Foire aux questions

Vous trouverez sur cette page les questions les plus fréquemment posées sur la campagne nucléaire.

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Questions fréquentes  
  • L'énergie nucléaire, c'est quoi ?

    C'est l'énergie libérée lors de la fission des atomes d'uranium. Cela peut se produire de manière incontrôlée, lors d'une explosion d'une bombe atomique par exemple, ou de manière plus contrôlée, en guidant le processus de fission nucléaire. La chaleur ainsi dégagée peut être utilisée pour chauffer l'eau et fabriquer de la vapeur qui permet d'actionner une turbine qui à son tour produit de l’électricité. C'est ce qui se passe dans une centrale nucléaire. L'objectif est d'utiliser de manière utile la chaleur de la fission pour ainsi produire de l’électricité tout en évitant que les rayonnements radioactifs dangereux finissent dans l'environnement. Lorsque le combustible d'uranium est irradié dans le réacteur, les déchets radioactifs ainsi produits doivent être isolés de manière hermétique de l'environnement.

  • Pourquoi la radioactivité est-elle dangereuse ?

    Les substances radioactives libèrent des rayonnements ionisants qui ont ceci de particulier qu'ils peuvent modifier la structure de la matière qu'ils pénètrent. Une dose suffisamment élevée de rayonnement radioactif détruira tous les tissus vivants. Lorsque les doses sont plus faibles, les dégâts aux tissus cellulaires peuvent être rétablis spontanément. Si ce n'est pas le cas, la cellule ne sera plus en mesure de fonctionner normalement ou de se diviser. C'est ainsi que le rayonnement radioactif qui pénètre un tissu cellulaire de notre corps peut en dérégler le processus normal de division des cellules. Lors de la division d'une cellule irradiée (cela peut se produire des années plus tard), on n'obtiendra pas deux cellules-sœurs normales, mais bien la production effrénée de cellules-sœurs modifiées. La tumeur qui se forme est un cancer. Hormis les effets directs ou retardés occasionnés à l'individu touché, le rayonnement radioactif peut aussi affecter les générations futures. Ainsi, si la structure du matériel héréditaire est endommagée suite à un rayonnement radioactif, la personne en question transmettra des gènes mal formés à ses descendants. Cela peut donner lieu à des malformations à la naissance qui pourraient ne se manifester qu'après la deuxième ou troisième génération. Les rayonnements radioactifs affectent de la sorte l'intégrité génétique de tous les êtres vivants. Bien que des discussions soient toujours en cours sur l'impact précis de certaines sortes spécifiques de rayonnement radioactif, la ligne officielle consiste à suivre le modèle linéaire dose-effet. Il part du principe que chaque dose de rayonnement supplémentaire augmente le risque de conséquences néfastes. Il n'établit pas de seuil sous lequel le rayonnement serait inoffensif.

  • Le rayonnement est pourtant un phénomène naturel auquel nous sommes constamment exposés ?

    En effet. Les mutations génétiques qui ont fait que les poissons ont des nageoires et les oiseaux des ailes sont en partie la conséquence du rayonnement radioactif naturel qui nous entoure. Il y a aussi le rayonnement naturel de l'espace qui explique qu'une personne volant à 10.000 kilomètres d'altitude reçoit une petite dose supplémentaire. Du sol aussi surgissent des gaz radioactifs, comme le gaz radon. Estimer que ces rayonnements naturels sont inoffensifs est une erreur. Presque 10% des 7.400 cancers du poumon recensés annuellement dans notre pays sont officiellement imputés au gaz radon naturellement présent dans le sol. Il est la seconde cause du cancer du poumon dans notre pays, après la cigarette. Toute dose supplémentaire à laquelle nous sommes exposés suite à des déversements routiniers ou accidentels de substances radioactives par le secteur de l'énergie nucléaire augmente le risque d'affections liées au rayonnement. La médecine aussi utilise les rayonnements radioactifs, notamment lors de radiographies ou du traitement de tumeurs. En dosant correctement le rayonnement en fonction des cellules cancéreuses, il est possible d'éviter ou de retarder les métastases. Le mal des rayonnements radioactifs est utilisé pour combattre un mal plus important encore. Même dans le secteur médical, la plus grande prudence est de rigueur : on évitera les radiographies du ventre d'une femme enceinte, parce que la division cellulaire du fœtus est particulièrement sensible aux mutations que les rayons X peuvent provoquer.

