Transport de marchandises

Belgique, royaume du transport de marchandises ?

Page - 26 avril, 2010
Le volume du transport de marchandises a augmenté au cours des dernières décennies. Cette augmentation s’est surtout jouée sur les routes. En 2007, quelque 74,4 % du transport de marchandises passait par la route, contre 13,8 % par voie navigable et 11,8 % par voie ferrée.

Les Etats-Unis, par exemple, prouvent qu’il est possible de faire autrement. Chez eux, plus de la moitié du transport de marchandises passe par la voie ferrée. L’augmentation du transport de marchandises par voie navigable pourrait retirer de nombreux camions des routes. C’est ce qu’a révélé une étude de l’ULB réalisée à la demande du port de Bruxelles. En 2007, le trafic en provenance et en direction du port correspondant à environ 700.000 camions évités sur notre réseau routier.

Le graphique ci-dessous montre que le transport de marchandises par camion est toujours beaucoup plus polluant que par voie ferrée et par voie navigable:

« Emissions de CO2 dues au transport de 100 tonnes sur 700km (camions, voie ferrée et voie navigable) »
Source : Ecotransit

Cependant, la politique actuelle de nos gouvernements mène à une augmentation du transport de marchandises par route. Par exemple, le gouvernement flamand a lancé en 2005 sa vision SMART (Strategisch Actieplan voor de Reconversie en Tewerkstelling luchthaven Zaventem ou Plan d’Action Stratégique pour la Reconversion et l’Emploi à l’Aéroport de Zaventem). L’objectif est d’une part d’étendre encore les activités de l’aéroport et d’autre part, d’attirer plus d’activités logistiques dans la région de l’aéroport. Le terrain logistique de Meise-Westrode est un bel exemple des conséquences pour le trafic routier : au lieu d’implanter ce terrain d’entreprises au niveau du canal maritime Escaut-Bruxelles, le gouvernement flamand a choisi un site un peu plus loin, à proximité de l’autoroute A12. Rien que les camions qui desserviront ce terrain d'entreprises engendreront plus de 11km de bouchons supplémentaires le matin, sans tenir compte du surplus de trafic automobile pour les travailleurs. Et il ne s’agit que d’un seul terrain d’entreprises...

Il est évident que cette expansion logistique et le transport de marchandises supplémentaire qui en est la conséquence ne riment pas avec changements climatiques. De plus, cela créera encore plus de surcharge dans une région déjà lourdement touchée par le trafic des automobiles, des camions et des avions. Cependant, la Flandre veut coûte que coûte tirer profit de son rôle de plaque tournante logistique en Europe. Est-il bien raisonnable de poursuivre des développements logistiques dans cette région déjà saturée par le trafic ? Des experts indiquent qu’il s’agit d’un secteur qui apporte une valeur ajoutée et un emploi relativement limités mais qui implique d’importants transports de marchandises par route et donc, une pollution et des nuisances sonores élevées. Dans cette région, le gouvernement ferait mieux de se concentrer sur l'industrie des connaissances de haut niveau, l'attraction de sièges (internationaux), de services et de centres de recherche. Des activités qui entraînent une valeur ajoutée et un emploi élevés mais dont la gêne en termes de trafic reste maîtrisable.

Le gouvernement wallon a lui aussi fait de la logistique un fer de lance de sa politique mais pour le moment (également pour des raisons budgétaires et à cause du changement de gouvernement) les projets sont moins concrets qu'en Flandre.