Pôles

Page - 22 avril, 2010
Les pôles sont les premières victimes des dérèglements climatiques. Ils sont plus fragiles que les autres régions du globe et se réchauffent plus vite: +3°C en Antarctique durant les cinquante dernières années, contre +0,7°C au cours du XXème siècle pour le reste du monde. A ces dérèglements climatiques s'ajoutent la surpêche, le trafic maritime, l'extraction d'hydrocarbures et parfois le tourisme. S'il est déjà trop tard pour éviter certains phénomènes, nous pouvons limiter la catastrophe.

Les pôles sont les premières victimes des dérèglements climatiques.

En Antarctique

Le 7 avril 2009, en Antarctique, la plaque de Wilkins s'est rompue. C'est le plus grand effondrement de glace jamais enregistrée en Antarctique: 16 000 km². De manière générale, les glaciers ont reculé de 87% durant les soixante dernières années en Antarctique. Cette transformation des contours du continent austral est un des signes les plus spectaculaires des dérèglements climatiques en cours.

Elle s'accompagne de menaces sur la biodiversité (parfois dues à la surpêche). On connait tous le cas des baleines et celui du manchot-empereur. On connait moins les risques qui pèsent sur le krill (une crevette typique des eaux froides). Cela peut sembler anecdotique, mais le krill est la base de l'alimentation de tous les prédateurs de la zone (pingouins, baleines, albatros, etc.). Si le krill venait à disparaître, c'est toute la chaîne alimentaire de ces animaux qui serait bouleversée.

L'Antarctique est pourtant un des continents les plus préservés du monde. Plusieurs règlements internationaux (traité sur l'Antarctique de 1959, protocole de Madrid de 1991, création d'un sanctuaire baleinier en 1994) en ont fait une région dédiée à la paix et à la science, où la nature doit être préservée.

Greenpeace demande d'étendre ce modèle à l'océan Austral en y créant une réserve marine.

En Arctique

Contrairement à l'Antarctique, l'Arctique n'est pas du tout protégé. Les activités humaines l'endommagent quotidiennement: surpêche, dégradations liées aux activités d'extraction, pollution de l'air et de l'eau, acidification des océans causée par les émissions de gaz à effet de serre. La situation est extrêmement inquiétante.

L'exemple le plus spectaculaire de cette dégradation est bien sûr la fonte des glaces, due aux dérèglements climatiques. Certaines prévisions suggèrent que l'océan Arctique pourrait être libre de glace l'été dès 2030. D'autres avancent la date de 2012! Cela menace tous les écosystèmes de la zone et les modes de vie des populations arctiques. Mais pas seulement.

Les effets pervers seraient nombreux. La fonte des glaces offrirait de nouveaux passages pour le trafic maritime, avec tous les risques de pollution que cela comporte. Elle libérerait l'accès à des ressources (pétrolières notamment) jusqu'à présent inaccessibles. Les conflits entre Etats et/ou industriels se multiplieraient. Aux dérèglements climatiques toujours plus grands s'ajouteraient de nouvelles tensions économiques et politiques.

Greenpeace demande donc que l'Arctique soit protégé par un texte international aussi contraignant que le traité sur l'Antarctique et qu'un moratoire sur le développement industriel dans la région soit décrété.

N'oublions pas que l'avenir des pôles nous concerne directement, même s'ils sont loin de nous. Si les glaciers de l'Antarctique fondaient totalement, le niveau mondial des mers augmenterait de 62 mètres!

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