  • Pourquoi Greenpeace s'oppose-t-elle à l'énergie nucléaire ?

    Pour commencer, l'énergie nucléaire n'est pas une source durable. Elle hypothèque lourdement le bien-être et la santé des générations actuelles et futures. Lors de pratiquement chaque étape de la chaîne nucléaire (exploitation et enrichissement de l'uranium, fabrication du combustible, production d'électricité dans une centrale nucléaire, traitement des déchets radioactifs), de grandes quantités de substances radioactives sont libérées dans l'environnement. Certaines sont extrêmement radio-toxiques et restent radioactives pendant des siècles. Pour ce qui est des déchets radioactifs produits dans les centrales nucléaires, il n'existe nulle part au monde de solution sûre. Ils doivent être isolés de la biosphère pendant des centaines de milliers d’années. Soit un laps de temps supérieur à celui de la vie de l'homme sur terre. Les centrales nucléaires sont dangereuses. Un accident dans un réacteur, au cours duquel la cuve du réacteur et le sarcophage sont endommagés, entraîne la contamination radioactive de vastes étendues. Cela est d'autant plus problématique dans les pays densément peuplés, comme la Belgique. Un grave accident peut se produire dans tout type de réacteur, dans tout pays, à tout moment. Une centrale nucléaire sûre n'existe pas. Une nouvelle menace est venue s'ajouter depuis le 11 septembre 2001, à savoir celle d'une attaque contre une installation nucléaire. Il est impossible de protéger une centrale nucléaire, un site de stockage pour déchets radioactifs ou un transport nucléaire contre des attaques terroristes. L'énergie nucléaire facilite la prolifération des armes atomiques. Tout pays doté d'un programme nucléaire civil dispose de suffisamment de matières premières, de know-how technologique et de personnel qualifié pour fabriquer une arme atomique de base à court terme. Les combustibles d'une centrale nucléaire, comme le plutonium, peuvent être utilisés pour la fabrication d'armes atomiques même s'ils s'y prêtent moins. Il est par ailleurs très simple de fabriquer une « bombe sale » avec du matériel radioactif issu des centrales nucléaires. Cette dernière se compose d'explosifs classiques autour desquels ont été fixées des matières radioactives. Une telle bombe peut contaminer de grandes superficies. N'oublions pas que le nucléaire reste une source d'énergie marginale. Seule une trentaine de pays au monde l'utilise, pour l'essentiel des pays riches du Nord. Dans le Sud, les seuls pays à posséder une centrale nucléaire sont, et ce n'est pas une surprise, ceux qui ont déjà développé la bombe atomique ou qui ont par le passé eu l'ambition de la développer. Dans les années 1950, on avait l'habitude de dire que l'énergie nucléaire approvisionnerait le monde entier, et surtout les pays les plus pauvres, d'une énergie bon marché et disponible à profusion. Cette promesse ne s'est jamais concrétisée. Au niveau mondial, seuls 13% de l'électricité et 5,5% de l'énergie commerciale sont produites dans des centrales nucléaires. Cette part diminue chaque année. Aujourd'hui, les sources renouvelables produisent plus d'énergie que les centrales nucléaires.

  • L'énergie nucléaire est-elle une bonne solution pour résoudre le problème du climat ?

    Non ! Si la fission nucléaire n'entraîne pas d'émissions de CO2, ce n'est pas le cas de toutes les autres étapes de la chaîne nucléaire, comme l'exploitation et l'enrichissement du minerai d'uranium. Si l'on tient compte de l'ensemble de la chaîne, le nucléaire émet moins de gaz à effet de serre que les centrales alimentées aux combustibles fossiles, mais plus que les sources d'énergies renouvelables. L'énergie nucléaire produit seulement de l'électricité et peut donc uniquement avoir un impact sur la réduction des émissions de CO2 de ce seul secteur. En Belgique, le secteur électrique est responsable d'environ 20% des émissions totales de CO2. Pour réduire, au niveau mondial, les émissions de CO2 de 6% seulement en 2050, il faudra multiplier par quatre le nombre de réacteurs nucléaires commerciaux qui sont aujourd'hui au nombre de 437. Cette option est de plus irréaliste lorsqu'on sait que le prix de la nouvelle génération de réacteurs nucléaires s'élève à plus de 5 milliards d'euros pièce.

  • Quid des déchets radioactifs ?

