Pêche de grand fond

Page - 14 octobre, 2009
Comme son nom l'indique, la pêche de grand fond vise à pêcher les poissons qui vivent à proximité des fonds marins, à de très importantes profondeurs. Ce sont par exemple l'empereur, le flétan, le sabre noir ou certains requins. Ils vivent dans des écosystèmes remarquables (monts sous-marins, canyons, récifs coralliens).

Le chalutage de fond met en danger nos océans et la biodiversité marine.

Plusieurs techniques existent pour les pêcher : la palangre (une ligne avec des milliers d'hameçons), les filets maillants, les casiers et le chalutage de fond. Mais le plus souvent les pêcheurs ont recours au chalutage de fond. D'énormes filets de forme conique sont tirés sur le plancher océanique et avancent grâce à des rouleaux qui surmontent tous les obstacles. L'ouverture du plus grand de ces filets est aussi large qu'un terrain de football et aussi haute qu'un immeuble de trois étages !

Quels problèmes ?

Des filets aussi gigantesques ne font pas dans le détail. D'abord, ils ramassent beaucoup plus que nécessaire. C'est ce que l'on appelle les « prises accessoires ». Elles représentent jusqu'à 80% du contenu des filets ! 80% de « déchets » rejetés dans la mer aussitôt pêchés ! On épuise ainsi les stocks de certaines espèces de poissons qui ne sont pas celles qu'on est venu pêcher.

En plus de ramasser trop, ces filets détruisent les fonds sous-marins. Tirés sur le sol, ils rasent tout. Ils anéantissent les habitats marins, les récifs d'éponges, les colonies coralliennes qui ont mis des siècles à se développer… Ils aplanissent le sol et ne laissent plus après leur passage que du sable mis à nu, des débris de rocaille et de coraux. C'est comme après le passage d'un bulldozer dans une forêt. Il ne reste rien, alors que les fonds sous-marins sont souvent riches et remarquables.

Autrement dit, le chalutage de fond met en danger nos océans et la biodiversité marine. C'est d'autant plus vrai que les espèces pêchées ont souvent besoin de nombreuses années avant de devenir adulte et de pouvoir se reproduire (l’empereur vit ainsi 150 ans et se reproduit à partir de l'âge de vingt ans). En pêchant ces poissons en très grand nombre, les chaluts de fond les mettent en danger. Ces espèces n'ont plus le temps de se reproduire et sont menacées de disparaître.

Toutes les données scientifiques confirment que les formes de vie en eaux profondes sont très lentes à se remettre de tels dommages: des décennies, parfois des siècles, dans certains cas jamais. S'ils sont autorisés à continuer, les chalutiers de fond détruiront une grande partie des fonds marins avant même que nous les connaissions tous.

Par définition, la pêche de grand fond n'est pas une pêche durable, c'est-à-dire une pêche qui répondrait à nos besoins sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Elle s’est développée très récemment, principalement à partir des années 90 pour pallier le déclin des stocks de poissons blancs (cabillaud, lieu, merlu…). Elle est le fait d’une poignée de pays qui possèdent les moyens techniques de pratiquer une pêche lointaine, déconnectée d’un territoire donné et qui a la capacité de se déplacer dès qu’une ressource s’épuise. En outre, le chalutage de grand fond est un grand consommateur de carburant. C’est l’une des pêches qui emploie le moins de pêcheurs par tonne de poissons débarqués.

Quelle solution?

En 2006, les Nations-Unies ont demandé à ce que la pêche de grand fond soit encadrée afin de préserver les écosystèmes marins vulnérables. Mais ni les Etats, ni les organismes de gestion des pêches n'ont agi dans les délais prévus. Il n'y a donc qu'une solution : interdire purement et simplement la pêche de grand fond. C'est ce que demande Greenpeace depuis plusieurs années. La pêche de grand fond doit être abandonnée.

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