Communiqué de presse - 6 juin, 2005
Greenpeace publie un rapport basé sur différentes études scientifiques démontrant qu'il est parfaitement possible de nourrir les vaches laitières en se passant de soja et en limitant l’utilisation de maïs. Cette optique permet d'envisager une diminution des importations de soja qui se révèlent particulièrement destructrices pour l'environnement. La culture du soja en Amérique latine (Argentine et Brésil) se solde entre autres par une importante déforestation. L'adoption d'un plan de culture basé sur des ressources en protéines locales comme le trèfle assure, de plus, une parfaite rentabilité de l'exploitation agricole.
Lait respectueux de l'environnement - partie 1
Intitulé « Lait respectueux de l'environnement - Production
delait sans OGM durable et peu onéreuse », le rapport publié
parGreenpeace met en perspective une étude scientifique estimant
l'impactenvironnemental de la monoculture intensive de soja en
Argentine etdeux études démontrant la faisabilité d'une
alimentation animaleexempte d'OGM pour le secteur laitier belge.
(1)
Ce rapport analyse la possibilité pour le secteur laitier belge
de sepasser d'OGM dans l'alimentation animale. Un premier scénario
envisagela faisabilité de la ségrégation des filières OGM et
non-OGM et lesurcoût qu'elle engendre (2). Un coût supplémentaire
qui ne doit enaucun cas être supporté par les agriculteurs.
Un second scénario - préférable d'un point de vue
environnemental -envisage la production locale de protéines
assimilables par les vacheslaitières. L'analyse de l'impact
économique de cette reconversionpermet de conclure qu'en agissant
sur l'alimentation du bétail, il estpossible d'augmenter la
rentabilité des exploitations agricoles.
La présentation du rapport s'est déroulée à la ferme De Ploeg
(3) oùles vaches sont nourries au trèfle. « La gestion de
monexploitation agricole a été modifiée il y a deux ans environ,
commenteRonny Aerts, éleveur, en grande partie pour répondre à
l'attente de mesclients, soucieux de la qualité des produits
laitiers que nous vendons.Pour éviter le recours aux ingrédients
susceptibles de contenir desOGM, je cultive du trèfle qui remplace
avantageusement une source deprotéines comme le soja.»
La culture du trèfle permet en outre de limiter sensiblement les
fraisd'exploitation liés à l'utilisation intensive d'herbicides ou
d'engraischimiques.
«Une production locale en circuit fermé est clairement
plusrespectueuse de l'environnement, remarque Karen Janssens de
lacampagne OGM de Greenpeace Belgique. En effet, des données de
plus enplus précises permettent d'évaluer la menace que
représentent les OGMpour l'environnement. Ces dernières années,
rien qu'en Argentine, desmillions d'hectares de forêts ont été
sacrifiés pour céder aux sirènesd'une culture intensive de soja
transgénique. Si l'Europe, qui est undes principaux importateurs de
cette denrée, ne modifie pas sonapprovisionnement en protéines,
elle sera co-responsable d'unecatastrophe sociale et
environnementale en Amérique latine.»
Greenpeace a démontré avec ce rapport que l'utilisation d'OGM
produitsà des kilomètres de leur lieu de consommation est une
abérrationenvironnementale. Greenpeace espère que le secteur
laitier belgeacceptera de reconsidérer l'alimentation qu'il réserve
au bétail,répondant ainsi au souci des consommateurs et accroissant
la durabilitéde l'agriculture européenne.
Notes: 1)Rapport disponible sur www.greenpeace.be Le rapport est basé sur deux études, finalisées en avril 2005 et réalisées par le consultant agricole Wim Govaerts ainsi que par l'Université de Gand. L'étude d'impact environnemental a été menée en Argentine par le conseiller en économie agricole Charles Benbrook. Publiée en janvier 2005, elle est également disponible sur le site de Greenpeace. 2)Le service de presse de Greenpeace dispose d’un document résumant l’argumentation du rapport et les différents surcoûts. Ce document est disponible sur www.greenpeace.be. L'analyse détaillée se trouve dans le rapport.3) La ferme De Ploeg, à Blauberg-Herstelt.