    Des déchets radioactifs sont produits à chaque étape de la chaîne nucléaire. Une partie est directement rejetée dans l'environnement ; une autre est conditionnée puis stockée. En Belgique, quelque 99% (exprimé en quantités de rayonnements) des déchets radioactifs sont issus de l'énergie nucléaire. Le reste provient d'autres applications de la technologie nucléaire, comme la médecine et l'industrie. Les déchets issus des secteurs médicaux et industriels sont généralement de faible radioactivité et de courte durée de vie et constituent donc un problème nettement moins important que ceux issus des centrales nucléaires. Ce sont surtout les déchets de haute activité et de longue durée de vie issus des centrales nucléaires (le combustible nucléaire usé) qui sont extrêmement radioactifs et qui le restent pendant des centaines de milliers d'années. Le grand défi sera de développer une technologie permettant d'isoler hermétiquement ces déchets de la biosphère, et pendant un laps de temps astronomique. Soyons clairs : nulle part au monde il n'existe un concept ou une technologie pouvant le garantir. En Belgique, des études sont menées depuis 30 ans pour rechercher un moyen d’enfouir en profondeur les déchets hautement radioactifs de manière définitive et irréversible. Les scientifiques partent du principe que dans les conditions les plus favorables, la barrière artificielle (le confinement en acier, cuivre et béton) entourant les déchets se maintiendra pendant maximum 10.000 ans. Mais rien que pour le plutonium contenu dans les déchets, il faut 244.000 ans avant qu'il ne perde sa radioactivité. C'est pourquoi on compte sur une deuxième barrière pour ralentir la migration des radio-isotopes vers la biosphère. Dans notre pays, il s'agit des couches d'argile qui se situent à une profondeur de quelque 200 mètres, en Campine. Des recherches menées par des géologues indépendants ont toutefois montré que cette couche d'argile n'est pas homogène et se situe beaucoup trop près de couches de sable très spongieuses. Si ce concept devait être retenu, la question ne sera pas de savoir si les déchets finiront par atterrir dans la biosphère mais bien quand.

  • Que faut-il faire des déchets radioactifs selon Greenpeace ?

    Il est irresponsable de continuer à produire des déchets radioactifs en l'absence de solution sûre pour les stocker. Il faut donc arrêter la production de déchets de haute activité et de longue durée de vie. Ce qui implique la fermeture des centrales nucléaires. En prolongeant de dix ans la durée de vie des sept réacteurs belges, la quantité de déchets augmentera d'un quart. Les déchets déjà produits doivent être entreposés d'une manière offrant les meilleures garanties : 1. En matière de protection des travailleurs, des habitants et de l'environnement ; 2. En matière de possibilités d'inspection et de contrôle, de manière à pouvoir vérifier à tout moment si les confinements sont intacts et si aucune radioactivité ne s'échappe ; 3. De manière à pouvoir récupérer les déchets si par exemple une technologie était développée pour neutraliser la radioactivité; 4. De manière à éviter toute intrusion par des personnes non compétentes. Aussi longtemps qu'un pays exploite des centrales nucléaires, il est inacceptable pour Greenpeace qu'il exporte ses déchets vers des pays tiers. Dans le même esprit, il faut arrêter le retraitement des combustibles usés à l'étranger.

  • Quel est le risque d'une catastrophe nucléaire ?

    Estimer des risques n'est pas simple. Au sein du monde des assurances, les risques sont calculés en fonction de deux variables : la probabilité d'un accident multiplié par l'impact de l'accident. Sur base de ceci, les compagnies d'assurance ont décidé de ne pas couvrir les dégâts occasionnés par un accident nucléaire. Les calculs de probabilités par le secteur nucléaire évaluent la possibilité d'un grave accident nucléaire (fusion nucléaire) à un chiffre oscillant entre un par 100.000 années réacteurs et un par un million d'années réacteurs (années réacteurs = le nombre de réacteurs multiplié par le nombre d'années en service). La chance est donc très faible. Quoique... La probabilité de gagner le gros lot au loto est d'environ un sur cinq millions. La probabilité d'un grave accident nucléaire est donc de cinq à 50 fois plus importante que celle de gagner le gros lot. Toutes les semaines pourtant, des milliers de personnes jouent au loto et il y a régulièrement un gagnant. Même si la probabilité est faible, cinq fusions nucléaires se sont produites ces 30 dernières années : à Three Miles Island (1979), à Tchernobyl (1986) et à Fukushima (trois fois en 2011). Les conséquences sont dramatiques. Elles ne se limitent pas à l'environnement immédiat mais se dispersent sur des milliers de kilomètres. Sans oublier que les effets se prolongent dans le temps. Ainsi, 25 ans après la catastrophe de Tchernobyl, les moutons ne sont toujours pas autorisés à brouter dans un certain nombre de prés en Ecosse et au Pays de Galles (à plus de 2.000 kilomètres de distance). Le coût social, économique et écologique d'une catastrophe nucléaire est tel que, si on le multiplie par la probabilité – à première vue très faible – d'un accident, le risque devient inacceptable. Les autorités l'ont bien compris et, dès les premières heures du nucléaire, elles ont exempté les investisseurs privés et les opérateurs de centrales nucléaires de toute responsabilité en cas d'accident.

