Protocole de Kyoto

Page - 23 avril, 2010
Le protocole de Kyoto a été adopté par 184 gouvernements dans la ville japonaise du même nom en décembre 1997. Il est entrée en vigueur en 2005, obligeant 37 pays industrialisés à réduire d'ici à 2012 leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% en moyenne par rapport aux niveaux de 1990.

Des activistes belges ont mis la pression sur la Russie pour ratifier le protocole de Kyoto.

Le protocole a été une « première étape » dans le contrôle des émissions de gaz à effet de serre, en fournissant un cadre international de base à la lutte contre les changements climatiques. Il fixe des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à atteindre par les pays industrialisés en leur fixant des quotas de droits d'émission à ne pas dépasser.

Les pays en développement ont également des droits et des obligations en vertu de Kyoto, mais pas d'objectifs contraignants d'émissions. En acceptant le mécanisme de développement propre (MDP), ils peuvent, par exemple, recevoir des fonds pour réduire leurs émissions.

Les limites du protocole de Kyoto

L'impact du protocole sur les émissions mondiales a été très faible, et certains de ses mécanismes sont plus que discutables.

La faiblesse du protocole de Kyoto réside notamment dans l'absence des Etats-Unis qui se sont retirés dès 2001. Leur retrait a remis en cause la raison d'être du protocole. En effet, peut-on imaginer un mécanisme visant à réguler les émissions de gaz à effet de serre sans le second plus grand émetteur de la planète?

Mais d'autres mécanismes ont limité la capacité du protocole à remplir son objectif. Les pays industrialisés peuvent notamment externaliser leur effort via certains mécanisme dits « de flexibilité ». Actuellement, le plus grand de ces mécanismes est le mécanisme de développement propre (MDP), qui permet aux investisseurs d'investir dans des projets de réduction d'émissions dans des pays en développement pour compenser leurs propres émissions, ou pour collecter des «crédits carbone», sources de profit sur le marché du carbone.

Ces projets vont de centrales hydrauliques géantes en Inde à la capture et l'utilisation du méthane provenant des décharges au Brésil.

Or, la pratique a montré les limites de ce système. On remarque d'abord que les projets sont principalement dirigés vers les économies en transition (Chine, Inde, Brésil et Mexique, notamment) qui auraient dans la plupart des cas de toute façon consenti à ces investissements plus verts pour des raisons de rentabilité. Mais surtout, il parait de plus en plus évident que les projets développés aboutissent rarement à une véritable réduction des émissions de gaz à effet de serre alors qu'en contre-partie, ils autorisent une entreprise basée dans un pays industrialisé à en émettre davantage. En définitive, le système aboutirait donc souvent à une augmentation des gaz à effet de serre émis.

Après Kyoto...

Une réforme des mécanismes de développement propre (MDP) est donc absolument nécessaire pour aboutir à une réelle diminution des émissions de gaz à effet de serre.

Le protocole prévoit un régime de sanction contre ceux qui ne remplissent pas leurs obligations. En pratique, on constate que ce mécanisme est difficile à mettre en œuvre et semble avoir eu jusqu'ici peu d'effet. Les émissions de gaz à effet de serre du Canada, par exemple, ont augmenté de plus de 25% depuis 1990, alors que son objectif est une réduction de 6%. Le protocole prévoit la possibilité de pénaliser le pays en 2012, mais qu'adviendra-t-il si le protocole n'est pas reconduit?

En effet, 2012 sonne la fin de la période couverte par le protocole de Kyoto. Il est urgent de mettre en place les mécanisme qui devront lui succéder. Ceux-ci devront impérativement se baser sur son cadre légal et fixer de manière contraignante des objectifs de réductions de CO2 en phase avec les recommandations des scientifiques.