Surpêche & pêche pirate

Page - 21 avril, 2010
Aujourd'hui, 80% des stocks de poissons sont pleinement exploités, surexploités ou en déclin. Pour le thon, le cabillaud, l'espadon et le requin, le chiffre s'élève même à 90%. Dans tous les cas, il y a trop de bateaux et plus assez de poissons. Au rythme actuel, les océans pourraient être vides de poissons dès 2048. Les responsables de ce massacre sont connus. Seul manque la volonté d'agir contre eux: la surpêche et la pêche pirate.

Il y a trop de bateaux et plus assez de poissons. Au rythme actuel, les océans pourraient être vides de poissons dès 2048.

La surpêche

C'est pêcher trop au vu des réserves de poissons. C'est mettre en danger les capacités de reproduction des poissons. L'exemple le plus célèbre est celui du thon rouge de Méditerranée, au bord de la disparition. Le cabillaud de Terre-Neuve en est un autre: depuis 1992, les stocks ont disparu!

Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, la surpêche est une activité tout à fait légale. Elle est autorisée, en toute inconscience, par les organismes internationaux de gestion de la pêche.

Elle fait le bonheur de la pêche industrielle et de ses moyens surdimensionnés qui épuisent les fonds marins. Hier, dans les eaux du Nord, aujourd'hui dans celles du Sud. La surpêche menace ainsi les pêcheries artisanales des pays en développement. Elle prive ces pays de précieuses ressources en nourriture et en devises. C'est particulièrement vrai en Afrique de l'Ouest (en Mauritanie, au Sénégal).

1% de la pêche industrielle réalise 50% des prises. Ici, comme souvent, les questions d'environnement rejoignent celles de développement économique et de sécurité alimentaire.

La pêche « pirate »

C'est tout simplement du vol. C'est pêcher sans en avoir le droit: en utilisant des techniques de pêche interdites (comme les filets dérivants), en pêchant des espèces protégées, dans des zones non autorisées ou hors des périodes légales. C'est aussi dépasser les quotas autorisés ou pêcher sans licence.

C'est à ce point répandu à travers le monde qu'un poisson sur quatre est pêché de façon illégale!

Bien sûr, la pêche « pirate » participe ainsi à la surpêche. La différence c'est qu'elle est interdite, alors que la surpêche est cautionnée par les gouvernements et les institutions internationales.

Que faire?

La surpêche et la pêche « pirate » n'ont pas d'avenir. Elles détruisent ce dont elles vivent.

Il faut donc:

  • Etablir un réseau de réserves marines qui couvriraient 40% de nos océans
  • Promouvoir la pêche durable dans les 60% restants
  • Lutter efficacement contre la pêche illégale (notamment en multipliant les contrôles)
  • Repenser notre consommation de poissons

Par leurs politiques de subventions, par leurs choix aux niveaux national ou international (notamment dans le cadre européen de la Politique Commune des Pêches), les gouvernements ont les moyens d'agir. Ils le doivent.

La surpêche et la pêche « pirate » mettent en danger l'avenir de nos mers et de nos pêcheurs.

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