Des militants de Greenpeace s´invitent à l´European Seafood Exposition 2007.
Selon la FAO, plus des trois quarts des stocks de poissons
présentant une valeur commerciale sont aujourd´hui soit pleinement
exploités, surexploités ou en voie d´extinction (1). A l´échelle
planétaire, des espèces comme les cabillauds, les thons et les
espadons ont déjà été pêchées plus que de raison (2). Toutes ces
espèces, comme des centaines d´autres, sont toujours sur les étals
de l´European Seafood Exposition 2007, la plus grande foire
mondiale du genre.
"Les poissonniers, leurs fournisseurs, les patrons d´usines de
transformation,les pêcheurs, tous ont une responsabilité commune :
s´assurer de la durabilité des produits vendus, commente, depuis
Bruxelles, Oliver Knowles, de Greenpeace Grande-Bretagne.
Malheureusement, beaucoup de firmes présentes à l´European Seafood
Exposition pillent des stocks de poissons surexploités, s´appuyant
sur des techniques parfaitement destructrices pour nos océans. Nous
sommes à Bruxelles pour les inciter à changer leurs méthodes.
Pêcher des poissons et des fruits de mer de manière durable n´est
pas uniquement profitable à l´environnement, c´est également bon
pour les affaires. Si rien ne change, les leaders du marché de la
mer se mettront eux-mêmes hors jeu. »
Sans une pêche durable, de nombreux stocks de poissons seront
épuisés et par conséquent commercialement inutilisables. Une étude
récente sur les habitudes de consommation des Européens a démontré
que près de 80% de ces derniers tiennent compte de l´impact
environnemental pour leurs achats (3). En conséquence, des firmes
parmi les plus avancées adaptent leurs techniques de pêche et de
mises sur le marché des produits de la mer. Elles abandonnent les
stocks les plus menacés et les techniques de pêche les plus
destructrices pour des options plus durables. Les firmes impliquées
dans le commerce des produits de la mer doivent commencer à
admettre les bénéfices pour l´environnement marin de réserves
marines à grande échelle, inaccessibles aux pêcheries destructrices
comme aux autres activités préjudiciables à l´environnement. «Il
est urgent de créer de grandes réserves marines, totalement
protégées pour assurer la sauvegarde des écosystèmes marins et
permettre aux stocks surexploités de se relever, poursuit Oliver
Knowles. »
Si l´industrie des produits de la mer compte s´assurer
sérieusement de la pérennité de son fond de commerce et protéger
l´environnement marin, elle devrait soutenir sans tarder la
création de réserves marines.
Greenpeace mène campagne pour un réseau planétaire de réserves
marines totalement protégées et couvrant 40% des écosystèmes
marins. Il s´agit là d´un moyen essentiel pour protéger l´ensemble
de la vie marine et restaurer la santé des stocks de poissons de
par le monde. En Europe, Greenpeace demande aux Etats membres
d´inclure la provision pour un tel réseau dans la nouvelle
législation sur la mer, la directive marine de stratégie. C´est
dans le cadre de cette campagne que le MY Arctic Sunrise sillonne
la mer du Nord afin d´attirer l´attention sur le fait que la flotte
de pêche industrielle est en train de conduire les stocks de
cabillauds vers l´extinction commerciale.
Notes: 1-2) FAO, 2004, The State of World Fisheries and Aquaculture, biennial report) Myers RA, Worm B, 2003, Rapid World Depletion of Predatory Fish Communities, Nature3) Seafood Choices Alliance, 2006, Constant Cravings, The European Consumer and Sustainable seafood Choices.