Méditerranée

Page - 21 avril, 2010
Depuis plusieurs années, Greenpeace met l'accent sur l'urgence écologique en Méditerranée et propose d'y répondre par la création de réserves marines.

Notre réponse à la surpêche en Méditerranée? La création de réserves marines.

Quels problèmes?

En Méditerranée, la pêche n'est pas assez respectueuse des écosystèmes marins. Les quotas, quand il y a, ne sont pas assez restrictifs ou ne sont pas respectés. Les filets dérivants, malgré leur interdiction, sont toujours utilisés. La pratique du chalutage de fond est encore très fréquente. Le résultat, c'est trop de prises, et trop de prises accessoires.

L'aquaculture affecte tout autant l'écologie de la Méditerranée. L'élevage de plantes et d'animaux marins entraîne l'utilisation d'antibiotiques et le rejet de déjections qui polluent la mer. De nombreuses espèces élevées sont carnivores et réclament de grandes quantités de poissons. Au final, les fermes d'élevage, tout comme les fermes de thon rouge, accroissent la pression sur les écosystèmes.

D'autres activités économiques mettent en péril la Méditerranée. Le trafic maritime entraîne une pollution par les rejets d'hydrocarbure: l'équivalent de plusieurs marées noires par année! S'y ajoutent les rejets agricoles, industriels et urbains: effluents d'eaux usées, matériaux d'emballages, plastiques, pesticides, engrais, solvants, etc. Le faible échange d'eau dans le bassin méditerranéen amplifie cette accumulation des polluants. Sans parler des risques liés au transit de matières dangereuses (chimiques, radioactives, etc.)

En outre, la Méditerranée capte 33% du tourisme mondial. Cela accroit automatiquement la pression sur la mer et le bétonnage du littoral. Cette expansion des infrastructures modifie d'autant plus l'organisation de la vie marine que le tourisme est souvent concentré dans les zones d'une grande richesse naturelle.

Tous ces facteurs (et d'autres, comme le développement des espèces invasives) se combinent pour mettre en péril la biodiversité en Méditerranée. De nombreuses espèces sont en voie d'extinction. Le thon rouge est l'exemple le plus connu. Mais il n'est pas le seul. D'autres animaux sont menacés: l'espadon, les cétacés, certaines espèces de raies et de requins, le phoque moine, les tortues vertes, luth et caouannes, etc. En outre, les herbiers de Posidonie, un des habitats les plus importants de Méditerranée, sont en déclin en de nombreux endroits du bassin.

Quelle solution?

Pour faire face à l'urgence écologique en Méditerranée, Greenpeace défend l'instauration d'un réseau de réserves marines qui couvrirait 40% de la Méditerranée.

Il s'agirait aussi bien de réserves à grande échelle en haute mer que de réserves plus petites le long des côtes. Elles couvriraient l'ensemble des écosystèmes méditerranéens, en particulier les zones de reproduction. Elles permettraient non seulement de préserver (et parfois restaurer) ces ressources naturelles, mais également de pérenniser les activités économiques et de garantir le cadre de de vie des riverains.

Aujourd'hui, seul 1% de la Méditerranée est protégé! Les scientifiques estiment que 20 à 50% devraient l'être. Notre proposition de 40% n'a donc rien de fantaisiste. C'est une nécessité si nous voulons que la Méditerranée soit sauvegardée.

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