Action à l'occasion du salon de l'auto : Toujours plus de voitures : une voie sans issue !

Communiqué de presse - 20 janvier, 2009
Les Amis de la Terre, Inter-Environnement Bruxelles et Greenpeace organisent une action à l’occasion du salon de l’auto pour protester contre la volonté des gouvernements flamands, wallons et bruxellois d’investir dans des grands projets d’infrastructures routières destinés à créer de nouvelles voiries et à élargir les routes existantes.Bruxelles, 17 janvier 2009. Une « scène de chantier » sera mise en scène à l’entrée du salon de l’auto. Elle comportera une bétonneuse, des panneaux de signalisation, de la fumée... Les participants seront déguisés en ouvriers de chantier et une installation sonore rendra compte du vacarme causé par la circulation automobile.

La Belgique souffre déjà d'un des réseaux routiers les plus dense d'Europe. Malgré cela, les gouvernements flamand, bruxellois et wallon envisagent de faire de la Belgique une plaque tournante logistique [1]. En outre, le gouvernement bruxellois envisage la construction de tunnels sous les principales voies d'entrée de la Capitale pour faciliter l'accès automobile. Cela signifierait encore plus de routes, plus de voitures, plus de particules fines, et encore plus d'émissions de CO2 !

L'augmentation des émissions CO2 due au transport est si importante qu'elle annihile les efforts fournis par d'autres secteurs pour respecter les engagements de la Belgique dans le cadre du protocole de Kyoto.

Plus grave encore, les différents gouvernements veulent nous faire croire que rajouter du bitume contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre ! Il est pourtant prouvé que la création de routes engendre du trafic supplémentaire.

Selon Jeroen Verhoeven des Amis de la Terre: "depuis des décennies, les autorités répondent aux problèmes de congestion en construisant de nouvelles voiries. Par conséquent, la Belgique dispose d'un des réseaux routier le plus dense d'Europe et les problèmes n'ont fait que s'amplifier. Construire sans cesse de nouvelles routes, c'est s'engager sur une voie sans issue ».

Les organisations environnementales se basent sur des rapports européens pour affirmer que le coût du transport n'inclut pas ses conséquences néfastes sur la société [2], par exemple les maladies et les décès prématurés causés par les émissions de particules fines. Cela explique qu'il est financièrement plus intéressant d'importer des marchandises que de les produire localement, et cela explique pourquoi notre pays voit son industrie et son agriculture être délocalisées.

Selon les organisations environnementales, le prix du transport doit être un « prix-vérité » qui englobe l'ensemble de ses répercutions sur la société dans le but de favoriser la production locale et les modes de transport plus respectueux de l'environnement. Les associations environnementales rappellent également que les autorités, dans leurs différents plans d'aménagement du territoire ou de logement, se sont engagées à diminuer le trafic automobile et non à le faciliter.

"Malgré les discours favorables au développement durable, nos hommes politiques ont conservé les vieux réflexes des années 50. Ils s'obstinent à privilégier aveuglément les transport routier aux dépends des alternatives fiables et sous-exploitées que sont les voies ferrées et les voies d'eau. Créer toujours davantage de routes et favoriser le trafic routier a mené la Belgique à l'impasse actuelle : il est grand temps de revoir nos méthodes" selon Jérôme Matagne d'Inter-Environnement Bruxelles.

"Fin 2009, les représentants de la communauté internationale devront établir un successeur au Protocole de Kyoto, et cela est crucial pour lutter contre le changement climatique. Dans notre pays aussi, nous avons besoin de sages décisions destinées à diminuer drastiquement les émissions polluantes. Nos responsables politiques doivent honorer leurs nombreuses promesses relatives au changement climatique et investir massivement dans la mobilité durable - pas dans de nouvelles routes" selon Joeri Thijs de Greenpeace.