Que fait Greenpeace ?
Les scientifiques estiment qu'il faut réduire les émissions de CO2 de 40% d'ici 2020 (année de référence 1990) pour lutter contre les changements climatiques. Cette réduction doit s'effectuer à l'échelon planétaire. La déforestation étant responsable de près d'un cinquième des émissions mondiales de gaz à effet de serre, Greenpeace estime qu'il est capital d'inclure la lutte contre la déforestation dans les négociations internationales sur le climat.
Un mécanisme financier innovant
Greenpeace propose de créer un fonds de lutte contre la déforestation. Il serait financé par les pays industrialisés qui devraient l'alimenter au prorata de leurs quotas d'émissions globales de gaz à effet de serre (GES). Ce financement se ferait donc en plus des obligations de ces pays en matière de réduction des émissions de GES. De leur côté, les pays en développement seraient récompensés par ce fonds s'ils mettent en œuvre des programmes de protection des forêts.
Une législation européenne contraignante
Greenpeace fait pression pour que les 27 pays de l'Union européenne votent une loi qui interdit l'importation du bois « illégal », c'est-à-dire ne respectant pas des normes environnementales et sociales exigeantes. En 2010, après sept années de campagnes menées par les ONG, l’UE a finalement approuvé une loi interdisant la présence de bois illégal sur le marché européen. Dans le cadre de cette loi, les importateurs de bois devront établir un système permettant de tracer l’origine du bois. Les contrevenants devront payer une amende dont le montant sera établi en fonction des dégâts environnementaux causés. Cette loi entrera en vigueur en mars 2013 et Greenpeace suivra sa mise en application de près.
La lutte contre les plantations destinées à la production de papier et d’huile de palme
En Indonésie, Greenpeace exige qu’un moratoire soit instauré sur la conversion de forêts naturelles et de tourbières en plantations destinées à la production de papier et d’huile de palme. En mai 2011, le président indonésien a donné son feu vert pour la mise en œuvre d’un plan longtemps attendu destiné à interrompre temporairement la déforestation dans son pays. Sur le plan politique, ce moratoire constitue une étape importante mais ne va certainement pas assez loin. Car 40 millions d’hectares de forêts menacent toujours de disparaître.
Nous rappelons également aux entreprises leur part de responsabilité. Suite à des actions menées par Greenpeace, Unilever a annoncé fin 2009 qu’elle allait cesser de se fournir en huile de palme provenant de régions déboisées illégalement. Nestlé offre un autre bel exemple de comment une nouvelle politique d'entreprise peut contribuer à faire la différence. Il nous reste à présent à convaincre les autres entreprises à ne plus acheter d’huile de palme ou de pulpe de bois dont elles ne connaissent pas l’origine ou des produits dont il est clairement établi que la fabrication a engendré le déboisement illégal de forêts.
Le combat contre l'expansion de l'élevage bovin au Brésil
Cette expansion se fait au détriment de la forêt amazonienne. Greenpeace milite donc pour que le gouvernement brésilien ne cautionne plus ce massacre et cesse de subventionner le développement anarchique de l'élevage. Nous appelons également les entreprises impliquées dans le commerce de cuir ou de bœuf à dénoncer leurs contrats avec leurs fournisseurs si ces derniers participent à la déforestation.
Protéger les forêts intactes du Congo
Greenpeace voudrait que le gouvernement congolais cartographie l’immense surface forestière du pays et que les populations locales soient étroitement impliquées dans ce processus. Cette mesure s’est récemment révélée nécessaire suite à une réforme de la législation sur les permis d’exploitation forestière. Plusieurs entreprises sont ainsi malgré tout parvenues à obtenir impunément de larges surfaces de forêts en vue de les exploiter. 25 millions d’hectares de forêts sont aujourd’hui encore menacés de déboisement industriel.