonctionne pour le moment avec un seuil plus bas. Les réglementations européennes devraient soutenir les agriculteurs et les commerçants biologiques et leur permettre de maintenir les critères existants.