Le charbon

Page - 23 avril, 2010
Chaque année, les centrales au charbon du monde entier rejettent pas moins de 11 milliards de tonnes de CO2, soit 41% du total des émissions de CO2 du fait de la combustion des combustibles fossiles. En outre, un coût astronomique s’attache à l’exploitation des mines de charbon et à la combustion du charbon dans le monde, à savoir quelque 360 milliards d’euros pour la seule année 2007. Ce coût nous est présenté sous la forme d’affections des voies respiratoires, d’accidents et de catastrophes dans les mines de charbon, de pluies acides, de smog, de fines particules et - last but not least – de réchauffement climatique.

Le charbon mine le climat.

Qu'est-ce que le charbon?

Le charbon est un combustible fossile. Il s'agit d'une matière organique initialement composée de bois et de feuilles qui, sous l'effet de la pression et de la chaleur exercées pendant des millions d'années, a pris une forme compacte contenant plus ou moins de carbone selon les types de charbon.

Cette teneur en carbone a un intérêt énergétique. Plus elle est élevée, plus la puissance calorifique du charbon est grande, plus sa combustion produit de la chaleur.

Le charbon est une ressource parmi les mieux réparties autour du globe et dont le prix reste bas. D'où son utilisation grandissante depuis la révolution industrielle. Le charbon est aujourd'hui la deuxième source de production d'énergie dans le monde (après le pétrole). Mais c'est une catastrophe pour notre planète.

Une filière extrêmement sale

A chacune de ses étapes, la filière du charbon a de graves impacts environnementaux, sanitaires et sociaux. Les exploitations à découvert détruisent les paysages, les forêts et les habitats de la vie sauvage en rasant le sommet des montagnes au moyen d'explosifs (c'est notamment le cas dans les Appalaches aux Etats-Unis). De manière générale, l'exploitation du charbon (que ce soit à ciel ouvert ou dans les mines) est synonyme de déforestation, d'érosion ou d'effondrement des sols, de pénuries et pollutions de l'eau, et souvent d'expulsion des communautés locales.

La combustion du charbon dans les centrales thermiques est tout aussi néfaste. Elle nécessite d'immenses volumes d'eau. Elle émet des particules fines (responsables de maladies pulmonaires), des gaz à effet de serre (qui aggravent les changements climatiques et provoquent des pluies acides) et du mercure (qui affecte le développement neurologique des fœtus et des enfants).

En bout de chaîne, il faut stocker les déchets dus à la combustion du charbon. Mais ces déchets sont toxiques et contiennent souvent du plomb, de l'arsenic et du cadmium qui peuvent provoquer empoisonnements, maladies rénales et cancers.

L'industrie charbonnière est ainsi l'une des pratiques les plus nocives pour la planète. Elle affecte de façon irréversible l'environnement et la santé des populations.

Charbon et dérèglements climatiques

Le charbon est la source d'énergie la plus polluante et la plus émettrice de CO2 (30% des émissions mondiales). Le charbon est ainsi le premier responsable des changements climatiques. Si nous voulons éviter que ces dérèglements ne s'aggravent, il est impératif d'y renoncer.

C'est tout à fait possible. Il faut pour cela engager la « [R]évolution énergétique » que nous proposons : sobriété énergétique, abandon des énergies fossiles, développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique. Les recherches et les financements doivent être consacrés à ces objectifs, et non à des projets dépassés comme le captage et le stockage du carbone.

En Belgique

Greenpeace reste vigilante pour que plus aucune centrale au charbon ne soit construite sur le territoire belge. En effet, ce type de centrale a des conséquences désastreuses en termes environnemental, notamment via les émissions de particules fines, et empêche notre pays d'atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. En 2009, le producteur d'énergie E-on envisageait la construction d'une centrale au charbon dans le port d'Anvers. Suite à une action de Greenpeace, le ministre Président Peeters a finalement décidé d'annuler la construction de cette centrale.