  • Pourquoi Greenpeace mène-t-elle des actions contre les transports nucléaires ?

    Les transports de combustibles usés comportent des risques importants, surtout lorsqu'ils traversent, comme en Belgique, des régions densément peuplées. En l'absence de méthode de traitement sûre, les déchets ne doivent tout simplement pas être envoyés d'un côté à l'autre. Un train chargé de combustibles usés transporte autant de radioactivité que la totalité du rayonnement libéré à Tchernobyl. Ainsi, le train qui, en juin 2011, quittait la centrale néerlandaise de Borssele pour se rendre à l'usine de retraitement française de La Hague en passant par la Belgique, avait une autorisation pour acheminer 1.953 petaBecquerel de radioactivité. Si un accident devait se produire à proximité d'une grande ville, les conséquences seraient dramatiques. Et il faut savoir que ce train a traversé de nombreuses zones urbaines, dont Anvers et Gand.

  • Que prévoit la loi de sortie du nucléaire ?

    Cette loi figurait pour la première fois dans la déclaration gouvernementale de 1999. Elle a ensuite été approuvée en 2003 après de longs débats au parlement. Elle prévoit la fermeture des 7 réacteurs nucléaires belges (3 à Tihange et 4 à Doel) au plus tard après 40 ans de fonctionnement. Concrètement, cela signifie que les trois réacteurs les plus anciens, et les plus petits, à savoir Doel 1, Doel 2 et Tihange 1, doivent fermer en 2015. Doel 3 doit fermer en 2022, Tihange 2 en 2023 et pour finir Doel 4 et Tihange 3 en 2025. La loi prévoit donc une fermeture très progressive du parc nucléaire, entre 2015 et 2025. Un quart de siècle sépare l'accord gouvernemental et la fermeture des derniers réacteurs en 2025. Ce qui signifie qu'avec une politique appropriée, il y a bien suffisamment de temps pour gérer sans encombre cette fermeture. Si cela ne devait pas fonctionner, ce ne serait alors plus une question d'ordre technique ou économique, mais uniquement un manque de volonté politique. Cette distinction est importante car l'article 9 de la loi permet de prolonger la durée de vie des centrales si notre approvisionnement était sérieusement compromis. Certains se servent de cet argument pour affirmer que la lumière s'éteindra avec la fermeture des trois premiers réacteurs en 2015. Or, des recherches ont clairement montré que cela ne sera pas le cas. Mieux, la fermeture prévue pourrait même être accompagnée de l'abandon des centrales au charbon. Voir le rapport Road book towards a nuclear-free Belgium http://www.greenpeace.org/belgium/nl/pers/rapporten/Roadbook-towards-a-nuclear-free-Belgium/

  • Pourquoi Greenpeace s'oppose-t-elle à la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires ?

