Vos produits de la mer sont-ils durables?

Communiqué de presse - 23 avril, 2007
Des militants de Greenpeace ont interpellé exposants et visiteurs de l´European Seafood Exposition - qui se tient actuellement à Bruxelles - quant à la durabilité des produits exposés et vendus. Ils ont déployé, devant l'entrée principale des bâtiments, une bannière portant le message "Is your seafood sustainable?" Pendant ce temps, 35 autres militants sont entrés à l'intérieur pour demander à tous les participants de ne vendre et commercialiser que des produits durables.

Des militants de Greenpeace s´invitent à l´European Seafood Exposition 2007.

Selon la FAO, plus des trois quarts des stocks de poissons présentant une valeur commerciale sont aujourd´hui soit pleinement exploités, surexploités ou en voie d´extinction (1). A l´échelle planétaire, des espèces comme les cabillauds, les thons et les espadons ont déjà été pêchées plus que de raison (2). Toutes ces espèces, comme des centaines d´autres, sont toujours sur les étals de l´European Seafood Exposition 2007, la plus grande foire mondiale du genre.

"Les poissonniers, leurs fournisseurs, les patrons d´usines de transformation,les pêcheurs, tous ont une responsabilité commune : s´assurer de la durabilité des produits vendus, commente, depuis Bruxelles, Oliver Knowles, de Greenpeace Grande-Bretagne. Malheureusement, beaucoup de firmes présentes à l´European Seafood Exposition pillent des stocks de poissons surexploités, s´appuyant sur des techniques parfaitement destructrices pour nos océans. Nous sommes à Bruxelles pour les inciter à changer leurs méthodes. Pêcher des poissons et des fruits de mer de manière durable n´est pas uniquement profitable à l´environnement, c´est également bon pour les affaires. Si rien ne change, les leaders du marché de la mer se mettront eux-mêmes hors jeu. »

Sans une pêche durable, de nombreux stocks de poissons seront épuisés et par conséquent commercialement inutilisables. Une étude récente sur les habitudes de consommation des Européens a démontré que près de 80% de ces derniers tiennent compte de l´impact environnemental pour leurs achats (3). En conséquence, des firmes parmi les plus avancées adaptent leurs techniques de pêche et de mises sur le marché des produits de la mer. Elles abandonnent les stocks les plus menacés et les techniques de pêche les plus destructrices pour des options plus durables. Les firmes impliquées dans le commerce des produits de la mer doivent commencer à admettre les bénéfices pour l´environnement marin de réserves marines à grande échelle, inaccessibles aux pêcheries destructrices comme aux autres activités préjudiciables à l´environnement. «Il est urgent de créer de grandes réserves marines, totalement protégées pour assurer la sauvegarde des écosystèmes marins et permettre aux stocks surexploités de se relever, poursuit Oliver Knowles. »

Si l´industrie des produits de la mer compte s´assurer sérieusement de la pérennité de son fond de commerce et protéger l´environnement marin, elle devrait soutenir sans tarder la création de réserves marines.

Greenpeace mène campagne pour un réseau planétaire de réserves marines totalement protégées et couvrant 40% des écosystèmes marins. Il s´agit là d´un moyen essentiel pour protéger l´ensemble de la vie marine et restaurer la santé des stocks de poissons de par le monde. En Europe, Greenpeace demande aux Etats membres d´inclure la provision pour un tel réseau dans la nouvelle législation sur la mer, la directive marine de stratégie. C´est dans le cadre de cette campagne que le MY Arctic Sunrise sillonne la mer du Nord afin d´attirer l´attention sur le fait que la flotte de pêche industrielle est en train de conduire les stocks de cabillauds vers l´extinction commerciale.

Notes: 1-2) FAO, 2004, The State of World Fisheries and Aquaculture, biennial report) Myers RA, Worm B, 2003, Rapid World Depletion of Predatory Fish Communities, Nature3) Seafood Choices Alliance, 2006, Constant Cravings, The European Consumer and Sustainable seafood Choices.

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