« Trois mois viennent d'être perdus en vue d'un accord
mondial sur le climat, puisque les décisions semblent reportées au
sommet européen de juin... En l'absence d'engagement financier
clair de l'UE et des autres pays industrialisés, les pays en voie
de développement réfléchiront à deux fois avant de rejoindre les
négociations de Copenhague. Sans une mise de départ clairement
définie, sans savoir qui va mettre quoi sur la table, il ne sera
pas possible de négocier, commente Fawaz Al Bitar, de la
campagne Climat/Energie de Greenpeace. La situation actuelle
reste donc insatisfaisante.»
Le sommet européen reconnaît la nécessité d'un soutien financier
aux pays en voie de développement pour leur permettre de faire face
aux changements climatiques. Des fonds devraient être réunis pour
permettre à ces pays de promouvoir les énergies propres; de
protéger leurs forêts et de faire face aux effets des dérèglements
climatiques d'ores et déjà inévitables. Il n'en reste pas moins
vrai que les dirigeants européens ne se sont pas mis d'accord sur
le montant à réunir au sein des pays riches. 1)
Les pays industrialisés, dans leur ensemble, devraient
transférer une manne financière d'au moins 110 milliards d'euros
(dont 35 milliards d'euros émanant de l'Union européenne) par an
d'ici 2020 pour aider les pays en voie de développement à lutter
efficacement contre les changements climatiques. Ce montant est
calculé sur base de la responsabilité historique et de la capacité
de financement des pays.
Pour Greenpeace, il est indispensable que les gouvernements
européens cessent de tergiverser et fassent bon usage des
prochaines réunions ministérielles planifiées sous la présidence
tchèque pour s'accorder sur l'élaboration d'un plan concret
permettant de financer une lutte adéquate contre les changements
climatiques dans les pays en voie de développement. Ce thème doit
aussi être traité en priorité au cours de la réunion du G20 qui se
tiendra début avril à Londres et dont les recommandations seront
essentielles pour nourrir les négociations des Nations unies sur le
climat.
"Les dirigeants européens ont bricolé des solutions à la
va-vite pour sortir certaines banques de l'ornière mais n'arrivent
toujours pas à élaborer un plan de relance économique compatible
avec les défis écologiques qui se posent sur le long terme,
poursuit Fawaz Al Bitar."
Conclusions relatives à la deuxième
analyse stratégique
de la politique énergétique ("second
strategic energy review") :
Les leaders européens ont reconnu l'importance de l'efficacité
énergétique, des énergies renouvelables. L'interconnexion des parcs
éoliens offshore en mer du Nord fait également son chemin. La mise
en œuvre de ce type d'infrastructures devrait permettre d'intégrer
au réseau électrique européen de plus grandes quantités d'énergies
renouvelables (dont l'éolien off shore).
Malheureusement à côté de ces avancées, le Sommet continue à
promouvoir le recours à des technologies très polluantes comme les
centrales au charbon et, pour les Etats membres qui le décident,
les centrales nucléaires.
« Nous sommes à la croisée des chemins et les leaders
européens continuent à nous orienter dans deux directions opposées.
Or, il est essentiel de s'engager dans une de ces voies : ou rester
englué dans le passé en poursuivant notre dépendance aux
technologies d'un autre âge comme le charbon et le nucléaire ou
entrer dans le futur en misant sur les énergies renouvelables,
efficaces, pourvoyeuses d'emploi et mieux adaptées pour répondre
aux fluctuations de la demande, conclut Fawaz Al Bitar. »
Notes: [1] La contribution financière à l'horizon 2020 devrait couvrir les postes suivants : - €40 milliards par an pour orienter les pays en voie de développement vers un système énergétique basé sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. - €30 milliards par an pour stopper la déforestation via la création d'un fonds 'forests for climate'. Tous les détails quant à ce mécanisme de financement : www.greenpeace.org/forestsforclimate;- €40 milliards par an pour aider les pays les plus vulnérables à s'adapter aux changements climatiques.