Greenpeace déroule le « tapis noir » chez Electrabel

Avec de la volonté politique, les technologies polluantes comme le charbon et le nucléaire peuvent être remplacées…

Communiqué de presse - 27 octobre, 2006
Des militants de Greenpeace ont déroulé ce matin un tapis de charbon bordé de fûts nucléaires devant l'entrée du siège social d'Electrabel et déployé des banderoles adressées au producteur d'électricité: «Electrabel: vous avez l'énergie polluante». Cette action clôture une semaine consacrée à dénoncer le fait qu'Electrabel produit son électricité au départ de sources polluantes au lieu d'investir dans des énergies propres et renouvelables. Cette attitude passéiste ne peut qu'être préjudiciable à la protection du climat. Greenpeace demande que les responsables politiques interviennent dans le dossier pour faire enfin entrer la Belgique dans l'ère «Kyoto».

27 octobre 2006: action devant le siège d'Electrabel.

Pour rappel, Electrabel est propriétaire des neuf centrales nucléaires et au charbon qui produisent toutes de l'électricité au départ de technologies dépassées et polluantes (1).

«Les centrales au charbon d'Electrabel contribuent à 10% de nos émissions totales de CO2. (2) Diminuer nos émissions devrait être une priorité absolue pour nos dirigeants, notamment en créant un cadre légal pour une sortie graduelle du charbon, commente Jean-François Fauconnier, responsable de la campagne Energie de Greenpeace.»

Quant aux sept réacteurs nucléaires toujours en fonction à Tihange (Huy) et Doel (Anvers), ils produisent des déchets hautement radioactifs, pour lesquels aucune solution acceptable n'a encore été trouvée. Certains réacteurs entrent de plus dans leur quatrième décennie.

« La moyenne d'âge de la centaine de réacteurs nucléaires ayant déjà fermé leurs portes dans le monde est de 21 ans, tandis que la Belgique voudrait prendre le risque de faire 'tourner' ses réacteurs pendant quarante ans! Pour Electrabel - qui a largement amorti son investissement - c'est très tentant, mais c'est un risque inacceptable pour les populations de Liège ou d'Anvers, poursuit Jean-François Fauconnier. (3) »

Au quotidien, l'électricité nucléaire représente un écueil pour le développement des renouvelables à grande échelle puisque sa production 'en continu' monopolise le réseau. Cette production ininterrompue n'est en outre pas sans favoriser le gaspillage d'électricité. Les pays fortement nucléarisés comme la Belgique scorent généralement très mal en matière d'efficacité énergétique.

Les investissements dans les énergies propres et renouvelables sont également ralentis par les investissements réalisés dans les neuf centrales polluantes dont Greenpeace réclame la fermeture. Lors de l'action de Greenpeace à la centrale au charbon de Renaix (Ruien, 23 octobre 2006), Electrabel a annoncé investir 150 millions d'euro pour la rendre plus écologique. Une telle somme permettrait d'installer environ 150 MW éoliens… Ce qui n'aurait pas été un luxe si l'on considère que la part des énergies renouvelables dans la production d'Electrabel au Benelux se limite à 1,1%.

«C'est aux décideurs politiques d'imposer à Electrabel d'abandonner les technologies dépassées qui lui permettent de maintenir son monopole, conclut Wendel Trio, directeur des campagnes de Greenpeace. Sa stratégie passéiste ne sert que ses propres intérêts et c'est inacceptable. Il faut repenser notre approvisionnement en nous tournant vers le futur, c'est une mission qui incombe aux décideurs politiques, mais qu'ils n'ont pas l'air d'assumer.»

Greenpeace a commandité une étude, réalisée par l'Institut allemand d'Aérospatiale, qui démontre que la Belgique peut fermer graduellement ses centrales au charbon et sortir du nucléaire d'ici 2015 tout en réduisant de manière drastique ses émissions de CO2 (4). Pour cela, il est indispensable de mieux maîtriser notre demande en énergie et d'orienter sans attendre les investissements en matière d'équipement énergétique vers les renouvelables (éolien, solaire, biomasse...). Cette étude a été remise en juin dernier aux six ministres belges responsables de l'Energie et de l'Environnement (5).

L'étude récemment commandée au Bureau Fédéral du Plan par le ministre fédéral de l'Environnement, Bruno Tobback, vient largement confirmer la faisabilité de ces options. (6)

Greenpeace attend que les responsables politiques élaborent un cadre législatif pour une sortie graduelle du charbon et accélèrent la sortie du nucléaire notamment en dopant les mesures d'efficacité énergétique, toujours à la traîne en Belgique.  « Electrabel a l'énergie polluante », mais ces derniers ont le pouvoir de nous orienter vers des énergies propres et renouvelables.

Un guide des fournisseurs d'électricité a également été publié à l'intention des ménages. Ce guide contient un classement qui, suite à la libéralisation du marché de l'électricité, leur permet de faire un choix judicieux et orienté vers l'avenir: opter pour de l'électricité verte (7).

Photos disponibles en fin d'après-midi via l'adresse : http://www.greenpeace.org/images-presse

Images beta disponibles via Robberechts : 02/712.83.86

Notes: Guide et classement des fournisseurs d'énergie disponible sur http://www.greenpeace.org/electriciteverte (distribution en cours pendant la durée de l'action, Porte de Namur, à Bruxelles)

1) Charbon : quatre centrales au charbon sont toujours en fonctionnement en Flandre (on y brûle un mix de charbon et de résidus organiques): Mol, Ruien, Rodenhuize et Langerlo. En Wallonie, trois centrales au charbon sont toujours en fonctionnement:  Amercœur, Awirs (récemment convertie à la biomasse) et Monceau.
    Nucléaire: les centrales de Tihange (Huy) et de Doel (Anvers) totalisent sept réacteurs nucléaires dont trois ont dépassé la limite d'âge pour laquelle ils ont été construits (30 ans).

2) Pour en savoir plus sur l'électricité produite au départ du charbon, consultez notre dossier 'Charbon' sur le site http://www.greenpeace.be

3) Pour en savoir plus sur les risques liés au vieillissement des centrales nucléaires, consultez le dossier « Vieillissement des centrales nucléaires et sécurité - Les dangers de la prolongation de la durée de vie des réacteurs belges », réalisé conjointement par les Amis de la Terre, le Bond Beter Leefmilieu, Greenpeace, Inter-Environnement Wallonie, Voor Moeder Aarde et le WWF. Octobre 2006.  Disponible via le lien :
http://www.greenpeace.org/raw/content/belgium/fr/press/reports/veillissement-nucleaire2.pdf

4)    Scénario énergétique et résumé exécutif rédigé en français disponibles via le lien: http://www.greenpeace.org/belgium/fr/press/reports/energie-resume

5)  Les ministres responsables sont Bruno Tobback et Marc Verwilghen pour le fédéral, Benoît Lutgen et André Antoine pour la Région wallonne, Kris Peeters pour la Flandre et Evelyne Huytebroeck pour la Région bruxelloise.

6) Etude et résumé exécutif disponible via le lien :
http://www.climatechange.be/climat_klimaat/fr/apres2012_etude.html

7) Les produits Electrabel et Electrabel vert s'y classent en rouge: http://www.greenpeace.org/belgium/fr/electricite_verte/ranking