Voiture électrique

Page - 26 avril, 2010
Les voitures électriques semblent être la solution ultime pour réduire l’impact du trafic automobile sur le climat. Est-ce réaliste? Effectivement, les voitures électriques sont plus efficaces en termes d’énergie, moins polluantes et elles peuvent utiliser plusieurs sources d’énergie (y compris renouvelables). Ainsi, elles peuvent (et doivent) apporter une contribution considérable au transport durable à long terme. Cependant, beaucoup de questions restent encore sans réponse.

D’un côté, il est urgent de s’attaquer au problème des changements climatiques (selon le panel Climat des Nations unies, nous devons réduire le pic des émissions mondiales au plus tard pour 2015) mais de l’autre, les scénarios prévoient qu’il faudra attendre assez longtemps pour voir l’entrée des voitures électriques dans le parc automobile. La plupart des prévisions concernant l’introduction de voitures hybrides et électriques indiquent une introduction modeste pour 2020 et un impact limité sur la réduction des émissions d’ici 2030. Nous nous attendons à ce que les voitures électriques restent un produit de niche au moins jusqu’à 2015 en raison des coûts élevés et des performances limitées. A court et même à moyen terme, la voiture électrique ne pourra donc pas apporter de contribution importante à la lutte contre les changements climatiques.

Les experts déclarent que l’électrification des transports est nécessaire pour parvenir à de grosses réductions à long terme, nécessaires dans le secteur des transports. La fabrication de voitures plus économes avec un moteur à explosion a en effet ses limites. Néanmoins, d’importantes observations doivent être faites concernant l’impact de la voiture électrique sur les émissions du trafic automobile, qui pourraient lourdement hypothéquer les bénéfices pour l’environnement.

Tout d’abord, nous nous demandons toujours dans quel type de mobilité la voiture électrique fera son entrée. Etant donné la structure probable des coûts de la voiture électrique (achat plus coûteux mais coût au km plus faible), il y a un risque que le nombre de kilomètres parcourus et donc, le volume du trafic, augmentent. De plus, si la politique ne change pas, nous risquons de voir les voitures électriques s’ajouter aux voitures conventionnelles au lieu de les remplacer (par exemple en raison de leur portée limitée). Comme la voiture électrique sera certainement surtout intéressante à court et moyen terme pour les petites distances dans les villes et les banlieues, il n’est pas impensable que les voitures électriques remplacent des formes plus durables de déplacement, comme le vélo ou les transports publics. Et étant donné les coûts relativement faibles pour charger une voiture électrique, la recherche de voitures plus efficaces pourrait être négligée et la part des voitures lourdes, surmotorisées et donc grosses resterait identique ou augmenterait même (voir aussi voiture économe).

L’énergie qu’utilisera la voiture électrique a bien entendu son importance, elle aussi. Une introduction incontrôlée de voitures électriques implique le risque que l’actuel mix énergétique non durable se maintienne dans les décennies à venir ou se renforce. La pression pour construire de nouvelles centrales nucléaires et au charbon pourrait fortement augmenter. Cela ne correspond absolument pas à une politique énergétique durable et favorable au climat, et limiterait aussi fortement le bénéfice pour l’environnement des voitures électriques. En d’autres termes, l’introduction de la voiture électrique doit aller de paire avec un secteur de l’énergie moins polluant.

Le succès de la voiture électrique dépend également de la batterie: sa production, ses coûts et surtout son impact sur l’environnement. A ce propos, il existe encore bien trop d’incertitudes qui doivent être éclaircies avant de passer à la vente en masse de voitures électriques.

L’objectif: des voitures électriques efficaces, entraînées autant que possible par une capacité de production renouvelable supplémentaire, qui remplaceraient les voitures essence et diesel conventionnelles. En même temps, des mesures supplémentaires sont nécessaires pour garantir que le nombre de véhicules et les kilomètres parcourus n’augmenteront pas. Le fait d’éviter la voiture et de promouvoir les transports publics et les autres moyens de transport durables doit rester la priorité. De plus, nous devons tendre à une utilisation plus écologique et renouvelable de l’énergie. Avec la politique belge et européenne menée à l’heure actuelle, nous ne réaliserons pas ce scénario.

Les voitures hybrides roulent avec un moteur électrique et un moteur à explosion qui sont utilisés tous deux pour entraîner les roues. La batterie est chargée par le moteur à explosion et par l’énergie qui provient entre autres du freinage. Selon le cycle d’entraînement, le moteur à explosion ou le moteur électrique ou les deux fonctionnent. En ville ou lorsque vous roulez au ralenti, les voitures hybrides utilisent leur moteur électrique et permettent ainsi une consommation plus faible de carburant. Un moteur hybride permet une économie de carburant mais la voiture est aussi plus lourde en raison de la batterie et des deux moteurs. Cela diminue l’efficacité globale de la voiture. La technologie hybride présente donc certains avantages mais doit encore être améliorée et par conséquent, elle n’est qu’une technologie de transition.