Les sables bitumeux ou tar sands

Page - 23 avril, 2010
Depuis peu, les sables bitumineux sont considérés comme une source importante de pétrole. Les nouvelles technologies et les prix du pétrole plus élevés ont rendu les sables bitumineux un peu plus intéressants pour l’industrie. Toutefois, l’exploitation du pétrole à partir de cette substance visqueuse est très grande consommatrice d’énergie et exerce un impact dévastateur sur l’environnement.

Comme il faut extraire et déplacer deux tonnes de sables bitumineux pour produire un seul baril de pétrole, chaque baril entraîne des émissions de 35 kg d’équivalent de CO2 et ce type de pétrole. Comme ici au Canada.

Les sables bitumeux : c’est quoi?

Il s’agit de bitume très visqueux aggloméré à du schiste et du sable, à partir duquel on produit du pétrole. Ces sables bitumeux sont exploités dans des mines à ciel ouvert ou dans des gisements souterrains. Ils peuvent être extraits à l’aide de pelles mécaniques et de camions géants. Mais souvent il faut forer, chauffer le bitume en injectant de la vapeur et des solvants en profondeur, puis mélanger le sable extrait avec de l’eau chaude pour le rendre moins visqueux. Enfin, il faut le faire décanter pour en extraire le pétrole. C'est donc un processus aussi complexe que coûteux.

Actuellement, les plus vastes réserves de sables bitumeux exploitables se trouvent en Alberta (au Canada), au Venezuela et à Madagascar.

Une catastrophe écologique

Au Canada, plus de 3 000 km2 de forêts ont déjà été détruits pour produire ce pétrole. Des rivières sont détournées et polluées pour fournir les énormes quantités d’eau nécessaire à l'extraction et à l'exploitation. Les mines à ciel ouvert ont créé d’immenses lacs de déchets miniers. Des quantités colossales de gaz et de carburant sont nécessaires. Au final, les émissions de gaz à effet de serre sont énormes. La production d'un baril de pétrole issu des sables bitumeux est trois à cinq fois plus émettrice de gaz à effet de serre qu'un baril de pétrole conventionnel.

Ce n'est pas seulement l'environnement qui est détruit, c'est aussi la santé humaine qui est menacée. La présence de substances chimiques toxiques ou de métaux lourds dans les lacs et les rivières autour des sites d'exploitation compromet la qualité de l’eau potable, de même que la santé des animaux qui boivent cette eau et celle des poissons qui y vivent. Quand les humains consomment ces animaux ou ces poissons, ils ingèrent en même temps les substances chimiques que ceux-ci ont consommées.

Les sables bitumeux, tout sauf une solution

L'extraction de pétrole de sables bitumeux étant extrêmement énergivore, il était trop coûteux et complexe d’exploiter les sables bitumeux pour produire du pétrole jusqu’à une époque récente. Ces dernières années, toutefois, la hausse du prix du pétrole et les changements technologiques ont rendu cette exploitation possible et rentable. Comme il faut extraire et déplacer deux tonnes de sables bitumeux pour produire un seul baril de pétrole, chaque baril entraîne des émissions de 35 kg d’équivalent de CO2 et ce type de pétrole, parmi tous les types disponibles, est celui dont la production exige la plus grande consommation d’énergie. Leur exploitation s'assimile ainsi à une fuite en avant des compagnies pétrolières face à la raréfaction des ressources.

Au seul Canada, les sociétés pétrolières produisent maintenant plus d’un million de barils de pétrole par jour à partir des sables bitumeux, et cette production s’accroît constamment.

"Ce pétrole polluant est utilisé pour satisfaire notre dépendance aux combustibles fossiles et pour faire face à l'énorme gaspillage, notamment dans le secteur du transport. Il faut extraire 4 tonnes de sables bitumineux pour un fût de pétrole. C'est absurde. Mais certains sont vraiment prêts à tout", a déclaré Al Gore en 2006 en parlant de l'exploitation des sables bitumineux dans le magazie Rolling Stone.

La solution est simple: nous devons réduire l'usage de la voiture et exiger des fabricants qu'ils développent des voitures moins gourmandes en énergie.