Trafic aérien

Il tue insidieusement le climat

Page - 26 avril, 2010
Ces dernières décennies, le trafic aérien a énormément augmenté. Entre 1985 et 2005, le volume mondial du trafic aérien pour le transport de personnes a augmenté de plus de 5% chaque année. Dans les 15 années à venir, cette tendance se poursuivrait avec une croissance annuelle d’environ 4,5%. Le trafic aérien est également fortement basé sur la consommation de combustibles fossiles polluants: le kérosène est un produit dérivé du pétrole. Les avions sont responsables de 8% de la consommation mondiale de pétrole.

Impact minimisé

L’impact des avions sur le climat est souvent minimisé. Le secteur prétend souvent que le trafic aérien est responsable au niveau mondial de 2% « seulement » des émissions humaines de CO2. Cependant, ce chiffre est trompeur: il est basé sur des données de 1992 (alors qu’entre 1990 et 2006 les émissions de CO2 du trafic aérien ont augmenté de quelque 83%) et il ne se rapporte qu'aux émissions de CO2 et pas à l'impact total sur le climat.

Les experts nous avertissent que l’impact des avions sur notre climat est bien plus important que la seule émission de CO2 dans les statistiques (basées sur le kérosène consommé). Par exemple, un avion émet également du NOX, des particules fines et des sulfates et leur impact est plus difficile à mesurer. Selon de nombreux scientifiques, leur impact s’est également accru car ces émissions ont lieu à haute altitude. Les experts estiment que les chiffres du CO2 doivent être multipliés en moyenne par 2, voire 5 pour obtenir l’impact total du trafic aérien sur le climat.

En réalité, les avions représentent donc globalement 5 à 9% des émissions humaines de gaz à effet de serre, voir 5 à 12% au niveau européen. Pour la Belgique également, le chiffre de 2% du total des émissions de gaz à effet de serre donne une image erronée du « trafic aérien national » (basé sur l'approvisionnement en kérosène en Belgique).

Forte croissance

La forte croissance du trafic aérien est très inquiétante. Entre 1990 et 2003, par exemple, les émissions du trafic aérien européen (vols au départ d'aéroports européens) ont augmenté de quelque 73%. D’ici 2012, nous attendons une augmentation de 150%. Cette forte hausse des émissions des avions neutraliserait un quart du total des réductions d’émissions européennes dans le cadre du protocole de Kyoto. Pour la Belgique, le trafic aérien est une bombe à retardement qui menace d’hypothéquer les efforts indispensables vis-à-vis du climat. L’augmentation rapide et illimitée du trafic aérien entrera inévitablement en conflit avec la réduction des émissions à laquelle la Belgique doit parvenir dans les années à venir. Les projets de croissance pour l’aéroport de Zaventem notamment dans le cadre du plan START du gouvernement flamand mais aussi la poursuite de la croissance du aéroport de Charleroi sont très inquiétants.

Trafic aérien en Belgique, quelques chiffres

En 2007, le transport de passagers par avion passant par l’aéroport international Brussels Airport de Zaventem a connu un nouveau pic, après un sérieux recul en 2001-2002 en raison de la disparition de la société de transport aérien nationale Sabena et de la peur de la menace terroriste qui a suivi le 11 septembre. Au total, 17,8 millions de passagers ont utilisé l’aéroport de Bruxelles, soit 7% de plus qu’en 2006 et leur nombre continue d’augmenter mais nous ne pensons pas égaler sous peu le nombre de passagers de 2000 (un peu plus de 20 millions). Pendant le deuxième semestre de 2007, notamment, la croissance de l’aéroport de Bruxelles a dépassé la moyenne européenne avec des chiffres supérieurs à 10%.

Dans le cadre de son plan START, le gouvernement flamand veut également doubler la capacité de l’aéroport de Zaventem d’ici 2025 : de 15,6 millions de passagers transportés à 35 millions et de 700.000 tonnes de transport de marchandises (en 2004) à 1.200.000 tonnes.

En 2007, l’aéroport Brussels South Charleroi (BSCA) a connu une augmentation
du trafic de 13 % avec un record de 2,5 millions de passagers. En janvier 2008, un nouveau terminal low cost a également été ouvert.

Le trafic des passagers dans les autres aéroports régionaux a continué d’augmenter en 2007. Liège-Bierset est resté assez stable avec 333.000 passagers, soit une hausse de 1% seulement mais Bierset est surtout un aéroport de frêt. L’aéroport régional d’Ostende-Bruges a traité un total de 180.000 voyageurs, soit une croissance de 23%. Antwerp Airport à Deurne a enregistré 115.000 passagers (+18%). Ces derniers aéroports sont plutôt performants dans certaines niches.