L'info

On retient que nos autorités comptent faire de Bruxelles et de sa région un pôle logistique majeur. Cette vision implique un élargissement du ring de Bruxelles qui risque rapidement de se révéler inefficace. Par ailleurs, de nombreux projets de centres commerciaux et des nouveaux terrains logistiques sont attendus dans la grande région bruxelloise et sont appelés à connaître dans les prochaines années des développements importants.

C'est le cas entre autres pour la zone du canal Bruxelles-Charleroi qui traverse la région bruxelloise et celle de l'aéroport. A titre d'exemple, le gouvernement flamand prévoit – dans un document (en néerlandais) réalisé à la demande du gouvernement flamand et qui n'est toujours pas officiellement public - vers 2025 de doubler la capacité de l'aéroport. Ce qui représente une évolution de 15 à 35 millions de passagers et une augmentation du fret de 700.000 tonnes/an à 1,2 million tonnes/an.

Comment les habitants de la zone de l'aéroport doivent-ils apprécier la lecture de ce document (par ex. p. 16 et 17) ? La Région flamande y envisage bel et bien un scénario d'extinction de l'habitat (NDLR : uitdoofbeleid) pour la zone de l'aéroport. Ceci n'est pas réellement neuf. Ce fût le cas à Doel. Cette localité proche d'Anvers est sur le point d'être rayée de la carte pour permettre le creusement d'un nouveau dock, dans le port d'Anvers.

Poursuivant la même logique, les autorités flamandes et bruxelloises envisagent de promouvoir la région comme pôle logistique. Tout ceci ne sera pas sans conséquence. Une des zones concernées est celle de Meise-Westrode, au nord de Bruxelles. Cette localité, aujourd'hui zone résidentielle avec à peine 1.337 habitants, et un terrain logistique prévu sur près de 50 ha, pourrait – si l'on suit la logique à l'œuvre - voir plus de 6.000 camions supplémentaires circuler par jour! Si tous les plans prévus se réalisent, ce chiffre pourrait culminer à 81.840 camions supplémentaires par jour pour la région. Ce cas a été analysé dans un document séparé.

 

L'intox

Parce que la population a le droit de savoir, Greenpeace a poussé à l'extrême la logique qui est à la base du projet d'élargissement du ring de Bruxelles. Cette démarche permet de se faire une idée de l'impact négatif sur la qualité de vie dans la grande région bruxelloise qui risque d'en découler. Cet impact concerne notamment le trafic.

L'élargissement du ring de Bruxelles est présenté comme une solution. Or, de nombreuses études attestent le fait que toute nouvelle infrastructure routière finit à terme par perdre de sa fluidité. La route appelle en quelque sorte le trafic.

Qu'est-ce qui se passerait si l'on misait tout sur la logistique et si le scénario d'extinction de l'habitat actuellement en germe devait se réaliser ? Il semblait impératif pour Greenpeace de tirer sous la forme d'un canular, la sonnette d'alarme en révélant ce qui motive réellement le projet d'élargissement du ring de Bruxelles.