    Les réacteurs de Tihange et de Doel sont de la deuxième génération. Ils ont été conçus dans les années 1950-1960 au départ d'un concept de réacteur militaire servant à propulser les sous-marins. Ils ont ensuite été construits au début des années 1970. Cela s'est fait avec la technologie et le savoir-faire de l'époque. Les ingénieurs estimaient alors leur durée de vie à 30 ans. Selon la loi, ils peuvent rester opérationnels 40 ans, ce qui implique déjà une prolongation de leur durée de vie de 10 ans. Les premiers signes de vieillissement se marquent généralement après 20 ans. Ces signes apparaissent souvent dans la structure intérieure des matériaux, en des endroits difficilement accessibles ou encore là où les rayonnements sont intenses, de telle sorte qu'il est difficile de les détecter, même en procédant à des inspections minutieuses. Au niveau mondial, il y a peu d'expérience avec des grosses centrales nucléaires de plus de 40 ans. Ils sont en moyenne fermés au terme de 22 ans de fonctionnement. Des 437 réacteurs commerciaux opérationnels en avril 2011, seuls 12 ont dépassé la limite des 40 ans. Le plus vieux réacteur a aujourd'hui 43 ans. A côté du risque accru d'une catastrophe nucléaire, une prolongation de la durée de vie des centrales retarde la transition vers un système énergétique durable. Ces grandes centrales, qu'elles soient nucléaires ou alimentées au charbon, entravent le développement d'un nouveau système énergétique basé sur des sources d’énergies renouvelables, flexibles et décentralisées. http://www.greenpeace.org/belgium/fr/presse/rapports/roulette-russe/

  • Greenpeace ne se sert-elle pas de la catastrophe de Fukushima pour exiger la fermeture des centrales nucléaires belges ?

    Au lendemain de la catastrophe, Greenpeace a envoyé une équipe d'experts en rayonnement à Fukushima. Nous avons été les premiers à diffuser des informations à propos de la contamination radioactive de la vie marine, des alentours de la centrale nucléaire et des produits alimentaires de base. Greenpeace n'a pas du tout adopté une attitude alarmiste. Pour preuve, le gouvernement japonais a systématiquement confirmé nos mesures et pris les précautions qui s'imposaient. Greenpeace a par exemple montré que la cour de récréation d'une école à grande distance de la centrale nucléaire avait été sérieusement contaminée. Les autorités japonaises ont fini par étendre à 30 kilomètres la zone d'évacuation, chose que Greenpeace avait déjà suggérée. Les autorités américaines ont quant à elles recommandé à leurs concitoyens d'éviter une zone de 80 kilomètres autour de la centrale nucléaire. Une vaste étendue autour de la centrale restera inhabitable durant des décennies, voire des siècles. Ou du moins, elle restera sous contrôle, avec des restrictions pour la pêche et l'agriculture par exemple. L'impact social et économique est impossible à chiffrer. Sur le plan humain, il est à ce jour trop tôt pour évaluer l'impact radiologique. Il est sûr toutefois qu'à terme, la radioactivité à Fukushima entraînera une hausse des maladies et de la mortalité liées aux rayonnements. http://www.greenpeace.org/international/en/press/releases/Greenpeace-Fukushima-radiation-research-reveals-serious-marine-contamination/

  • Pourquoi la Belgique est-elle à ce point dépendante du nucléaire ?

    Seuls 30 pays ont recours au nucléaire. Dans trois d'entre eux seulement, cette source d'énergie fournit plus de la moitié de la production de courant. C'est ce qui ressort des chiffres du World Watch Institute. La Belgique fait partie de ces trois derniers puisqu'elle tire 52% de son électricité du nucléaire. La décision de bâtir sept réacteurs a été prise à l'occasion d'un conseil des ministres unique en 1966. Elle a ensuite été confirmée sans débat politique ou sociétal. L'intention était de suivre l'image de la France et de développer un approvisionnement énergétique 100% nucléaire. L'énorme prix de ce choix ne semblait pas avoir d'importance. Les autorités exemptaient les exploitants des centrales nucléaires de pratiquement toute responsabilité en cas d'accident. De plus, de par sa position de monopole, Electrabel pouvait simplement reporter les coûts d'investissement sur ses clients. Il n'existait pas à l'époque d'instance indépendante chargée de réguler le marché, comme le fait la CREG aujourd'hui. De la sorte, Electrabel est parvenue à amortir de façon prématurée ses centrales nucléaires en vingt ans à peine. Ceci explique le fait que le prix par kilowattheure des ménages belges était systématiquement parmi les trois plus élevés de l'OCDE. Le réseau électrique, également financé par le consommateur, a été entièrement conçu en fonction des centrales nucléaires centralisées et non-flexibles qui depuis le début répondent à la charge de base (la partie non-fluctuante de la production et de la demande d'électricité). Ce dernier point est essentiel car cela signifie que l'ensemble du système énergétique de notre pays a été conçu en fonction des centrales nucléaires et qu'il a par la suite été difficile de prévoir une place pour les sources décentralisées sur le réseau. Depuis la décision de privilégier le nucléaire, la Belgique fait partie des mauvais élèves pour ce qui est de l'introduction des énergies renouvelables. Suite à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986, un moratoire a été instauré sur la construction de nouvelles centrales nucléaires en Belgique. C'est ainsi que le projet d'un huitième réacteur à Doel a été annulé. Mais du fait que notre réseau électrique a été entièrement conçu en fonction des centrales nucléaires, les investisseurs ont investi peu dans d'autres capacités, surtout renouvelables. Dans les années 1960, la Belgique a fait le mauvais pari de miser entièrement sur le nucléaire. Procéder à un virage radical est important, mais cela ne va pas de soi. C'est pourquoi la loi de sortie du nucléaire prévoit une fermeture progressive, les dernières unités restant en service jusqu'en 2025. Ce choix rend tout à fait possible de prévoir une capacité de remplacement suffisante sans être confronté à des problèmes d’approvisionnement. http://www.worldwatch.org/system/files/WorldNuclearIndustryStatusReport2011_%20FINAL.pdf

