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Q&A Nucleaire maffia

Pourquoi est-ce que Greenpeace taxe GDF Suez Electrabel de mafia ?

Cela fait des décennies que GDF Suez Electrabel prend en otage toute la politique énergétique du pays pour s’octroyer des bénéfices plantureux. L’électricien a recours à des pratiques qui font penser à la mafia :
chantage : GDF Suez Electrabel menace le gouvernement d’organiser sciemment des problèmes d’approvisionnement en énergie. Encore récemment, l’électricien a menacé de fermer anticipativement des centrales Turbine Gaz Vapeur (TGV), construites, il y a une petite vingtaine d’années. Quant aux réacteurs nucléaires, construits pour 30 ans, on envisage de les maintenir en fonction pendant 50 ans…
bénéfices monstres : Pendant des décennies, Electrabel a facturé son électricité au prix fort parce qu’il fallait amortir ses centrales nucléaires. Elle a ainsi engrangé des bénéfices colossaux sur le dos du consommateur.
dans ma poche, pour ta pomme : le nucléaire produit des déchets qu’il faut gérer. Le coût de cette gestion incombe à l’ensemble de la société. Dans le même ordre d’idée, les dommages liés à une catastrophe nucléaire seraient à la charge de la collectivité. Pour conserver ce privilège, GDF Suez Electrabel a mis littéralement le couteau sur la gorge du gouvernement. Aux yeux de Greenpeace, cette attitude est totalement inacceptable.
copinage : GDF Suez Electrabel a entretenu de tous temps des relations étroites avec nos décideurs politiques. Ce qui n’est pas sans faire penser à des pratiques mafieuses. L’entreprise dispose de pions dans divers cabinets et influence les pouvoirs locaux via l’actionnariat des intercommunales mixtes. Cette influence ne s’exercerait pas toujours de manière absolument légale.
manque de transparence : GDF Suez Electrabel refuse de communiquer en toute transparence sur les bénéfices colossaux engrangés grâce à l’amortissement anticipé de ces réacteurs nucléaires. La CREG, le régulateur de l’électricité et du gaz lui a d’ailleurs imposé une amende administrative. GDF Suez Electrabel a contesté l’amende auprès de la Cour d’Appel. Une véritable omerta règne autour du montant exact des bénéfices engrangés.


Plus d’info : consultez notre document “Le vrai visage de GDF SUEZ Electrabel”


N’est-ce pas surtout au gouvernement de prendre ses responsabilités ?

Sur le point prendre des décisions capitales, le gouvernement ne doit pas se laisser influencer par GDF Suez Electrabel. Si cela ne devait pas être le cas et si le gouvernement décidait de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires, Greenpeace dénoncera fermement le manque de courage politique du gouvernement.


Aux yeux de Greenpeace que devrait décider le gouvernement ?

La loi sur la sortie du nucléaire doit être respectée. Ce sont généralement des problèmes d’approvisionnement en énergie qui sont invoqués pour ne pas respecter cette loi votée en 2003. Les réacteurs nucléaires doivent être fermés dès qu'ils atteignent une durée de vie de 40 ans


On évoque souvent des problèmes d’approvisionnement énergétique pour ne pas respecter la loi de sortir ? Est-ce de l’intox ?

Un rapport provisoire et incomplet a fait l’objet d’une fuite. Il ressort de ce document que plusieurs scénarios sont possibles. Dans certains de ces scénarios, il est établi que, si GDF Suez Electrabel fermait quelques centrales au gaz en 2014 et les trois plus anciens réacteurs nucléaires en 2015, des problèmes d’approvisionnement pourraient se présenter dans des conditions particulières et pendant des périodes limitées. Ceci n’a pourtant rien d’une fatalité. Le gouvernement doit prendre les mesures nécessaires pour éviter de se retrouver dans ce type de situations, notamment en :
– passant un accord clair avec les Pays-Bas qui d’ici 2015 disposeront d’un surplus de production de l’ordre des 25% ;
– les centrales TGV qu’Electrabel envisage de fermer sans raison en 2014 doivent être maintenues en service et reprises par d’autres exploitants ;
– une politique pro-active pour stimuler les nouveaux investissements dans les capacités de production durables;
– l’immense potentiel des économies d’énergie doit être mobilisé, ce potentiel permet d’envisager la fermeture d’ici 2015 du plus ancien de nos réacteurs nucléaires. 4 TWh pouvant ainsi être épargnés, ce qui est plus que la capacité du réacteur Doel 1.
– ...


Greenpeace envisage-t-elle vraiment le maintien en service de centrales fonctionnant aux énergies fossiles ?

Notre point de départ est la fermeture progressive des centrales nucléaires et des centrales au charbon. Ces anciennes centrales nucléaires sont polluantes et ont un rendement énergétique très bas. La fermeture de toutes les centrales au charbon était d’ailleurs planifiée dans tous les scénarios (par example le scenario de la CREG).

La fermeture forcée en 2014 des centrales au gaz – parmi lesquels les Turbines gaz vapeur encore performantes dans les circonstances actuelles. Ces centrales au gaz modernes, comme les unités de cogénération (production conjointe d’électricité et de chaleur) sont les moins polluantes des centrales fonctionnant sur base de centrales fossiles. Dans ses propres scénarios énergétiques, Greenpeace considère le gaz comme une énergie de transition qui doit nous permettre de viser à 100% d’énergies renouvelables dans le futur. Des centrales nucléaires et au charbon, peu sûres et polluantes n’ont pas leur place dans ce scénario.

Pourquoi s’en prendre à Electrabel, ce n’est tout de même pas la seule entreprise produisant de l’électricité au départ de l’atome ?

Après la libéralisation du marché de l’énergie GDF Suez Electrabel a été obligé de céder une partie de sa capacité nucléaire à EDF (qui possède la moitié de la capacité de Tihange) et E.ON (qui peut bénéficier d’une partie de la production électrique de Doel 1, Doel 2 et Tihange 1). Malgré cela, CGF possède encore 80% de la capacité nucléaire, c’est toujours l’opérateur de toutes les centrales nucléaires en Belgique. Cette position lui permet de freiner la concrétisation de la loi de sortie du nucléaire.