  • La sortie du nucléaire est-elle réaliste ? La lumière ne s'éteindra-t-elle pas avec la fermeture des plus vieux réacteurs en 2015 ?

    La loi sur la sortie du nucléaire prévoit la fermeture des réacteurs après 40 ans de fonctionnement. Cela signifie que les sept réacteurs ne fermeront pas leurs portes simultanément, mais bien graduellement entre 2015 et 2025. Les trois réacteurs qui doivent fermer en 2015 représentent une capacité combinée de 1.787 MW (= un petit 10% de la capacité totale de production de notre pays). Ils produisent ensemble quelque 14,5 TWh d'électricité (= quelque 16 % de la production de courant en Belgique). Greenpeace a demandé à un bureau de consultants indépendants de déterminer si la fermeture des trois réacteurs en 2015 mettra en danger notre approvisionnement énergétique. La réponse est claire : la capacité de remplacement est suffisante pour fermer ces trois unités. Les trois réacteurs nucléaires produisent ensemble 14,5 TWh d'électricité alors que depuis la loi de 2003, 27 TWh de nouvelles capacités ont été mises en service. Ce surplus permet même de combler une éventuelle hausse de la demande. Pour que la deuxième phase (les quatre réacteurs restants à fermer entre 2022 et 2025) se déroule sans encombre, un certain nombre de mesures politiques s'imposent : parmi elles, il faut réduire la consommation de courant et donner une certitude aux nouveaux investisseurs que la fermeture se passera selon le calendrier. La Belgique dispose d'un vaste potentiel en matière d'économie d'énergie qui est rentable et qui peut être utilisé à court terme. A condition que les autorités y mettent de la volonté. Tout comme en Allemagne, où le gouvernement a décidé de fermer définitivement 17 réacteurs à l'horizon 2022, la sortie du nucléaire en 2025 ne mettra pas en danger notre approvisionnement énergétique. De plus, les investissements dans l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables et le développement d'un réseau « intelligent » conduiront à la création de bon nombre d'emplois « verts ».

  • Ne vaut-il pas mieux maintenir les centrales nucléaires en service et ainsi récupérer les gains ?

    En faisant payer les coûts d'investissement dans le prix au kWh à charge du consommateur, les centrales nucléaires ont été amorties en 20 ans. La loi sur la sortie du nucléaire prévoit que les centrales peuvent rester en service pendant 40 ans, ce qui a donné un avantage énorme à Electrabel sur un marché entre-temps libéralisé. Ces bénéfices supplémentaires sont appelés « stranded benefits » et représentent environ 2 milliards d'euros par an. Ces bénéfices devraient être redirigés vers le citoyen belge. Or, ils restent entre les mains d'Electrabel. A ce jour, GDF-Suez, qui a racheté Electrabel, paie moins de 250 millions d'euros par an au gouvernement belge comme compensation pour ces « stranded benefits ». Une somme beaucoup trop modique. Il n'y a aucune raison d'assortir une hausse de ce montant à une prolongation de la durée de vie du parc nucléaire. Même sans prolongation de la durée de vie, GDF-Suez/Electrabel doit 2 milliards d'euros par an au citoyen belge. Il est temps de constituer un gouvernement fort qui exige ce qui revient à la population au lieu de rester sous l'emprise d'une multinationale française.

  • La facture d'électricité du consommateur augmentera-t-elle avec la fermeture des centrales nucléaires ?

    Une chose est sûre : le coût de l'énergie augmentera à l'avenir, avec ou sans la sortie du nucléaire. Le montant de la facture dépend d'un certain nombre de facteurs, dont le coût de production de l'électricité, le transport sur les lignes à haute tension et le réseau de distribution, la taxe pour payer le passif nucléaire (démantèlement des installations nucléaires et traitement des déchets), les mesures de soutien sociales et écologiques... Le prix de l'électricité sur le marché belge n'est pas défini par le coût de l'énergie nucléaire. Le faible coût de production du nucléaire dans des centrales déjà amorties entraîne une augmentation des gains pour Electrabel, mais pas une diminution du coût pour le consommateur. Depuis la libéralisation du marché européen de l'énergie (depuis 2003 en Flandre et 2007 en Wallonie et à Bruxelles), le prix des coûts de production est déterminé par le prix dans les pays voisins et surtout par les coûts de production marginaux. C'est le prix du courant livré par la dernière centrale mise en service pour faire face à un pic de la demande. Il ne s'agit par définition pas d'une centrale nucléaire puisque celle-ci sert à assurer une production en continu et non à combler les pics de demande. Ces pics sont généralement comblés par des unités au gaz. Que l'énergie nucléaire produise 52% de notre énergie (comme aujourd'hui), 38% à partir de 2016 ou qu'elle ne fasse plus partie de notre parc de production à partir de 2026 n'a donc que peu d'impact sur le prix du kWh facturé au consommateur. Il est certain que les ménages belges paient parmi les trois prix au kWh les plus élevés de l'OCDE et ce, depuis la mise en service des centrales nucléaires dans les années 1970. La raison ? Avant la libéralisation du marché de l'électricité, Electrabel a pendant 20 ans amorti ses centrales nucléaires en augmentant la facture du consommateur. A l'époque, Electrabel pouvait, de par sa position de monopole, fixer elle-même les prix. Le coût de production de l'électricité nucléaire a chuté lorsque, en 2005, les centrales nucléaires ont été amorties sur le dos du consommateur. Mais cette chute n'a pas été répercutée sur la facture du consommateur puisque celle-ci est déterminée par le coût de production de la dernière centrale au gaz reliée au réseau. La marge bénéficiaire des centrales nucléaires a donc fortement augmenté mais seule Electrabel en a tiré profit. Cette compagnie fait des profits de quelque 2 milliards d'euros par an, soit quelque 142 euros pour un ménage avec une consommation moyenne. Electrabel transfère ces gains à sa maison-mère de Paris : GDF-Suez. Or, ces quelque 2 milliards d'euros annuels devraient être récupérés par l'Etat via une rente nucléaire et servir ainsi au développement d'un système énergétique social et écologique. Ils permettraient notamment de financer les certificats verts.

  • Le développement des renouvelables ne sera-t-il pas extrêmement onéreux pour notre pays ?

    Le réseau électrique européen de demain sera composé d'un mix avec d'une part des capacités de production durables et centralisées, comme les éoliennes en mer et, d'autre part, de petites unités décentralisées, comme les installations de cogénération, les éoliennes onshore, les panneaux solaires, les centrales géothermiques... Dans ce système, les consommateurs sont souvent aussi producteurs. Un réseau « intelligent » qui relie entre eux ces systèmes de production et les consommateurs est radicalement différent de notre réseau actuel, qui agit dans un seul sens, à savoir depuis la grande centrale jusqu'au consommateur. L'évolution vers un nouveau système énergétique se fera à l'échelon européen. Les pays qui refusent d'investir dans un tel système ou qui agissent trop tard, resteront à la traîne et risquent des ruptures de courant. L'introduction des énergies renouvelables et la mise en place d'un réseau « intelligent » coûteront beaucoup d'argent mais, il s'agit d'une évolution logique et inévitable qui se fera quoi qu'il en soit, avec ou sans la sortie du nucléaire en Belgique. Une telle transition offre par ailleurs bon nombre de possibilités pour développer de nouveaux secteurs économiques « verts ». C'est précisément l'une des raisons pour lesquelles la chancelière allemande Angela Merkel a décidé non seulement de fermer les centrales nucléaires d'ici 2022 mais aussi, de développer de manière accélérée un réseau moderne et les énergies renouvelables.

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